Mon choix, mon désir, ma liberté, vous dis-je !

Aujourd’hui je publie un texte de Claudie Lesselier sur la question du choix et de la marchandisation des êtres humains, des femmes.

 Compassion, subversion, consommation… et libre choix : de quelques récents télescopages

Compassion : mères, épouses ou infirmières, une tradition qui a défini longtemps leur rôles et leurs vertus. Aides à domicile et femmes de ménages s’inscrivent dans le « travail du care », les prostituées sont « sexothérapeutes » et les mères porteuses, dans la « GPA éthique » offrent leur grossesses et leur accouchement…

Mais cet argument tout de même c’est pas très branché et moderne. Alors voilà l’argument de la « subversion ». Des femmes sont enceintes, portent un enfant, accouchent, mais cèdent l’enfant… subvertissant ainsi les stéréotypes sur la mère et la maternité (C.Mecary, Prochoix n°59, p.51). Subversives, cela fut dit aussi des prostituées (thème très à la mode dans les années post 68, cf Recherches, n°26, mars 1977 « Folles femmes de leur corps »), alors que le système prostituteur est totalement inséré dans l’organisation patriarcale de la sexualité.

Et puis il y a bien sûr le « choix » ! Ah le choix ! Un conflit social actuel attire l’attention à nouveau sur ce sujet. Les syndicats du commerce luttent, au nom de l’intérêt collectif des travailleurs-ses, contre l’ouverture des magasins la nuit et le dimanche. Des salarié-e-s (quelle proportion exactement, je ne sais, mais en tout cas la presse répercute largement leur voix) protestent contre ces fermetures et veulent défendre « leur droit », « leur choix » de travailler la nuit et le dimanche… Certes le salaires de ces heures là est un peu plus élevé… Mais l’enjeu n’est il pas d’exiger l’augmentation des salaires pour les heures habituelles de travail ?

Et il y a bien sur les « consommateurs »…. Besoin irrépressible de pousser un caddie dans un supermarché le dimanche, ou, argument plus « populaire » ces pauvres gens travaillent toute la journée et donc ne peuvent faire leurs courses que le soir ou le dimanche…

Et un dernier exemple du choc de l’intérêt collectif et du prétendu choix individuel : pour lutter contre la construction des femmes et des petites filles comme des objets et l’hypersexualisation des petites filles, sont interdits les concours des « mini miss ». Des gamines et leurs mères protestent…

Mon choix, mon désir, ma liberté, vous dis-je !

Claudie Lesselier, 2/10/13

Note de la bloggeuse : ce texte me fait penser à cette alerte sur un titre d’article du Monde sur sondage travail le dimanche. Une femme qui dit : Oui. Je veux pouvoir acheter mon rouge à lèvres le dimanche. Pour moi, ça résume tout…

6 thoughts on “Mon choix, mon désir, ma liberté, vous dis-je !”

  1. Hé oui la novlangue fait des ravages, les mots n’ont plus de sens surtout celui de liberté, notamment pour les femmes. La subversion aussi. Si se prostituer est subversif alors depuis que la prostitution existe, on voit mal où résiderait encore la subversion si ce n’est que ce soit au tour des clients d’être stigmatisés !

    « la guerre c’est la paix »
    « la liberté c’est l’esclavage »
    « l’ignorance c’est la force »
    Orwell 1984

  2. Tout à fait en marge du sujet proposé ( comme d’habitude!) à propos de choix et de liberté possible , je signale un court article du supplément d’Aujourd’hui en France, qui présente l’amour entre femmes, à travers films et littérature

  3. Pas de commentaire sur le futur projet de loi excluant toute pénalisation de la prostitution? Car pour moi, désolée, une contravention n’est pas une sanction pénale. Il est dores et déjà certain qu’aucune prison ferme n’est prévue, et ça ne vous fait ni chaud ni froid?

  4. A mon avis ce qui est subversif c’est se prostituer quand on a de l’argent, c’est faire la porno star quand on est une fille de bonne famille et oui il y a un libre arbitre à cela ! Mais en temps de crise cela touche une proportion tellement infime qu’on peut passer sur ces droits là pour dégommer l’ensemble d’un système d’exploitation où le consentement est la dernière des préoccupations des exploiteurs d’un système. Cependant je ne puis m’empêcher de parler de mon inquiétude. Je suis inquiète que les prostituées soient livrées à des sorts les mettant encore plus en danger. Je crains que sous le coup de la loi les filles soient enfermées dans des sous-sols et encore plus maltraitées. Et donc je m’interroge sur les moyens que nous aurions de les protéger.

    1. « subversif », je n’y crois pas du tout du tout.
      Dans ‘L’être et la marchandise », kajsa Ekis Ekman explique très bien en quoi la pseudo subversion n’est qu’un discours publicitaire de l’industrie du sexe…

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