Colloque Violences et soins le 5 novembre : le soin est politique

L’association Mémoire traumatique et victimologie organise le 5 novembre prochain de 9h à 18h à l’Agoreine de Bourg-la-Reine (20′ de Châtelet par le RERB) un colloque autour de Violences et soins que j’aurai le plaisir d’animer aux côté de Muriel Salmona, présidente de l’association. Pour vous inscrire : colloque.violencesetsoins@gmail.com

La journée sera donc consacrée à un état des lieux des violences et de leurs conséquences sur la santé. Il s’agira de dénoncer le manque d’offre de soins spécialisés, de donner la parole aux victimes, de mieux informer le grand public et de proposer des pistes pour améliorer des soins. Enfin, faire des propositions pour élaborer une vraie éthique des soins à proposer aux victimes, en 20 recommandations.
Car le soin est politique. En effet, il ne se réduit pas aux secours nécessaires et vitaux, il est aussi (F.Worms, « soin et politique, PUF 2002), soutien, travail social, solidarité, souci du monde.
En effet, soulager le ou la patiente d’un symptôme, ce n’est pas prendre soin : c’est se débarrasser du problème. La soigner, c’est chercher à comprendre l’origine du symptôme, détecter les violences qui ont pu être subies, physiques, et psychologiques, et pour la victime, il s’agit avant tout de remettre le monde à l’endroit, et de le rendre plus juste.

Le programme (version détaillée ici) est donc bâti autour de deux axes (matinée autour des soins aux victimes de violences et les oubliées parmi les oubliéEs), l’après-midi violence des soins et perspectives d’amélioration) :

1- d’abord donc le soin des victimes de violences et violences sexuelles, enfants et adultes, et surtout son absence, est un scandale de santé publique que l’association, à travers sa présidente Muriel Salmona, psychiatre et psychotraumatologue, s’emploie à dénoncer.

Pour cela, l’association a lancé depuis deux ans un manifeste « violences et soins » qu’elle a réactualisé récemment, dont je vous cite le préambule :

« En France, en 2013, l’absence de dépistage des violences, de protections des victimes et de soins spécialisés sont à l’origine d’un coût humain énorme et d’un coût très important en dépenses de santé et en aides sociales qui auraient pu être évités. Or il est possible de combattre la violence, non par un tout-sécuritaire qui ne cible que certaines violences, mais par une prévention ciblée, une protection sans failles et une prise en charge spécialisée des victimes. Toute victime doit être protégée et soignée, ses droits doivent être respectés ».

C’est un scandale sanitaire, social et humain : où comment toute une société abandonne les victimes de violence, sans protection ni soin, et fabrique sans fin des souffrances, des maladies, de l’exclusion, de l’inégalité, de l’injustice et de nouvelles violences ».

Vous pouvez lire la suite et signer ce manifeste en cliquant ici : http://stopauxviolences.blogspot.fr/2013/10/manifeste-violences-et-soins-de.html

2- La violence dans le cadre des soins :

malheureusement la non prise en compte des mécanismes de la mémoire traumatique dans le cadre des soins aux personnes malades et la focalisation sur les symptômes de maladie et non leur origine possible entraîne pour les victimes des violences à répétition : anorexies, maladies, tentatives de suicides, conduites addictives qui ne sont jamais reliées aux faits de violences subies dans l’enfance, médecins qui ne sont pas formés à détecter les violences, etc.

Mais la violence dans le cadre des soins, c’est aussi l’abus de position dominante pour exercer des violences et profiter de son statut d’autorité (exemple du médecin lorrain, etc.) De nombreuses invitées et spécialistes viendront parler de tous ces thèmes. Des témoignages de victimes seront présentés ou lus, deux expositions (« En chemin elle rencontre » et « Pas de justice pas de paix ») orneront le hall, enfin une pièce de théatre sera proposée :  « Pour le dire », de Camille Guillon Courtin, par la compagnie « théatre en action ».

On vous attend donc nombreusEs à l’Agoreine, le 5 novembre, de 8h30 à à 18h !

Agoreine, 63 boulevard du Maréchal Joffre, Bourg La Reine, à 5′ à pied du RER B.

 

 

 

 

4 thoughts on “Colloque Violences et soins le 5 novembre : le soin est politique”

  1. Bonjour,

    J’ai participé au colloque organisé par Muriel Salmona et beaucoup d’autres intervenantes.
    Une journée exceptionnelle !!
    J’ai appris énormément sur la Mémoire Traumatique.
    Moi même victime de l’inceste à 6 ans et droguée et violée par mon médecin traitant à qui j’avais confié mon triste passé…
    A présent, après 46 ans de silence, j’arrive à en parler autour de moi et comme thérapie personnelle, j’ai écrit mes témoignages.
    Le Cri et le Silence – Editions XO.
    Mon combat aujourd’hui, est d’aider les victimes à briser le mur du silence.
    Pensées émues à toutes les victimes.
    Bien à vous.
    CLO

    1. Oui, merci infiniment à vous pour votre témoignage et pour avoir écrit ce livre, et pour tout votre courage, en pensant aux autres victimes

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