#Abolition : ressources et dernières informations

M45Après mon coup de gueule de l’autre soir à cause d’RMC,

un billet plus positif, avec les derniers éléments de la mobilisation des abolitionnistes, partout dans le monde, pour soutenir l’initiative parlementaire de Maud Olivier et Catherine Coutelle.

Hier, après des communiqués de plusieurs associations membres, un communiqué de presse unitaire a été signé par l’ensemble des 55 associations du collectif Abolition 2012. Intitulé : Faire reculer la prostitution en France et engager la société auprès de ses victimes : Le principe est acquis, place à la loi ! 

et envoyé à la presse, diffusé sur les réseauux sociaux et auprès des politiques.

Parallèllement, paraissait une tribune signée par 50 personnalités politiques (et par les 55 associations)

Mobilisons-nous pour une loi d’abolition

En voici le début :

La complaisance a assez duré. C’est le sentiment de l’urgence qui nous pousse aujourd’hui, quelle que soit la diversité de nos horizons, à nous mobiliser ensemble autour d’un vrai mouvement citoyen.

Contre tous les poncifs qui nous sont trop souvent servis dans les médias – mal nécessaire, projet liberticide – nous affirmons la nécessité et la cohérence de notre engagement pour l’abolition du système prostitueur. Pourquoi s’être mobilisé-es contre les violences et les discriminations, pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour le droit de chacun-e à disposer de son corps, si c’est pour laisser prospérer un système porteur d’une double-violence, sociale et sexuelle ?

Par ailleurs, des tribunes et articles ont été publiées que vous pouvez toutes lire sur le « scoop.it » d’Abolition 2012

Quelques articles à mettre en lumière et partager :

Abolition : l’Europe proxénète vacille, la France est attendue !

Pour les personnes prostituées, contre le système prostitueur

Pénaliser le client : un risque pour la santé des personnes prostituées ?

Les clients sont complices de l’exploitation sexuelle

Des papillons au ventre

Pourquoi abolir la prostitution est un combat féministe du 21e siècle

A noter aussi le soutien de l’organisation québecoise, la CLES qui a fait un communiqué :

La CLES salue la lutte des féministes françaises pour l’égalité entre les femmes et les hommes

Montréal, le mercredi 18 septembre 2013 – Nous, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), tenons à manifester aujourd’hui notre appui à la Délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale française qui a adopté mardi, à l’unanimité, le rapport de la députée socialiste Maud Olivier sur la pénalisation des clients de la prostitution. L’adoption de ce rapport pourrait mener à l’élaboration d’une loi qui sanctionnerait clients et proxénètes tout en protégeant les victimes du système prostitutionnel. Une telle loi permettrait à l’Assemblée nationale française de se conformer aux valeurs abolitionnistes qu’elle a adoptées en 2011 et de réitérer la primauté de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Face à cette avancée, il nous apparaît important de témoigner de notre solidarité et de souligner la lutte que mènent de longue date nos sœurs françaises. Nous saluons le courage politique de Madame Maud Olivier et des membres de la Délégation aux droits des femmes. Nous saluons aussi le travail acharné des 55 associations de soutien aux personnes prostituées, de lutte contre les violences faites aux femmes et de promotion de l’égalité femmes-hommes rassemblées au sein du Collectif Abolition 2012 – qui demandent depuis 2011 l’adoption d’une loi abolissant le système prostitueur – , de même que les quelques 200 associations issues de 27 États membres de l’Union européenne signataires de l’Appel de Bruxelles « Ensemble pour une Europe libérée de la prostitution ».

Nous croyons nous aussi qu’un monde sans prostitution est possible et, comme ces organisations, nous croyons que la réalisation de cet objectif doit passer par l’abolition de la demande et la mise en place d’alternatives réelles à la prostitution. Les féministes abolitionnistes, pro-féministes et survivantes canadiennes mènent actuellement une lutte semblable à celle menée par nos soeurs françaises. Alors que les lobbys pro-industrie du sexe prônent la décriminalisation totale et tentent de faire invalider les lois sur la prostitution devant le plus haut tribunal du pays, nous demandons l’adoption de lois inspirées du modèle nordique qui pénaliseraient clients et proxénètes et décriminaliseraient les femmes. En Suède, en Islande et en Norvège, ces mesures, alliées à des campagnes de sensibilisation visant les hommes et des programmes de soutien à l’emploi pour les femmes désirant réintégrer le marché du travail ont eu pour effet de faire diminuer la traite de même que la prostitution de 50 à 75%.

La prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde et elle n’est pas une fatalité. Elle n’est pas non plus un filet social pour les femmes ni une simple question de choix individuel. Nous saluons les Françaises et leurs alliés Français d’oser enfin se doter des moyens de mettre fin à l’imposture – pour emprunter l’expression de la cinéaste Ève Lamont – d’un système prostitutionnel sexiste, raciste et classiste toléré depuis trop longtemps et nous espérons que le Canada saura faire de même.

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1 réflexion sur « #Abolition : ressources et dernières informations »

  1. La polémique de ce projet ne repose pas sur les moyens de réinsertion des prostituées ou la lutte contre le proxénétisme mais sur le volet d’interdiction de la prostitution, parce qu’il touche directement au pouvoir masculin suprême qu’est la sexualité masculine et toutes les violences qui en découlent. Il n’était pas nécessaire de lutter immédiatement sur tous les fronts avec le risque de noyer parmi un ensemble de mesures plus inutiles les unes que les autres l’essentiel du projet qu’est la répression de la prostitution d’autrui (ou incitation à la prostitution). Une loi bien faite et bien construite résumée à l’essentiel vaut mieux qu’un package lourd de mesures dont les trois quart ne seront pas appliquées parce que les moyens financiers insuffisants seront répartis entre divers champs d’action, social, prévention et répression.

    La prostitution est avant tout une affaire d’injustice criminelle à laquelle il fallait répondre en urgence. Or, comme je l’ai dit dans le précédent billet, ce volet a été bâclé. La violence n’est pas clairement définie, le ou les crimes imputés à la prostitution ne sont pas nommés par des termes juridiques. Il en résulte des sanctions pénales quasiment nulles ou pas à la hauteur de l’enjeu. Que la prison ne soit infligée qu’en cas de récidive donne des gages aux lobbys de la prostitution, laissant entendre qu’il s’agit là d’un délit mineur puni à la 1ère infraction par une amende. Que le fisc amende les hommes qui fréquentent les prostituées en plus de prélever sur les revenus de ces dernières légitime le proxénétisme et les revendications des partisans du retour aux maisons closes et autres formes d’établissements semblables.

    On part d’un projet qui punit sans punir la prostitution et qui après plusieurs amendements, accouchera d’une petite souris. On peut se persuader que cela vaut mieux que rien. Mais combien de textes sur l’égalité des salaires hommes femmes ou la parité ne donnent aucun résultat?
    La stratégie du gouvernement est limpide à mes yeux : offrir aux femmes une loi bidon à des fins de récupération électorale tout en protégeant le pouvoir masculin. Le STRASS et les paillettes doivent bien se marrer.

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