Première étape franchie, mercredi, #votezlabolition !

votezlabolition

Cette nuit, après un débat -clairsemé- mais de haute qualité, l’Assemblée nationale a voté les articles de la loi d’abolition,

dont les plus emblématiques : celui qui supprime le délit de racolage, ceux qui concernent l’acompagnement en sortie de prostitution, et le fameux « article 16 » sur la pénalisation des clients-prostitueurs. Mieux, un amendement à cet article a été adopté, il prévoit un délit (sans peine), en cas de récidive, et non plus seulement une contravention de 5e classe.

Autre amendement remarquable, déposé par Seybah Dagoma et voté hier soir,

C’est donc une très belle étape franchie, avec au préalable un très beau discours de la ministre, Mme Najat Vallaud-Belkacem.
En attendant mercredi et le vote solennel sur l’ensemble du texte, il faut se mobiliser. Ecrivez un texte court à vos députés expliquant pourquoi vous souhaitez qu’ils votent ce texte, pour les personnes prostituées et contre le système prostitueur, envoyez leur des témoignages ou la tribune de Rosen ou encore celle de Taslima Nasreen, Halte à l’esclavage sexuel

 

Et avant de pouvoir concrétiser ce grand espoir né du débat hier à l’Assemblée nationale, continuez à demander le vote de l’abolition sur Twitter, en mettent toujours #votezlabolition dans vos messages, et n’hésitez pas à encourager ces grandes dames qui ont hier montré un beau visage de la démocratie et de la lutte pour les droits humains, Mmes Olivier Maud, Catherine Coutelle, Colette Capdevielle, Ségolène Neuville, Seybah Degoma et Najat Vallaud-Belkacem. Merci et bravo elles pour tout le travail déjà accompli, ainsi qu’aux associations de terrains et féministes qui se battent depuis presque 4 ans, on compte encore sur elles !
S.G

MESDAMES ET MESSIEURS LES DEPUTéES, VOTEZ L’ABOLITION

#votezlabolition

Abolition du système prostitueur

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Nous votons « Abolition de la prostitution » !

RASSEMBLEMENT

Vendredi 29 novembre

12h30 à 13h30

Place Edouard HERRIOT – Métro Solférino

 

ET DIFFUSEZ AUTOUR DE VOUS, A VOS DEPUTéEs, CETTE TRIBUNE DE ROSEN HICHER, SURVIVANTE ! (pour pouvoir la lire dans son intégralité, il faut copier coller le titre dans Google)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/26/prostitution-je-n-etais-qu-une-marchandise_3520706_3232.html

Et retrouvez tous les témoignages de notre campagne #30jourspourlabolition :

http://www.scoop.it/t/prostitution-30-jours-30-temoignages

Voir l’article original

Vidéo de la manif’ : l’abolition, maintenant !

Voici les images tournées par Mariana Colotto (merci !) lors de la manifestation d’hier, qui a réuni environ 1.000 personnes (selon la police, je prends donc l’estimation la plus basse). Une très belle mobilisation, toute en orange, en soutien à la parole des personnes prostituées, et donc pour demander le vote de la loi d’abolition la semaine par l’Assemblée nationale (et ensuite par le Sénat), et d’essayer d’y faire encore apporter des amendements qui l’améliorent (meilleur soutien aux victimes, délit pour les prostitueurs). On continue jusqu’au vote de la loi !

 

Toutes et tous dans la rue pour faire VOTER L’ABOLITION

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RENDEZ VOUS SAMEDI A 14H30 A MONTPARNASSE 

MANIFESTATION CONTRE TOUTES LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
M50

RETROUVONS NOUS POUR FAIRE VOTER LA LOI DE RENFORCEMENT DE LA LUTTE CONTRE LE SYSTEME PROSTITUTIONNEL, 

PREMIER PAS VERS L’ABOLITION 

ELLE A ETE ADOPTÉE EN COMMISSION SPECIALE APRES RENFORCEMENT DES MESURES EN FAVEUR DES PERSONNES PROSTITUÉES

ELLE SERA EXAMINÉE PAR L’ASSEMBLEE NATIONALE LES 27 ET 29 NOVEMBRE PROCHAIN 

POUR DEMANDER SON ADOPTION, REJOIGNEZ NOUS DANS LA RUE CE SAMEDI À MONTPARNASSE

M46

page facebook de l’evenement : https://www.facebook.com/events/1410490659183092/?ref=ts&fref=ts

Page facebook d’Abolition 2012 : https://www.facebook.com/abolition2012?ref=ts&fref=ts

