Abolition : les jeunes se rallient, les prostitueurs dans le collimateur

Trois infos importantes aujourd’hui :

Capture d’écran 2013-09-24 à 15.44.26D’abord, le site d’Abolition 2012 a fait peau neuve : c’est le lieu où se trouvent nos recommandations et les signataires de l’appel (et ou vous pouvez le signer, d’ailleurs). Ensuite, il renvoie vers les outils « d’actualité », blog, réseaux sociaux d’Abolition 2012.
Parmi ces outils, outre Twitter et Facebook, un nouveau Tumblr, conçu par Lise Fée Ministe, dont le Scoop.it est déjà célèbre, qui présente des « paroles de clients ». Paroles de prostiteurs, donc, que la loi -si elle est inscrite au Parlement proposerait de pénaliser par -en premier lieu, une amende (délit en cas de récidive).

A lire les paroles de ces hommes qui achètent des femmes comme de la viande, on comprend toute l’intensité de la violence de l’acte prostitutionnel. AVERTISSEMENT : la lecture n’en est pas facile, tellement c’est violent…

C’est ici : http://prostitueurs.tumblr.com/

Autre initiative du jour, l’appel des jeunes pour l’abolition, paru dans Libération, et qui a son site ici :

abolijeunes

http://lesjeunespourlabolition.fr/ 
– Fatima Benomar, Secrétaire Générale des EfFRONTé-e-s
– Ivan Demanthon, Président de l’Union Nationale Lycéenne (UNL)
– Vanessa Favaro, Présidente de La Mutuelle des Etudiants (LMDE)
– Nordine Idir, Secrétaire Général du  Mouvement des Jeunes Communistes Français (MJCF)
– Anne-Cécile Mailfert, Porte Parole d’Osez le féminisme ! (OLF)
– Thierry Marchal-Beck, Président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS)
– Hugo Pompugnac, Secrétaire Général de l’Union des Etudiants Communistes (UEC)
– Emmanuel Zemmour, Président de l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF)

A noter qu’un rassemblement « les jeunes pour l’abolition » est appelé ce soir sur L’île aux Cygnes à Paris près de la « statue de la Liberté ») à 19h30

Ce week-end, on résiste à l’obscurantisme avec Femmes en résistance

Voici venue la dernière ligne droite avant le festival féministe de documentaires que nous organisons à Arcueil,

avec cette année pour thème la résistance à l’obscurantisme. Voici le communiqué qui présente le programme, nous vous attendons nombreusEs, pour un week-end de films, d’échanges et de résistance !

N’hésitez pas à diffuser le programme autour de vous ou à rebloguer cet article !

Cette année, nous résistons à l’obscurantisme sous forme de 8 commandements féministes.
De « tu ne seras la côte de personne à « Tu chanteras ta liberté » en passant par « Tu ne seras ni achetée, ni vendue, ni violée »,
le festival proposera, en présence de plusieurs réalisatrices, de nombreux documentaires féministes souvent inédits en France.
Going up The Stairs
Ainsi, « Going up the stairs de l’Iranienne Roksareh Ghaem Maghami qui nous montre comment cette dame de 50 ans, mariée à 9 ans, , trouve enfin un moyen de s’épanouir et ne plus être tout à fait la « côte » de son mari, par la découverte de la peinture.
Ou encore « Grrrl Love and Revolution », de Abby Moser qui revient, avec des témoignages de l’époque, sur l’émergence des « Riot Girrls », groupes punk rock féministe, mais également mouvement de société et de lutte contre les violences masculines, et comment elles ont du résister à être happées par les médias et maisons de disque.
Le 28 septembre journée internationale pour la dépénalisation de l’Avortement nous discuterons autour du droit à l’avortement en France et aux états unis avec Arlette Zilberg du Collectif Tenon et Stacey Benoit réalisatrice de « Une question de choix »,  un regard sur les escortes de bénévoles qui défendent les femmes désirant avorter et le personnel médical des cliniques attaqué par les fous de Dieu : un petit aperçu des États-Unis dans le Wisconsin.
Nous verrons aussi « No Burqas behind bars », ou comment des femmes afghanes condamnées pour des crimes moraux vivent à l’intérieur d’une prison.
Le dimanche 29 septembre nous discuterons autour de la question de la marchandisation des femmes, de la prostitution, de la maternité de substitution (appelée aussi GPA) et de l’adoption, dans une séance intitulée « tu ne seras ni achetée, ni vendue, ni violée ».
Avec des témoignages de survivantes de la prostitution, avec la CLF, Coordination Lesbienne en France qui parlera de la maternité de substitution en France après la projection d’un film sur le business des mères porteuses en Inde « Mother Anonymous » et avec la réalisatrice Sabreen Bint Loula sur l’adoption, qui signe un portrait poignant et politique (cf photo film ci dessous- sabreenbintloula@gmail.com) : « Celle qui meurt ».
PhotoVisuelCelleKiMeurt
Toujours le dimanche Noémi Aubry, une des réalisatrices de Dix Cauris nous présentera son documentaire qui décrypte la lutte contre l’excision au Mali. Nous ferons ensuite un point sur la France.
Enfin, en partenariat avec Teledebout, webtv féministe, nous projetterons les deux films primés par le festival au deuxième concours « buzzons contre le sexisme » et présenterons sa 3e édition.
Grrrl Love & Revolution, Abby Moser, dimanche 29 à 18h30
Nous n’oublions pas nos Utopies avec « la Radio des bonnes nouvelles » une création théâtrale de Gerty Dambury  à ne pas manquer ! La radio des bonnes nouvelles annonce que le monde a changé les femmes sont désormais libres et traités à l’égal des hommes.
Pendant deux jours, il y a aura aussi sur place la librairie féministe « Violette and Co » avec des dédicaces (Delphine Beauvois pour « Nous ne sommes pas des poupées » et Muriel Salmona pour « Le livre noir des violences sexuelles »),
et toujours, la cantine « Kali Power ». Car pour résister à l’obscurantisme, il faut des nourritures intellectuelles, mais aussi terrestres !

