Moix et Matzneff dans le bateau Renaudot

colère2Heureusement, il y a des réactions saines, comme celle de cette chroniqueuse société du Plus nouvel obs qui écrit sur le sujet un article remarquable : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/968288-quand-le-prix-renaudot-essai-est-attribue-a-gabriel-matzneff-defenseur-de-la-pedophilie.html

Heureusement, il y a des féministes, et des femmes, pour le dire : donner un Prix littéraire à un homme qui se revendique « pédophile » et promoteur de la pédocriminalité, ce n’est pas « une claque au Robespierrisme » (twitt qui ne fait que se gausser de mots et pas de réalité), c’est une honte. Et un abus de pouvoir du dominant, la société de quelques hommes machistes et misogynes qui veulent conserver leur place. Qui une fois de plus, par l’entregent de quelques privilégiés qui n’ont rien prouvé d’autre que leur capacité à aligner des mots sur une feuille et les faire reconnaître par leurs pairs – et non pas parce qu’ils auraient été des grands courageux dans des guerres ou des défenseurs envers et contre tout des droits humains-, prouvent qu’ils n’ont aucun objectif littéraire ou artistique. Sinon, ils récompenseraient des femmes, ils récompenseraient d’autres qu’eux-mêmes et leurs semblables.
Leur vrai but, c’est de s’assurer la pérennité de leur impunité, qui passe par la propagande de la culture du viol. Et ici, de la culture du viol des enfants*.

Il y a beaucoup à réfléchir sur ce qui a fait qu’un jour, notre société qui voulait s’émanciper d’un carcan moral excessif, s’est mise à promouvoir des relations « libres » entre adultes et enfants, après 1968. Difficile, pour nous nés plus tard, de comprendre ce que pouvait signifier ce « carcan moral ». Mais au moins, on pouvait se dire que c’était une dérive libertaire, et que c’était fini maintenant, parce qu’on avait compris que la liberté n’existe pas sans ses limites. Qu’il ne s’agit pas d’obscurantisme religieux mais de droits de la personne.

Personnellement, ça ne me gêne pas qu’on l’appelle morale, parce qu’il s’agit de respecter l’autre qui n’est pas moi, et tout simplement d’une vigilance en toute circonstance.

Une vigilance : celle de considérer l’autre comme un être humain, une personne. Et que dans mes relations à elle, cette personne, qu’elle soit une femme, un bébé, un enfant, une personne immigrée, en situation de handicap,.. il se peut que, de par la place que j’occupe, je me retrouve devant la possibilité d’en abuser si je ne suis pas vigilantE, parce que tout simplement je peux le faire (ainsi les violeurs et criminels choisissent les victimes les plus faibles possibles (soit par nature -bébés, enfants-, personnes dépendantes, soit parce que l’échelle sociale les définit ainsi- parce que c’est plus facile, ils le peuvent plus facilement). Certains -beaucoup- malheureusement se servent de l’autorité que leur confère un statut (homme, père, patron, célébrité, mère) qui leur permet de se retrouver en situation d’exercer des violences en toute impunité, même si elle ou il a l’air consentant (très facile de donner l’air consentant, on le voit tous les jours devant les tribunaux et avec les personnes prostituées du pseudo-choix). Et que mon rôle d’être humain en société, est de m’assurer que je n’abuse pas de ce pouvoir.

Cette vigilance de tous les instants est du devoir de celui qui exerce l’autorité, le parent, et c’est le plus important dans son rôle avec celui d’aimer et protéger un être en devenir. En premier lieu, c’est donc un devoir du parent, du père, du professionnel (médecin, juge, éducateur). Mais c’est aussi un pouvoir de celui qui est reconnu par la société comme une référence. Etre un écrivain comme Matzneff, privilégié à tous égards, et dire « moi j’adore les jeunes garçons et filles et c’est moralisateur et liberticide de me dire que je n’ai pas le droit de le dire », c’est très exactement un abus de position dominante et une façon de préserver une impunité contraire à tous les principes de nos sociétés : vivre ensemble, c’est défendre non pas MES privilèges (qu’au passage je vais appeler droits pour bien créer de la confusion) mais LE DROIT DE CHAQUE INDIVIDU au respect de son intégrité physique et psychique, et à avoir la possibilité de se développer pour devenir autonome.

