Changer de fesses comme de chemise ?

changezdefessesC’est le printemps, l’humeur est légère, les corps vont bientôt se dévoiler, ne serait-il pas temps de changer de fesses ?

Oui, vous avez bien lu, voici ce qu’on m’a proposé sur mon pare-brise ! Un joli effet de la marchandisation croissante des êtres humains directement destiné à tendre une perche à mes mains qui cherchent des sujets pour se balader sur le tableau de bord de ce blog… Un petit prospectus qui en dit long sur les effets du formatage de nos esprits ! Je n’en dirai guère plus pour ne pas alourdir le propos : l’image parle d’elle-même pour renforcer la pertinence de l’analyse de Kajsa Ekis Ekman, auteur de « L’être et la marchandise », qui montre comment, à partir de la célèbre formule : « mon corps m’appartient », récupérée par ceux qui veulent tirer profit des êtres humains et les pro-prostitution : on en vient à faire de notre corps un ensemble de morceaux qui seraient nos biens à vendre. Mon corps ne serait pas moi mais « à moi », donc un bien, et comme tous les biens, je pourrais les vendre, louer, etc.

Changez de fesses, donc, comme on change de chemise ? Hop, celles-ci ne me plaisent pas, j’en prends d’autres. Et puis, comme pour la mode, si j’en changeais tous les ans ?

L’image, évidemment, montre des fesses, mais pas comme partie à part entière tout à fait constitutive d’un être humain, mais comme un morceau qui s’échange : évidemment, montrer la tête de la femme était exclu…

Enfin, une petite phrase qui en dit long : changez de fesses oui mais surtout, « avant qu’elles ne vous trahissent« . Les fesses, chacun sait, c’est un peu comme les pneus de voiture…il faut en changer régulièrement sinon elles, ces objets qui n’ont rien à voir avec vous, risquent de « nous trahir » et d’éclater, ou peut-être de se dégonfler, qui sait ? Que se passe-t-il alors ? On n’a plus de train arrière ? On ne peut plus s’asseoir ? Ah non, peut-être qu’on risque de ne plus avoir de « fesses acceptables » (baisables), c’est ça (comme si on a des poils, ou des vulves imparfaites, ou des peaux sans fard) !!?

J’en ai presque oublié de regarder comment on voulait me faire changer de fesses : il semblerait qu’il s’agisse de pédaler dans l’eau en cabine privée !

Moi, je vais plutôt garder mes fesses, et continuer à me sentir comme un poisson sans bicyclette…

S.G

 

 

4 thoughts on “Changer de fesses comme de chemise ?”

  1. Je rappelle la belle réplique de Sylviane Agacinsky à qui un journaliste demandait, devant son opposition à la GPA : « alors vous niez aux femmes le droit d’être propriétaire de leur corps « ? Réponse : « mais bien sûr qu’on n’est pas propriétaire de son corps, on EST son corps ».

  2. Hé oui, à l’heure du capitalisme triomphant, le corps est devenu un Capital lui aussi capital, il faut savoir rester sur le marché. Les femmes (certains hommes aussi) sont en rivalité pour des canons esthétiques plus que discutables; il faut se faire une bouche de poisson, une peau tirée à ne plus pouvoir fermer un oeil,un cul de poule, des seins en obus, des sexes bien remontés, etc….S’aliéner soi-même à ce stade manque singulièrement de dignité mais le monde du travail est sans pitié, il faut faire appel à des relookers pour passer des entretiens, il faut avoir un corps désirable pour espérer être aimé-e.
    Le progrès de la médecine esthétique fait tellement rage et profit que l’on finit par se demander si l’on a encore le droit de croire que l’on est plus enviable que celles qui se font remettre un hymen pour retrouver une virginité perdue….

  3. C’est d’ailleurs plutôt en changeant ses fesses, par un excès de sport ou de la chirurgie dite « esthétique » que l’on risque de ne plus avoir un arrière-train acceptable c’est-à-dire simplement fait pour être s’assoir avec confort !

  4. Le plus souvent la publicité me soulève l’estomac par son manque de respect des humains et le modèle de civilisation qu’elle instille est nuisible. Vous avez raison de brocarder celle que vous avez affichée et bien d’autres. Toutefois, vous vous égarez un peu en ajoutant « évidemment, montrer la tête de la femme était exclu… » comme si le fait de ne pas montrer la tête du mannequin signifiait que pour le/la publicitaire la tête des femmes ne comptait pas.

    Vous savez bien que cette image dirige le regard vers les fesses parce que l’objet cette publicité les concerne. La tête n’a rien à y faire, pas plus que les pieds ou le ventre. Pour promouvoir les maquillages, coiffures, opérations esthétiques du visage etc. on montre la tête – en général sans le reste du corps – mais cela n’empêche pas les publicitaires de prendre les femmes pour des « cruches » – j’emprunte l’expression à « http://aufemininpointconne.fr/qui-sommes-je-pourquoi-ce-site : « La Fâme, dans la presse féminine, est prise pour une cruche et tenue en laisse, conditionnée, assignée, cadrée, dans le but d’enrichir des entreprises de presse à la solde de la pub, et donc du capitalisme, et donc du patriarcat. »

    Je me suis amusé à écrire dans « Google » l’expression « image femme »: il n’y a presque que des visages. Finalement, les hommes s’intéresseraient-ils le plus à la tête de femmes qu’au reste de leur corps? (Elles sont toutes ou presque jeunes et belles, « bien sûr » – mais ce serait un débat avec les programmeurs de ce moteur de recherche.)

    La publicité, la photographie, le cinéma, la peinture et la sculpture auraient du mal à exister s’ils devaient toujours montrer les humains de la tête aux pieds.

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