#Abolition : ressources et dernières informations

M45Après mon coup de gueule de l’autre soir à cause d’RMC,

un billet plus positif, avec les derniers éléments de la mobilisation des abolitionnistes, partout dans le monde, pour soutenir l’initiative parlementaire de Maud Olivier et Catherine Coutelle.

Hier, après des communiqués de plusieurs associations membres, un communiqué de presse unitaire a été signé par l’ensemble des 55 associations du collectif Abolition 2012. Intitulé : Faire reculer la prostitution en France et engager la société auprès de ses victimes : Le principe est acquis, place à la loi ! 

et envoyé à la presse, diffusé sur les réseauux sociaux et auprès des politiques.

Parallèllement, paraissait une tribune signée par 50 personnalités politiques (et par les 55 associations)

Mobilisons-nous pour une loi d’abolition

En voici le début :

La complaisance a assez duré. C’est le sentiment de l’urgence qui nous pousse aujourd’hui, quelle que soit la diversité de nos horizons, à nous mobiliser ensemble autour d’un vrai mouvement citoyen.

Contre tous les poncifs qui nous sont trop souvent servis dans les médias – mal nécessaire, projet liberticide – nous affirmons la nécessité et la cohérence de notre engagement pour l’abolition du système prostitueur. Pourquoi s’être mobilisé-es contre les violences et les discriminations, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour le droit de chacun-e à disposer de son corps, si c’est pour laisser prospérer un système porteur d’une double-violence, sociale et sexuelle ?

Par ailleurs, des tribunes et articles ont été publiées que vous pouvez toutes lire sur le « scoop.it » d’Abolition 2012

Quelques articles à mettre en lumière et partager :

Abolition : l’Europe proxénète vacille, la France est attendue !

Pour les personnes prostituées, contre le système prostitueur

Pénaliser le client : un risque pour la santé des personnes prostituées ?

Les clients sont complices de l’exploitation sexuelle

Des papillons au ventre

Pourquoi abolir la prostitution est un combat féministe du 21e siècle

A noter aussi le soutien de l’organisation québecoise, la CLES qui a fait un communiqué :

La CLES salue la lutte des féministes françaises pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Montréal, le mercredi 18 septembre 2013 – Nous, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), tenons à manifester aujourd’hui notre appui à la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale française qui a adopté mardi, à l’unanimité, le rapport de la députée socialiste Maud Olivier sur la pénalisation des clients de la prostitution. L’adoption de ce rapport pourrait mener à l’élaboration d’une loi qui sanctionnerait clients et proxénètes tout en protégeant les victimes du système prostitutionnel. Une telle loi permettrait à l’Assemblée nationale française de se conformer aux valeurs abolitionnistes qu’elle a adoptées en 2011 et de réitérer la primauté de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Face à cette avancée, il nous apparaît important de témoigner de notre solidarité et de souligner la lutte que mènent de longue date nos sœurs françaises. Nous saluons le courage politique de Madame Maud Olivier et des membres de la Délégation aux droits des femmes. Nous saluons aussi le travail acharné des 55 associations de soutien aux personnes prostituées, de lutte contre les violences faites aux femmes et de promotion de l’égalité femmes-hommes rassemblées au sein du Collectif Abolition 2012 – qui demandent depuis 2011 l’adoption d’une loi abolissant le système prostitueur – , de même que les quelques 200 associations issues de 27 États membres de l’Union européenne signataires de l’Appel de Bruxelles « Ensemble pour une Europe libérée de la prostitution ».

