IVG : images de manif’

IMG_6478Jusqu’à 40.000 personnes ont défilé dans toute la France en soutien aux Espagnoles, entre 15 et 30.000 à Paris, c’est rare de voir autant de monde (et autant de monde qu’on ne connaît pas) dans une manif féministe à Paris, et il paraît qu’à Madrid et dans toute l’Espagne la mobilisation a été à la hauteur.

Partout donc, les femmes sont prêtes à retourner dans la rue s’il le faut pour défendre ce droit acquis mais qui -comme tout droit des femmes- disait Beauvoir, risque d’être remis en cause. Voici quelques photos de la manifestation, il faisait beau, c’était beau, Paris, alors j’en ai fait pas mal

 

Plus jamais un secret : « Nunca mas », manifestons le 1er février

J’ai décidé de me prendre pour le PR (clin d’oeil) et vous parler à la première personne de ce sujet qui concerne toutes les femmes. Et pas les hommes. Le désir d’enfants les concerne, mais le fait d’avoir pendant 9 mois à peu près à mener à terme une grossesse, avec des risques pour leur santé, relève du droit des femmes à disposer d’elles-mêmes.

Ainsi, l’avortement. Je ne me rappelle plus quand j’ai appris que cela existait. Mais c’était forcément nettement après 1975, au début des années 1980, pourtant cela me fut présenté comme une évidence. L’embryon n’était pas un enfant, et c’était le droit d’une de choisir si une femme voulait mener à bien une grossesse, si elle se sentait les conditions psychologiques (désir) et matérielles (emploi, partenaire ou pas) pour le faire. Je n’avais aucune idée que quelques années auparavant seulement, des femmes mouraient tous les ans d’avortements clandestins, parce qu’avoir un enfant -souvent de plus- c’était trop et suffisamment intolérable pour courir le double risque de mourir et d’aller en prison.

Aujourd’hui, nous faisons partie des pays qui ont une législation progressiste en la matière, qui rembourse l’IVG, qui ne lie plus l’acte à une notion de détresse (depuis la semaine dernière) mais qui se sent toutefois menacé par les conditions économiques de son exercice (problème de l’hôpital public) et le contexte européen.

Nous nous battons donc pour soutenir les Espagnoles (manifestation à Paris départ 14h samedi place Joffre, et dans toute la France également), et pour dire que nous ne nous laisserons pas faire ici. Je me dis aussi que si on veut toucher les femmes plus largement, il nous faut continuer à expliquer pourquoi, pourquoi l’avortement libre et gratuit est un juste combat, pourquoi ça n’est pas ce que disent nos adversaires. Il est nécessaire d’expliquer aux jeunes d’aujourd’hui ce qui a mené à cet acquis fondamental. Pour une simple raison : des adolescentes et des adolescents qui découvrent ce dont il s’agit sont encore dans l’interrogation sur leur venue au monde et pensent encore beaucoup – c’est normal- au travers d’eux-mêmes. Et leur dire d’un coup, « l’avortement c’est bien et c’est comme ça », sans expliquer, c’est aussi leur dire à ce moment là : « si j’avais voulu, j’aurais pu avorter de toi » et provoque chez lui une grande angoisse. C’est absurde, puisque l’enfant est là. Mais c’est une réalité et réaction compréhensible et qui à mon avis explique que certainEs croient ceux qui accusent les pro-choix d’être des assassinEs (voir le très bon documentaire de Stacey Benoît que nous avons passé à Femmes en résistance, « une question de choix »).

Il nous faut donc encore, toujours et plus expliquer, être dans l’argumentation. Il me semble que nous passons trop de temps à traiter nos adversaires de fachos et de débiles plutôt qu’à expliquer ce que nous entendons par « le droit des femmes à disposer de leur corps », ou ce que veut dire être « pro-choix », c’est-à-dire d’avoir le choix de mener à bien ou non une grossesse. Qu’il ne s’agit pas d’interrompre une vie, mais de s’assurer que si un enfant vient au monde, c’est dans la condition minimum qu’avoir dû le porter + devoir ensuite l’élever n’est pas contraire à la volonté de la femme qui le porte. C’est dire qu’un embryon de quelques semaines n’est pas une personne, c’est juste un futur, comme l’est chaque ovule fécondable, chaque mois, qui n’est pas utilisé. Et la contraception ne suffit pas : énormément de femmes qui avortent aujourd’hui (sur les 200.000 avortements annuels) utilisaient une méthode de contraception qui n’a pas marché. C’est expliquer que l’IVG, comme la contraception, fait partie d’une liberté pour les femmes de maîtriser leur destin. Elles ont désormais droit d’avoir une sexualité sans (ou presque) risque de grossesse. Elles peuvent donc avoir une sexualité libre(1) et en même temps de ne pas avoir à en « payer » les conséquences. Elles peuvent désormais avoir un enfant parce qu’elles l’ont choisi et désiré.

C’est donc aussi la possibilité de commencer de remettre le monde à l’endroit : rendre possible que l’enfant à naître, celui qui est désormais une personne dès lors qu’il est séparé de la mère, soit élevé par choix.