Les derniers articles : http://www.scoop.it/t/abolition2012

Les témoignages #30jourspourlabolition : http://www.scoop.it/t/prostitution-30-jours-30-temoignages

 

Moix et Matzneff dans le bateau Renaudot

colère2Heureusement, il y a des réactions saines, comme celle de cette chroniqueuse société du Plus nouvel obs qui écrit sur le sujet un article remarquable : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/968288-quand-le-prix-renaudot-essai-est-attribue-a-gabriel-matzneff-defenseur-de-la-pedophilie.html

Heureusement, il y a des féministes, et des femmes, pour le dire : donner un Prix littéraire à un homme qui se revendique « pédophile » et promoteur de la pédocriminalité, ce n’est pas « une claque au Robespierrisme » (twitt qui ne fait que se gausser de mots et pas de réalité), c’est une honte. Et un abus de pouvoir du dominant, la société de quelques hommes machistes et misogynes qui veulent conserver leur place. Qui une fois de plus, par l’entregent de quelques privilégiés qui n’ont rien prouvé d’autre que leur capacité à aligner des mots sur une feuille et les faire reconnaître par leurs pairs – et non pas parce qu’ils auraient été des grands courageux dans des guerres ou des défenseurs envers et contre tout des droits humains-, prouvent qu’ils n’ont aucun objectif littéraire ou artistique. Sinon, ils récompenseraient des femmes, ils récompenseraient d’autres qu’eux-mêmes et leurs semblables.
Leur vrai but, c’est de s’assurer la pérennité de leur impunité, qui passe par la propagande de la culture du viol. Et ici, de la culture du viol des enfants*.

Il y a beaucoup à réfléchir sur ce qui a fait qu’un jour, notre société qui voulait s’émanciper d’un carcan moral excessif, s’est mise à promouvoir des relations « libres » entre adultes et enfants, après 1968. Difficile, pour nous nés plus tard, de comprendre ce que pouvait signifier ce « carcan moral ». Mais au moins, on pouvait se dire que c’était une dérive libertaire, et que c’était fini maintenant, parce qu’on avait compris que la liberté n’existe pas sans ses limites. Qu’il ne s’agit pas d’obscurantisme religieux mais de droits de la personne.

Personnellement, ça ne me gêne pas qu’on l’appelle morale, parce qu’il s’agit de respecter l’autre qui n’est pas moi, et tout simplement d’une vigilance en toute circonstance.

Une vigilance : celle de considérer l’autre comme un être humain, une personne. Et que dans mes relations à elle, cette personne, qu’elle soit une femme, un bébé, un enfant, une personne immigrée, en situation de handicap,.. il se peut que, de par la place que j’occupe, je me retrouve devant la possibilité d’en abuser si je ne suis pas vigilantE, parce que tout simplement je peux le faire (ainsi les violeurs et criminels choisissent les victimes les plus faibles possibles (soit par nature -bébés, enfants-, personnes dépendantes, soit parce que l’échelle sociale les définit ainsi- parce que c’est plus facile, ils le peuvent plus facilement). Certains -beaucoup- malheureusement se servent de l’autorité que leur confère un statut (homme, père, patron, célébrité, mère) qui leur permet de se retrouver en situation d’exercer des violences en toute impunité, même si elle ou il a l’air consentant (très facile de donner l’air consentant, on le voit tous les jours devant les tribunaux et avec les personnes prostituées du pseudo-choix). Et que mon rôle d’être humain en société, est de m’assurer que je n’abuse pas de ce pouvoir.

Cette vigilance de tous les instants est du devoir de celui qui exerce l’autorité, le parent, et c’est le plus important dans son rôle avec celui d’aimer et protéger un être en devenir. En premier lieu, c’est donc un devoir du parent, du père, du professionnel (médecin, juge, éducateur). Mais c’est aussi un pouvoir de celui qui est reconnu par la société comme une référence. Etre un écrivain comme Matzneff, privilégié à tous égards, et dire « moi j’adore les jeunes garçons et filles et c’est moralisateur et liberticide de me dire que je n’ai pas le droit de le dire », c’est très exactement un abus de position dominante et une façon de préserver une impunité contraire à tous les principes de nos sociétés : vivre ensemble, c’est défendre non pas MES privilèges (qu’au passage je vais appeler droits pour bien créer de la confusion) mais LE DROIT DE CHAQUE INDIVIDU au respect de son intégrité physique et psychique, et à avoir la possibilité de se développer pour devenir autonome.