Nous croyons nous aussi qu’un monde sans prostitution est possible et, comme ces organisations, nous croyons que la réalisation de cet objectif doit passer par l’abolition de la demande et la mise en place d’alternatives réelles à la prostitution. Les féministes abolitionnistes, pro-féministes et survivantes canadiennes mènent actuellement une lutte semblable à celle menée par nos soeurs françaises. Alors que les lobbys pro-industrie du sexe prônent la décriminalisation totale et tentent de faire invalider les lois sur la prostitution devant le plus haut tribunal du pays, nous demandons l’adoption de lois inspirées du modèle nordique qui pénaliseraient clients et proxénètes et décriminaliseraient les femmes. En Suède, en Islande et en Norvège, ces mesures, alliées à des campagnes de sensibilisation visant les hommes et des programmes de soutien à l’emploi pour les femmes désirant réintégrer le marché du travail ont eu pour effet de faire diminuer la traite de même que la prostitution de 50 à 75%.

La prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde et elle n’est pas une fatalité. Elle n’est pas non plus un filet social pour les femmes ni une simple question de choix individuel. Nous saluons les Françaises et leurs alliés Français d’oser enfin se doter des moyens de mettre fin à l’imposture – pour emprunter l’expression de la cinéaste Ève Lamont – d’un système prostitutionnel sexiste, raciste et classiste toléré depuis trop longtemps et nous espérons que le Canada saura faire de même.

RMC et prostitution : l’imposture dévoilée !

Il y a un an, j’écrivais ceci : https://sandrine70.wordpress.com/2012/09/03/abolition-de-la-prostitution-limposture-mediatique/.

Capture d’écran 2013-09-19 à 18.12.24Aujourd’hui, alors que deux députées ont déposé un rapport sur une proposition de loi à inscrire au calendrier législatif, qui propose une très timide pénalisation du client (au regard des violences subies par les personnes prostituées du fait que ces hommes paient pour disposer d’êtres humainEs), une grande chaîne de radio nationale lance une pétition contre cette pénalisation.

Affirmant que Brigitte Lahaie, animatrice, s’oppose à la pétition, ils invitent à la signer en ajoutant « nous nous opposons à cette proposition de loi ». Qui sont-ils pour le faire ? Des spécialistes de la question ? Des militantEs qui ont travaillé des années au plus proche de la réalité de la prostitution ? Non, simplement des hommes et quelques femmes instrumentalisées pour défendre ce scandaleux « droit de l’homme ».

Le droit de quoi ? Avoir des fantasmes, comme le disait il y a quelques jours une militante pro-prostitution? Non, il ne s’agit pas de cela. Ce droit qu’ils ont, c’est celui de détruire des femmes par une violence sans nom.

Alors tous les jours, à nous, féministes, on nous reproche notre « partialité » lorsque nous dénonçons les violences masculines. On nous censure lorsque nous voulons exprimer notre libre opinion. Les tribunes des abolitionnistes sont régulièrement rejetées de journaux comme Le Monde, même signées par 55 associations…On nous reproche de vouloir censurer les « artistes » lorsque ceux-ci lancent de véritables appels au viol, ou, sous couvert de « ne surtout pas avoir de message », se font le jeu des pro-prostitution (#Ozon).

Et là, une grande chaîne de radio nationale se fait le porte-voix d’une pétition contre la pénalisation des clients ?

Enfin, la partialité des médias éclate donc au grand jour. L’imposture est dévoilée. Alors merci, RMC, au moins maintenant les choses sont claires !

PS : ah oui, et j’aime bien le (e) entre parenthèse, pour faire croire qu’il y a aussi des clientes…

Changer de regard sur Alzheimer avec une femme remarquable

Capture d’écran 2013-09-18 à 08.05.03Vendredi c’est la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer. Un mot, une maladie qui font peur, mais qui ne devraient pas toujours…
Aussi,j’ai envie de vous faire partager mon enthousiasme pour une association qui propose aux personnes qui ont une maladie de type Alzheimer des activités artistiques. Et pour sa directrice, Cindy Barotte, qui a un discours qui rompt avec cette peur qui nous empêche d’avancer et est habituellement entretenue par les médias.

Pour avoir assisté à un atelier musique, j’ai pu oberver comment il était, comme elle le dit, essentiel de changer de regard sur la maladie. Et comment cela peut changer nos vies, pas seulement celle des personnes malades !

Alzheimer : construire une nouvelle relation à l’autre

A faire connaître (et si l’article vous plaît, n’hésitez pas à mettre des commentaires dessous) !

 

Et cet article ici : L’art au service de la mémoire

Et puisque c’est le moment de mon autopromo, ma dernière revue hebdo où je mentionne un livre qui vient de sortir et que je vais lire pour pouvoir en parler vraiment : « La fée, la sorcière et l’homme nouveau », où comment, en prenant les ultra-minoritaires dans les statistiques (ce que la sociologie a tout à fait le droit de faire), on arrive à trouver et mettre en avant l’arrivée de l’égalité dans le ménage…

 

CP : Vivement le dépôt de proposition de loi abolitionniste qui pénalise le client prostitueur !