Disons encore qu’être « pro-vie » n’a pas de sens, et que favoriser aux femmes d’avoir le choix, c’est donner aux enfants à naître un meilleur avenir, en donnant la liberté à leurs mères.

Disons enfin que l’obsession des hommes à maîtriser la reproduction en décidant à la place des femmes est un pilier patriarcal : appropriation domestique (devoir conjugal et chantage au « bien-être matériel », viol systémique, refus de prendre la responsabilité du contrôle des naissances (les hommes qui essaient à tout prix d’éviter le préservatif + refusent la vasectomie + ne font rien pour développer la contraception masculine -celle ci ne pouvant remplacer la contraception féminine mais pouvant renforcer leur choix à eux, ce qui ne semble pas les effleurer, puisque de toutes façons ils ont ensuite la liberté de reconnaître -ou pas- l’enfant). Les hommes ont donc peur que la reproduction -et les femmes- leur échappent. Pour autant, avec l’IVG, ils ne sont pas « brimés ». Si c’est la femme et la femme seule qui peut décider si elle avorte, c’est parce qu’il s’agit là non pas d’un enfant né d’un désir commun d’enfant, mais d’un embryon qui est logé dans l’utérus de la femme.

De nombreux films sont également des supports intéressants pour comprendre comment le monde a changé après 1975.
Citons « histoires d’A » de Charles Belmont et Marielle Issartel, (cf affiche- qui a été censuré et interdit pendant de nombreuses années par le ministère des Affaires culturelles et a eu une importance fondamentale dans la lutte.

Citons « Histoire d’un secret » (B.A ci-dessus), de Mariana Otero, qui raconte comment elle a appris à 30 ans que sa mère était morte des suites d’un avortement clandestin et est un films magnifique.

S.G

(1) évidemment, si vous lisez ce blog, vous savez que pour moi une sexualité « libre » est une sexualité sans contrainte. Ni la contrainte de la reproduction, ni la contrainte de la violence, ni celle de l’argent. Ainsi, si je ne dis pas « disposer de son corps », c’est parce que « mon corps c’est moi », et que les êtres humains ne se vendent pas.

A ce propos, une deuxième remarque : j’apprécie énormément l’affiche du film Histoires d’A. Elles montre des femmes, enceintes ou pas. Elles montre des femmes avec une tête. Certaines montrent aussi leur ventre, mais on voit surtout des têtes de femmes Or, aujourd’hui, sur 90% des affiches qui parlent de droit à l’avortement ou de grossesse, on voit des ventres, arrondis ou pas. Et c’est déjà une façon de dissocier les femmes. Il ne s’agit pas de défendre nos ventres, mais nous, des femmes, vivantes. Et c’est avec notre tête que nous décidons, pensons, et ressentons…des femmes sans tête, ce sont des mortes…

 

Soutenons le droit à l’avortement ! Rendez-vous le 1er février

abortoLes députéEs de l’Assemblée nationale sont en train d’examiner le projet de loi du gouvernement sur l’égalité femmes-hommes.
Pour avoir une vision féministe critique de ce projet (elles l’ont examiné de plus près que moi), voici le communiqué de presse du Cndf (Collectif national droit des femmes) : Une égalité femme-homme encore inachevée.

Il précise les mesures prises et leurs limites. Les deux points phares dont il a été beaucoup question ces temps-ci concernent d’abord le congé parental, censé être incitatif pour les pères, avec pour objectif de passer de 18.000 pères qui le prennent aujourd’hui (pour 520.000 mères) à 100.000 en 2017. Il est de fait un peu réduit : à 6 mois pour un premier enfant, sauf si le deuxième parent le prend, auquel cas il passe à 1 an. Et à 2 ans et demie à partir du deuxième enfant, et 6 mois de plus si le deuxième parent le prend. Reste à savoir si la faiblesse de la compensation financière ne fera pas encore et toujours pencher la balance pour choisir de perdre 6 mois de congé plutôt que de perdre trop d’argent, en sachant que dans 80% des cas c’est le père qui gagne plus que la mère (voir le très bon article des « Nouvelles news »).

L’autre mesure qui a fait parler d’elle, c’est la question du renforcement du droit à l’IVG. Dans un contexte européen de recul, avec la loi espagnole contre laquelle les femmes sont en train de lutter (voir plus bas), l’amendement qui supprime la notion de « détresse » dans le droit à l’avortement est bienvenu. En effet, on remplace par une notion neutre : le texte prévoit qu’une femme puisse demander une IVG si elle « ne veut pas poursuivre une grossesse » et non plus parce que « son état (la) place dans une situation de détresse », ce qui était le cas dans la loi Veil de 1975.

