Qui a dit qu’il n’y avait plus de salaire féminin ?

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, il était considéré comme « normal » que les femmes gagnent moins pour un même travail que les hommes. Depuis, la règle de l’égalité s’est imposée. Dans la loi. Il a donc fallu que la domination se niche ailleurs : dans la pratique. Les écarts de salaire 60 ans après restent de l’ordre de 25%.

Ceci est dû (entre autres) au fait que les métiers majoritairement occupés par des femmes voient leurs compétences moins valorisées que les autres, en particulier dans la mesure où il s’agit d’activités domestiques ou de soin, dont les hommes semblent estimer qu’ils n’ont guère à les pratiquer et qu’elles ne nécessitent en plus pas d’être payées.

Pour contrer la loi, il a suffi ensuite d’orienter massivement les femmes vers les emplois des services à domicile qui sont ceux qui correspondent le plus à la description ci-dessus.

On insiste donc sur le fait qu’aujourd’hui les femmes travaillent…(comme si avant elles n’avaient rien fait) et que les mener vers l’emploi, c’est un pas vers l’égalité. Mais vers quels emplois les mène-t-on ?

Majoritairement vers les services à domicile : ménage, garde d’enfants, assistance de vie.La dernière étude de l’Insee nous montre quelle est la situation des femmes qui travaillent dans le secteur.

C’est sans appel : 9 salariéEs sur 10 sont des femmes.
Elles travaillent en moyenne 40% d’un temps plein.
Elles gagnent en moyenne 8700 euros par an, bruts, soit environ 560 euros nets par mois. Cela dit, il y a de fortes disparités. Et pour être juste, il faut ajouter qu’en moyenne toujours, elles gagnent ailleurs 3100 euros. Ce qui permet d’atteindre une moyenne de 760 euros par mois environ. On reste sous le seuil de pauvreté.

En outre, on ne peut parler de tremplin vers un avenir meilleur. Alors que dans le salariat général il y a 11% de plus de 55 ans, dans les SAD elles sont 24%.

Enfin, les salariées du secteur, majoritairement employées par des particuliers (avec, donc, moins de recours), sont pour la plupart multiemployeurs : + de 30 % ont plus de 3 employeurs. Un morcellement qui implique encore une plus grande difficulté à se défendre.

Côté salaire horaire, (ce dont les employeurs s’enorgueillissent en général), on est à 1,4 SMIC. Oui mais avec un tel taux de temps partiel, que signifie un taux horaire ? C’est juste un paravent pour cacher la misère.

Ces chiffres sans appel montrent bien que les revendications des féministes de réglementer fortement le temps partiel sont essentielles. En attendant, si le salaire féminin n’existe plus, qu’il n’est plus salaire d’appoint tant de nombreuses femmes sont « familles monoparentales », assumant seules les enfants (ce qui les contraint au temps partiel) et se retrouvant souvent sans pension alimentaire (tant restant impayées).

Le gouvernement a fait voter une loi qui dresse un seuil minimal de 24heures par semaine et promet de prendre des mesures pour le paiement des pensions alimentaires. A voir donc, mais on peut malheureusement raisonnablement douter que les mesures annoncées suffisent.

S.G

PS : et bien sûr, l’étude ne le dit pas, mais les salariées sont de plus en plus des femmes migrantes qu’on fait venir pour être exploitées…

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