Femmes en résistance

Ce mardi, les députées Maud Olivier et Catherine Coutelle ont présenté au groupe parlementaire PS le rapport sur la proposition de loi pour l’abolition du système prostitueur. Si cette proposition de loi est retenue, elle sera déposé à l’Assemblée Nationale et les débats pourront commencer.
Femmes en résistance encourage les parlementaires à soutenir cette proposition de loi historique et attend avec une vive impatience son dépôt effectif.
 
La position abolitionniste de la France a été réaffirmée à l’Assemblée Nationale en 2011, ancrant définitivement la prostitution dans le champ des violences faites aux femmes. Pourtant si le viol et le harcèlement sexuel sont pénalisés, imposer un rapport sexuel par l’argent reste impuni. A l’inverse, ce sont les personnes prostituées qui sont aujourd’hui encore pénalisées.
Une loi qui inclurait l’interdiction d’achat d’acte sexuel, l’abrogation du délit de racolage et des mesures d’aide à la sortie de la prostitution  positionnerait la…

Voir l’article original 150 mots de plus

Il y a un moment où il faut sortir les couteaux !

PDJPDPX« Un Mouscronnois de 46 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Tournai à trois ans de prison avec un sursis probatoire de quatre ans pour viol et attentat à la pudeur commis sur sa propre fille ».

Au civil, la victime encore mineure à l’heure actuelle recevra 1.000 euros à titre provisionnel.

« L’absence d’antécédent judiciaire du coupable, ainsi que l’ancienneté des faits lui ont permis d’obtenir un sursis. Il devra par contre se soumettre à une thérapie afin de lutter contre la délinquance sexuelle ».

C’est tellement intolérable que c’est difficile d’en parler. Car oui, quand les filles parlent, dénoncent, et que les mères portent plainte, il faut encore franchir cette étape, celle d’une justice qui donne du sursis à un homme qui a violé sa fille de 4 ans et continué par la suite…lui, il paraîtrait que ça suffise qu’il se fasse « soigner »…
Pour la jeune femme, 1000 euros. Et quels soins pour elle et se reconstruire ? Alors qu’elle a eu le courage de dire, que sa mère l’a soutenue, qu’il y a eu procès, et qu’il n’y a encore pas justice ?
C’est tellement la preuve noir sur blanc que « la justice des hommes est bien la justice des hommes », que je n’en dirai pas plus, sinon quelques liens indispensables et un texte indispenable, la définition de l’opprimé, de Christiane Rochefort
Pour bien dire que l’ancienneté des faits ne devrait rien avoir à y voir :
A propos de la « justice », de pourquoi les femmes ne portent pas plainte, et d’ailleurs, à quoi bon…
Et le texte de Christiane Rochefort
« Il y a un moment où il faut sortir les couteaux. C’est juste un fait. Purement technique. Il est hors de question que l’oppresseur aille comprendre de lui-même qu’il opprime, puisque ça ne le fait pas souffrir : mettez vous à sa place.
Ce n’est pas son chemin. Le lui expliquer est sans utilité. L’oppresseur n’entend pas ce que dit son opprimé comme langage mais comme un bruit. C’est la définition de l’oppression [….] L’oppresseur qui fait le louable effort d’écouter (libéral intellectuel) n’entend pas mieux. Car même lorsque les mots sont communs, les connotations sont radicalement différentes.
C’est ainsi que de nombreux mots ont pour l’oppresseur une connotation-jouissance, et pour l’opprimé une connotation-souffrance.
Ou : divertissement-corvée. Ou loisir-travail. Etc.
Aller donc communiquer sur ces bases. »

C’est ainsi que la générale réaction de l’oppresseur qui a « écouté » son opprimé est, en gros : mais de quoi diable se plaint-il ? Tout ça c’est épatant.

Au niveau de l’explication, c’est tout à fait sans espoir. Quand l’opprimé se rend compte de ça, il sort les couteaux. Là on comprend qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Pas avant.

Le couteau est la seule façon de se définir comme opprimé. La seule communication audible.[…] »

Christiane Rochefort

Sexisme de comptoir

Club pour hommes

Habiter la banlieue et fréquenter occasionnellement les terrasses des cafés locaux…

c’est tout un enseignement sur le sexisme ordinaire…deux jours, deux exemples :

hier, la boulangerie étant fermée, il a fallu prendre un sandwich au café en face. Le boulanger y finissait sa journée, et visiblement, ou plutôt audiblement puisqu’il s’en vantait, n’en était pas à son premier verre. De sa voix douce telle un murmure (nan je rigole), il faisait bénéficier à toute la rue des heures les plus passionnantes de sa vie : « moi j’ai toujours à mon bras : ma femme, ma fille ou un verre », c’est ma famille ! Poésie des objets de comptoir…