Il semble donc qu’aujourd’hui les tenants de ce pouvoir et de cette impunité du viol sur les enfants (et sur les femmes) aient peur : ils ont besoin perpétuellement de s’entre-récompenser, de réaffirmer leur soutien réciproque, et leur volonté de maintenir leurs immondes privilèges criminels, de réaffirmer leur « droit aux putes » comme les 343 salauds, de le crier très fort. Oui, ils ont besoin de maintenir des lois, et une propagande qui les affranchisse de leurs devoirs humains.

C’est insoutenable pour toutes les victimes, enfants, adolescents, femmes, personnes prostituées violées, (et même celles qui revendiquent un pseudo « droit à se prostituer »). J’espère que c’est de plus en plus insoutenable à une plus grande partie de la société.

Au moins l’insoutenable ne reste plus sans réaction. Il y a le travail salutaire des associations féministes, et parmi elles celui de Muriel Salmona avec Le livre noir des violences sexuelles, qui essaient de remettre le monde à l’endroit.

Mais c’est insuffisant, parce qu’il n’est pas encore suffisamment entendu.

Ce que j’aimerais (mais là je rêve, utopiste…), c’est qu’il y eût des voix connues pour dire que c’est inacceptable. Car comme on peut le lire dans l’article du Plus nouvel Obs, c’est tout de même incroyablement paradoxal, que Yann Moix, le même qui s’attire les louanges de toutEs, pour avoir écrit une lettre ouverte à Christiane Taubira victime du racisme de plus en plus explicite de notre société, ait en son temps défendu Polanski, et reçoive le prix Renaudot (Matzneff c’est le prix essais).

Pour montrer que son indignation et sa défense des valeurs humaines n’ont pas les limites des privilèges que s’arrogent des hommes au viol des enfants et des femmes, il devrait à tout le moins refuser ce prix.

Mais ça, ce serait dans un monde à l’endroit…

Sandrine GOLDSCHMIDT

*Bien sûr, ils ne parlent pas de viol, mais de « relations consentantes ». Mais ce mot n’est que le paravent des dominants pour continuer à violer. Cela se voit dans toutes les affaires de viol de femmes adultes où le consentement est à tort invoqué et en général reconnu par les juges. En outre, le consentement n’est pas pertinent pour ce qui concerne les mineurs (de 15 ans), ni même les mineurs de 18 ans avec toute personne ayant autorité.

5 thoughts on “Moix et Matzneff dans le bateau Renaudot”

  1. Merci Sandrine, c’est vraiment un soulagement (partiel…) de lire ton texte qui remet les choses à leur place, et les violeurs ou leurs complices face à leurs responsabilités ET leurs peurs.

  2. C’est toujours une grande interrogation pour moi ce mythe de carcan bourgeois sexuel pre-68 . L’adultère, l’inceste, la pédophilie, le viol (sur les membres des classes inferieures) etaient très largement tolérés voire sujet de vantardise pour les hommes s’entend. Seule l’homosexualité était vraiment reprouvee, enfin la sodomie entre adulte, car cela sous-entendait qu’un homme faisait ‘la femme’ ignominie evidemment de descendre aussi bas.
    Le pire c’est ces hommes blancs parisiens de 50 ans de l’elite s’auto-elisant qui tiennent les médias ont l’air vraiment convaincu d’être des rebelles.

  3. Bonjour, pourquoi ne pas envoyer une lettre ouverte à la première Dame de France afin de dénoncer publiquement une telle ignominie,, puisque SA cause nationale est l’enfance maltraitée:la pédophilie et la pédocriminalité sont de graves maltraitances!!!

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