Il semble donc qu’aujourd’hui les tenants de ce pouvoir et de cette impunité du viol sur les enfants (et sur les femmes) aient peur : ils ont besoin perpétuellement de s’entre-récompenser, de réaffirmer leur soutien réciproque, et leur volonté de maintenir leurs immondes privilèges criminels, de réaffirmer leur « droit aux putes » comme les 343 salauds, de le crier très fort. Oui, ils ont besoin de maintenir des lois, et une propagande qui les affranchisse de leurs devoirs humains.

C’est insoutenable pour toutes les victimes, enfants, adolescents, femmes, personnes prostituées violées, (et même celles qui revendiquent un pseudo « droit à se prostituer »). J’espère que c’est de plus en plus insoutenable à une plus grande partie de la société.

Au moins l’insoutenable ne reste plus sans réaction. Il y a le travail salutaire des associations féministes, et parmi elles celui de Muriel Salmona avec Le livre noir des violences sexuelles, qui essaient de remettre le monde à l’endroit.

Mais c’est insuffisant, parce qu’il n’est pas encore suffisamment entendu.

Ce que j’aimerais (mais là je rêve, utopiste…), c’est qu’il y eût des voix connues pour dire que c’est inacceptable. Car comme on peut le lire dans l’article du Plus nouvel Obs, c’est tout de même incroyablement paradoxal, que Yann Moix, le même qui s’attire les louanges de toutEs, pour avoir écrit une lettre ouverte à Christiane Taubira victime du racisme de plus en plus explicite de notre société, ait en son temps défendu Polanski, et reçoive le prix Renaudot (Matzneff c’est le prix essais).

Pour montrer que son indignation et sa défense des valeurs humaines n’ont pas les limites des privilèges que s’arrogent des hommes au viol des enfants et des femmes, il devrait à tout le moins refuser ce prix.

Mais ça, ce serait dans un monde à l’endroit…

Sandrine GOLDSCHMIDT

*Bien sûr, ils ne parlent pas de viol, mais de « relations consentantes ». Mais ce mot n’est que le paravent des dominants pour continuer à violer. Cela se voit dans toutes les affaires de viol de femmes adultes où le consentement est à tort invoqué et en général reconnu par les juges. En outre, le consentement n’est pas pertinent pour ce qui concerne les mineurs (de 15 ans), ni même les mineurs de 18 ans avec toute personne ayant autorité.

Copalmes américains sous un rayon de soleil

Avant la pluie, le beau temps du matin. Impressions de novembre. (photos © Sandrine Goldschmidt)

Colloque Violences et soins : « il ne faut pas laisser les victimes survivre seules »

Image 21Pour vous rappeler le colloque de demain « Violence et soins » organisé par l’Association mémoire traumatique et victimologie » et que j’animerai ,

je diffuse cette vidéo tournée par Mariana Colotto lors du colloque pour une Europe libérée de la prostitution début octobre.

Muriel Salmona, Présidente de l’association, psychiatre et psychotraumatologue, y fait une analyse brillante et fondamentale pour comprendre la mémoire traumatique et la nécessite de « ne pas laisser les personnes survivre seules ».

Avoir, et diffuser

Rosen : « Je me suis autodétruite. Si j’avais continué, je serais morte ».

Aujourd’hui, le témoignage de Rosen : « Je me suis autodétruite. SI j’avais continué, je serais morte ».
Aujourd’hui, Rosen se bat avec d’autres pour qu’une loi d’abolition du système prostitueur soit adoptée. Parce qu’elle ne veut pas que la violence continue pour d’autres. Merci à elle.

Abolition du système prostitueur

envoi 19Rosen a longtemps défendu l’idée d’un statut et cru en la nécessité de rouvrir des maisons closes. Aujourd’hui, elle se bat aux côtés du Mouvement du Nid pour la pénalisation des « clients ». Elle raconte son long cheminement et revient sur l’arme de destruction qu’est la prostitution, en particulier sur le plan de la santé.

Retrouvez tous nos témoignages ici et le Tour de France de l’Abolition.

La prostitution, je devais y rester trois semaines, un mois. Au bout de 22 ans, j’y étais toujours. Et toujours avec les mêmes problèmes financiers. Une chose est sûre, on finit rui- née. Ce qui m’a fait plonger, je ne sais pas : une dépression, la peur du porte-monnaie vide… on y entre, on ne se rend pas compte.

Je parle en mon nom mais aussi au nom des jeunes femmes dans les salons et sur les trottoirs. Pendant 22 ans, j’ai vécu des…

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