Ce matin, un café en terrasse, pas au même, mais celui de l’autre côté de la place. Voilà qu’un homme parle d’un ami, qui a une nouvelle compagne. Celle-ci a eu semble-t-il l’outrecuidance de se mêler de la vie du chien du Monsieur. Elle a fait quelque chose qu’il ne fallait pas, et, plus grave, de ne pas obéir au gars qui lui a dit qu’il ne fallait pas le faire, exprimant qu’étant fille de vétérinaire, elle pensait que…mais attention, une femme n’a pas le droit aux arguments d’autorité ! Car une femme ne fait pas autorité. Un homme nous repaît perpétuellement de « mansplaining », de son avis qui est forcément intéressant pour nous puisqu’il est un homme, quitte à ce soit sur ce qu’il ne connaît pas du tout. Mais une femme…

Bon mais ce n’est pas ça le motif principal du courroux du gars. En effet, elle parlait avec tous les hommes du lieu, malgré le fait qu’elle était la compagne de machin. Et là, franchement… Cela lui valut -mais vous le voyez sûrement venir : « c’est elle qu’il faut tenir en laisse ». Content bien sûr, de son humour. C’est tellement, tellement drôle pour commencer la semaine…

A la réflexion, je me demande s’il ne faudrait pas interdire aux hommes les terrasses de café pour un jour pouvoir y être sans entendre une violence inouïe à l’égard des femmes…

Mais non, bien sûr, c’est de l’humour…

pour une loi antisexiste : https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_FIN_du_sexisme_decomplexe/?aMVDCbb

S.G

 

 

#Soutien Thuram et des « éléments sans gravité » ?

Twitter a fait une nouvelle fois preuve ce samedi de la façon dont il pouvait faire ressortir le pire de nos concitoyennEs, ce qui après tout permet de se rendre compte de l’état de la société..
C’est suite à la nouvelle selon laquelle Karine Lemarchand, l’ex-compagne de Lilian Thuram, a porté plainte contre lui pour violences conjugales (il l’aurait attrapé par les cheveux et plaquée 3 fois contre le réfrigérateur), plainte qu’elle a annoncé ensuite avoir retiré, dans un communiqué conjoint avec son ex (et présumé agresseur, donc), qu’a été créé un hashtag, #SoutienThuram.

Alors, ici, il ne s’agira pas de savoir si l’homme est coupable : la justice elle même ne s’en saisira donc pas.

Mais plutôt ceci : on critique souvent les féministes, estimant qu’elles jugent trop vite malgré la présomption d’innocence. Mais que dire de ce « mot-dièse »  où viennent se ruer n’importe qui pour défendre l’ancien joueur de football et condamner la femme qui a porté plainte, l’un au prétexte qu’il serait un héros national, l’autre parce qu’elle serait une « spécialiste de l’événementiel » ? Ont-ils des éléments que nous n’avons pas pour, eux, juger les faits ?

Et que sont ces éléments ? Qu’il a mis un jour un ballon dans les filets donnant un titre de gloire à la France et, par procuration, à des millions de Français et certaines Françaises qui ont l’illusion qu’ils et elles avaient quelque chose à y voir par ce que tous sont FrançaisEs ? Ce serait donc là une raison de penser qu’il n’aurait pu être capable d’être violent ? (demandez à Zidane…)

La femme qui porte plainte, connue elle aussi, qui anime une émission de télé, est friande de nouvelles people croustillantes, c’est son métier. Est-ce donc une raison de penser qu’elle ment ? Une femme qui ferait de l’événementiel n’aurait donc pas le droit de porter plainte lorsqu’elle est victime ? On se croirait dans les plus sombres heures de l’affaire DSK, dans les récits des victimes des réactions des entourages lorsqu’elles dénoncent la violence, avec l’amer sentiment que jamais, rien, ne change.

Est-ce enfin une raison de s’en prendre aux féministes ?

Car oui, c’est le deuxième aspect de l’affaire, dès lors que les féministes prennent au sérieux la nouvelle, alors voila qu’on leur tombe dessus, ouqu’elles deviennent « fascistes ». En effet, on a pu lire, que l’on ne pouvait les écouter sur Thuram, parce que par ailleurs elles ne défendraient pas les femmes voilées agressées ou ne critiqueraient pas les Femen… Mais ici, les féministes sont les seules à remettre les choses à l’endroit en prendant la nouvelle avec le sérieux qu’elle mérite, Thuram ou pas Thuram !

Un mot ensuite sur le retrait de la plainte. Que dire d’un communiqué conjoint avec la personne qui a été l’objet de la plainte, à quelques jours d’une nouvelle remise de médaille pour le footballer ?

Faut-il expliquer ce que peut être la pression sur une femme qui a porté plainte, dès lors qu’elle met à mal l’image d’une « légende » ? Faut-il redire combien de femmes qui portent plainte s’entendent dire qu’elles ne voudraient quand même pas nuire à la réputation, la carrière, de leur conjoint, ni à sa famille ?

Combien de femmes, tous les jours, renoncent à porter plainte, pour toutes ces raisons ? Combien d’enfants développent des amnésies parce qu’ils ont vécu des violences reconnues mais qu’on leur a dit que ce n’était rien et qu’il ne fallait plus jamais en parler ? (ce qui pose des bombes à retardements pour eux à l’âge adulte)*_

Enfin, que dire des mots du communiqué, affirmant qu’il s’agissait de « éléments sans gravité » (oui, des éléments dit le communiqué, apparemment le mot est bien choisi faits a une qualification juridique précise) ? Il n’est pas dit qu’elle a menti. Il est dit que les éléments étaient sans gravité. Et le message qui passe, puisque les éléments publiés ne sont pas démentis, c’est que :
la violence conjugale, pousser à plusieurs reprises une femme contre le réfrigérateur, ce sont des « éléments sans gravité ».

Et c’est peut-être là qu’il est fait le plus de mal, car ce message est désastreux pour les victimes, qui ainsi ont toutes les chances de ne jamais porter plainte. Et extrêmement bénéfique pour les agresseurs, qui viennent de recevoir la confirmation que pousser une femme un peu fort peut être, bah, c’est pas si grave…

Sans aucun doute, les petits soldats du patriarcat sont bien en place…

S.G

*selon une étude citée par Muriel Salmona, 40% des enfants qui avaient subi des violences enregistrées dans des hôpitaux ou services de police, violences donc avérées, ne s’en souvenaient plus du tout à 17 ans. Parmi eux, nombreux sont ceux uqi développeront un jour des troubles post-traumatiques.

#GPA ou l’ultime forme de dissociation marchande

« Pour continuer à fonctionner, le capitalisme doit  sans cesse trouver de nouveaux champs d’activités transformables en marchandise ». K.E Ekman, L’être et la marchandise.

Je sais, en ce moment je n’ai qu’un mot à la bouche (façon de parler) : « L’être et la marchandise ».
Ce livre fondamental, écrit par Kajsa Ekis Ekman, fait le point sur la marchandisation des êtres humains au travers d’une analyse très fine des discours pro-prostitution et pro-maternité de substitution, appelée par certains « Gestation pour autrui (GPA)« . Il s’agit en réalité de du commerce d’être humains : on achète pendant 9 mois une personne et l’enfant qu’on lui demande de porter.

Ce que s’emploie à décrypter cette auteure féministe et anarchiste suédoise, c’est comment le discours consiste à cacher systématiquement la réalité de cette atteinte aux droits humains au profit d’un discours mensonger sur le droit à l’enfant et le « bonheur de fonder une famille ». Quand en réalité il s’agit de pousser à l’extrême la réification de l’être humain en faisant croire qu’on peut « louer » ou « prêter » des parties de son corps sans dissociation, sans qu’il soit porté atteinte à l’intégrité de la personne*. Et cela pour obtenir en réalité qu’une personne, la mère qui porte l’enfant, soit à tout jamais exclue d’une relation avec le futur bébé. En effet, dans cette ode au bonheur familial qui se pétrit de multiples contradictions**, il y a une personne a qui est rejetée et à qui on interdit toute relation avec l’enfant, c’est la mère !

Les dernières pages du livre sont particulièrement efficaces à dénoncer cette absurdité et à expliquer en quoi la maternité de substitution va plus loin que toutes les autres formes d’aliénation de la personne humaine.
Je vais donc vous en citer quelques extraits marquants :

« De se répéter que l’enfant appartient à quelqu’un d’autre est le premier mantra de l’univers de la maternité de substitution. Là où la prostituée dit « ce corps n’est pas moi », la mère porteuse déclare « cet enfant n’est pas à moi ».

(…)

Pourquoi parler de cela comme d’un « travail », fait par un « objet » utérus qui serait louable ou prêtable est aberrant :

« La maternité de substitution se poursuit jour et nuit sans interruption durant 9 mois. Pendant tout ce temps, la femme est soumise à une multitude de restrictions. Elle ne doit pas faire d’efforts physiques, boire ou consommer des drogues. Si les acheteurs le souhaitent, elle doit se soumettre à des contrôles médicaux. Son corps subit de nombreuses transformations; elle a des nausées, son ventre grossit, elle peut souffrir de maux divers comme des dorsalgies, sans parler des douleurs de l’accouchement. Elle ne peut rien éviter de tout cela, elle ne peut pas avoir une seule minute de répit. Elle est plongée dedans, car c’est en elle. Le « travail » constitue son existence même, de jour comme de nuit ». Bien qu’elle vit en symbiose avec l’enfant, elle n’a pas la moindre prise sur lui -il appartient à quelqu’un d’autre.

Quel autre « travail » ainsi pratiqué 24h/24h ne serait pas considéré comme de l’esclavage et inhumain ?

 

Les stratégies de survie et l’enfermement ultime dans la réification

« Afin de pouvoir vendre une partie d’elle même, la mère porteuse -exactement comme la prostituée – se doit de désavouer une partie de son corps. La personne, qui connaît bien la prostitution et qui écoute ce que disent les mères porteuses, découvre de nombreuses similitudes dans les stratégies de survie. (…) Personne ne s’est intéressée de savoir si les mères porteuses subissent une dissociation émotionnelle. Au contraire, les analystes prétendent que c’est précisément cete distance qui prouve que la maternité de substitution fonctionne. La meilleure mère porteuse est décidément celle qui ressent le moins d’attachement au bébé à naître ».

(…)

« Là où les personnes prostituées peuvent fuir en vivant de façon destructive, les mécanismes physiques de distanciation sont impossible à la mère porteuse. Elle ne peut pas écourter le temps de travail ou prendre une douche après le travail. Elle ne peut pas adopter une double personnalité( …) Elle ne peut pas s’échapper en prenant  des drogues, fumer ou boire- il faut qu’elle prenne soin d’elle-même.

Et surtout :

« Elle doit vivre pour l’enfant, penser à lui à chacun des gestes de son quotidien. En même temps, elle doit créer cette différence entre elle et son corps, entre elle et l’enfant qu’elle porte – car l’être humain est toujours obligé de créer une distant entre l’être et la marchandise. Elle est contrainte de penser à l’enfant, mais il ne faut pas qu’elle s’attache à lui. C’est peut-être cela qui est le plus difficile, être contrainte de se vendre soi même et, en même temps, être obligée de penser à soi.  (…)

« La mère porteuse ne peut pas anesthésier son corps. Elle ne peut pas interrompre les mouvements de l’enfant, tout en n’ayant pas le droit de s’attacher à lui. (…) Que faire dans une situation où on est obligé de se dissocier d’une partie de soi et en même temps, s’efforcer d’en prendre soin, de s’en occuper ? »

 

La Madone mise sur le marché

K.E Ekman exprime enfin admirablement le mensonge qui tend à faire de cette pratique le comble du progrès qui offre le bonheur familial à toutes et à tous. En réalité, il ne s’agit que de la marchandisation de la figure patriarcale de la Madone.

D’un côté en effet il faut s’employer pour faire passer la maternité de substitution pour un travail, en dissociant la grossesse et accouchement du sacré (qui serait ici l’humainE), : « la maternité n’est plus sacrée, elle est un produit comme un autre! ».

De l’autre, les mères porteuses ne se décrivent jamais comme des travailleuses, mais plutôt comme faisant des « actes d’amour ultime », exerçant un « devoir sacré » : « Elles parlent  de « l’énorme récompense psychologique d’avoir aidé quelqu’un à atteindre le but désiré ». « L’argent n’est pas leur motivation première, c’est pour ces femmes une expérience féminine particulière (étude menée auprès de 200 mères porteuses potentielles).

Au final, les discours qui en font un travail laissent entendre en même temps qu’il s’agirait d’un acte de bienfaisance, dans un récit mettant en scène une Madone, et la figure patriarcale de la Sainte, qui trouve l’épanouissement dans le don de soi.

« 1-La mère porteuse met au monde un enfant sans avoir eu de rapport sexuel

2-Elle le fait uniquement pour faire plaisir à un couple sans enfant

3-Elle ne revendique rien pour elle-même si ce n’est le bonheur de l’autre couple

4-Elle est mariée, heureuse et en couple dans le cadre de la famille nucléaire. »

Il apparaît alors clairement que « Loin des fantasmes de Kutte Jönsson sur l a « brèche dans les normes familiales conservatrices », le monde de la maternité de substitution est imprimé d’une confiance inébranlable dans le caractère sacré de la famille. (…)

Dans ce monde, « Le rôle de la femme est net et précis  une nature généreuse, une épouse fidèle, qui donne naissance à beaucoup d’enfants ».

« Mais d’où vient donc cette aspiration à être une Madone ? Pourquoi une madone devrait-elle souffrir ? Pourquoi ces femmes se sacrifient-elles ? Pourquoi endurent-elles 9 mois de grossesse, avec tout ce que cela comporte -les douleurs, l’enfantement et les injections d’hormones- uniquement pour le sourire d’un couple inconnu ? Dans le monde de la maternité de substitution, l’explication officielle est que c’est dans la nature de la femme. On trouve partout dans cet univers-là cette manière de voir : cette prise de risque insensée est un acte sublime et typiquement féminin. Toutefois, si l’on va au-delà de la surface des vieux mythes sur les sexes, on s’aperçoit que, derrière le désir d’être une Madone, il y a souvent une profonde douleur ».

Et comme par hasard, les études faites auprès des mères porteuses montrent que celles qui ont subi des violences masculines extrêmes dans l’enfance, viols par inceste, ou celles qui ont perdu un enfant sont surreprésentées.

« Phyllis Chesler, qui a traité de nombreuses mères porteuses, écrit que la maternité de substitution est, pour beaucoup, une tentative de purification par éradication du sentiment de culpabilité et de honte.  (…)

N’est-ce pas cela qui constitue la manière classique qu’ont les femmes d’essayer de tout arranger ? De souffrir afin de rendre le monde meilleur ? De croire qu’il y a quelque chose de bon qui naît de notre douleur ? Que nos blessures vont nous libérer d’une culpabilité qui n’a jamais cessé de nous écraser » ?

Masochisme classique en patriarcat où la honte et la culpabilité qui devraient être celles des agresseurs est retournée contre les victimes.

« La séparation de la sexualité et de la reproduction, de la pute et de la Madone, de l’image et du texte, de la pratique et de la théorie a des racines plus profondes dans la société. Ce sont un ensemble de contenus inconscients du psychime masculin que la femme a dû endurer. Et ces complexes sont désormais des industries. Lorsqu’on crée de grandes industries à partir de complexes psychologiques, ce même complexe se dévoile dans toute son absurdité. Jamais jusque là, le désir de dissocier la « pute » de la « madone » n’avait autant imprimé de son empreinte la géographie physique même de la terre. La Thaïlande est devenue fournisseur de femmes et de filles pour l’industrie du sexe; l’Inde est devenue fournisseuse de femmes pour les enfants d’autrui ». La civilisation est façonnée, littéralement, à l’image de l’homme ».

L’Inde qui d’ailleurs, fournit à la fois des enfants issus de la maternité de substitution et de l’adoption. Et K.E Ekman termine son livre en faisant le parallèlle, citant la similitude entre des témoignages de mères ayant abandonné leur enfant à l’adoption avant l’accouchement et de mères porteuses. (J’en profite au passage pour vous inviter à la séance du festival « Femmes en résistance », le 29 septembre à 13h30, qui abordera justement ces sujets : adoption et maternité de substitution en Inde avec la diffusion de deux films : « Celle qui meurt » de Sabreen Bint Loula, 22′, et « Mother anonymous, de Sheela Suravanan ainsi que la question de la prostitution, dans une séance intitulée : tu ne seras ni achetée, ni vendue, ni violée).

« Ce qui revient constamment, c’est le sentiment de perte, la perte du Moi comme entité intègre. La prostitution aussi bien que la maternité de substitution fragmentent l’être humain, et le discours à leur propos a le même effet sur la société. Nous oublions la notion d’unité. ».

Mais en refusant ce monde, on peut aussi se réunifier, et c’est la conclusion de Kajsa :

« Lorsque nous revendiquons notre totalité, notre intégrité, quelque chose se passe, et il y a des conséquences. Lorsque nous disons que maintentant ça suffit, je ne veux pas jouer un rôle, je ne veux pas me cacher, je ne suis pas une pute, je ne suis pas une Madone, je suis un être humain et j’ai le droit d’éprouver des sentiments. Je ne suis ni ceci ne cela, j’ai le droit aux enfants que je mets au monde. Je ne suis pas obligée de coucher avec des hommes qui me déplaisent. Mon corps est vivant et je dois écouter les signaux qu’il me donne. Il n’est pas ma propriété, il ne représente pas non plus un objet personnel, il est simplement ma possibilité au monde. (…)

« S’enclenche alors la dé-réification. C’est un violent processus. Il consiste à réparer les blessures dues au dualisme, à la dissociation de soi ». Et elle finit en citant le cas de Gloria, qui a abandonné son fils à l’adoption avant la naissance et le retrouve 30 ans plus tard : « le mur s’est alors effondré, je commençais à réaliser ce que j’avais fait et ce qui m’était arrivé, d’une manière et à un niveau jamais ressenti auparavant. Enfin, je n’étais plus en état de léthargie ».

S.G

NB : j’ai essentiellement ici parlé de la seconde partie du livre, consacrée à la maternité de substitution, la première est tout aussi essentielle qui décortique les discours pro-prostitution.

* les discours pro-prostitution et pro-GPA utilisent une phrase féministe un peu malheureuse : « mon corps m’appartient », là où il aurait été préférable de dire : « mon corps c’est moi », que ce soit mon sexe, mon utérus, mes mains ou mon cerveau, mon corps c’est moi, on ne peut porter atteinte à une partie de mon corps sans porter atteinte au tout.

**un des arguments des pro est de dire que la parentalité n’est pas biologique mais sociale, qu’il importe peu donc que la mère porteuse ne soit pas la mère. Sauf que la particularité de la maternité de substitution, c’est que c’est justement parce que des couples infertiles (hétéro ou homo sexuels) veulent absolument être les parents biologiques des enfants qu’ils recourrent à l’exploitation d’êtres humains à travers leurs utérus.