Par ailleurs, l’amendement déposé par des députés de droite demandant le déremboursement de l’IVG a été massivement rejeté.DSCF4044

Deux jours après la traditionnelle « marche pour la vie » , je rappelle que l’appellation est trompeuse. Il ne s’agit pas de leur part de défendre la vie mais le contrôle par les hommes de la reproduction, et une forme de haine de la liberté des femmes. Défendre la vie étant beaucoup plus important lorsqu’un enfant est né (lutter contre les violences qu’il subit, mettre en place une société qui lui offre la possibilité de grandir et devenir autonome de la meilleure des façons) et lorsqu’il devient ensuite une femme. J’en parlais ici en expliquant combien la notion de « pro-vie » est rhétoriquement perverse et trompeuse : Moi, je ne suis pas pro-vie.

Nous, qui défendons le droit à l’avortement libre et gratuit, sommes pro-choix.

C’est aussi une inspiration qui ne doit pas nous empêcher de voir les risques d’attaques contre le droit à l’avortement qui se multiplient à l’échelle européenne, d’où la nécessité de se mobiliser massivement le 1er février à Paris, en soutien aux Espagnoles qui organisent un grand rassemblement à Madrid.

Samedi 1er février, jour crucial pour venir dire que nous ne lâcherons rien de nos droits !

C’est le 1er février à 14h00 place Joffre : vous pouvez vous inscrire à l’événement Facebook ici : https://www.facebook.com/events/463766723728171/

Un nouveau look et cap sur le 1er février

Je crois bien que cela fait deux ans que je n’avais pas changé le « look » d’ A dire d’elles.
Alors, pour lutter contre la morosité, la nouveauté c’est pas mal ! Et surtout, avec ce thème, j’aime bien comme les catégories sont présentées dans la colonne de droite. Ce sera plus facile pour retrouver des articles, normalement. Il y a aussi un calendrier mensuel qui peut aider.

J’en profite pour annoncer un événement à noter dans vos agendas : le 1er février sera organisée à Paris une manifestation de soutien aux Espagnoles dans la lutte pour l’avortement libre et gratuite, en même temps qu’une grande mobilisation aura lieu en Espagne. J’en reparlerai plus longuement.

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Evénements : féminisme, droits LGBT, économie, cinéma et Tenon(s) bon !

Hier avait lieu le colloque des Nouvelles news : « le deuxième sexe de l’économie », dont le site pour lequel je travaille, cnikelenquête, était partenaire. Partenaire, parce que dans les services à la personne, l’enjeu de genre est crucial. Et que pour viser l’égalité, il faut s’attaquer certes, à rendre possible aux femmes d’être aux commandes, mais aussi faire cesser leur précarité croissante, dans des conditions de travail qui constituent une nouvelle domesticité, dans les services à la personne et quelques autres secteurs : http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/au-coeur-du-business/le-sexe-de-l-economie
Autour de 3 tables rondes, richesses au féminin, richesses au masculin, la question de l’égalité et l’accès aux postes de directions dans les entreprises et des progrès à faire en politique, à peu près tous les sujets ont été abordés par des intervenant-e-s et des animatrices de grande qualité. J’ai particulièrement apprécié l’intervention vraiment féminsite de l’écrivain Vincent Cespedes, celle d’Armelle Carminati, fondatrice du réseau de femmes cadres d’Accenture, de Patricia Delon, de Grandes écoles au féminin, de Karine Berger, co-auteure de « les 30 glorieuses sont devant nous », qui a expliqué comment, alors qu’elle se présente aux législatives avec une femme pour suppléante, tout le monde lui demande, systématiquement, comment elle a bien pu former un ticket avec une autre femme. Alors qu’en face, il n’y a que des tickets homme-homme, et cela ne dérange personne.
Olga Trostiansky, adjointe à la mairie de Paris, a pour sa part fait l’éloge d’une loi sur la parité plus contraignante  telle que la propose le laboratoire de l’égalité dont elle est fondatrice : elle réclame de suspendre le financement des partis qui ne présenteraient pas 50% de candidates aux élections.

En effet, la loi actuelle n’a permis que d’avoir 18% de femmes à l’Assemblée nationale. Et elle estime qu’on ne dépassera pas les 25% dans la prochaine assemblée.

Enfin, il y a eu l’intervention d’Elue opposition. Dans la ville où elle a un mandat de conseillère municipale sans étiquette, elle met en évidence la difficulté des femmes à prendre la parole. Alors qu’il y a parité, le temps moyen de parole des femmes au conseil municipal hors interventions du maire et lecture des délibérations, est le plus souvent à 10%. Un jour qu’elle n’était pas là, il fut même de 1,5%…et elle, en communiquant, à chaque conseil sur ces chiffres effarants, fait peu à peu évoluer les choses. Elle a même obtenu qu’après un an de délibération, et avec l’aide des réseaux internet, que la loi soit appliquée pour les élu-e-s sans indemnité : que les frais de garde pour réunions politique le soir puissent être remboursés.

Car comment évoluer vers une économie et un pouvoir moins détenus par les hommes, si les femmes, dès lors qu’elles sont mères, doivent en plus assumer le coût financier de leur engagement citoyen, que ce soit en politique ou dans les milieux militants, même féministes…

En résumé, c’était un colloque de haute tenue, et je vous conseille de vous procurer le numéro spécial papier sorti à cette occasion, dans lequel il y a deux pages sur les services à la personne, écrits par Cnikel…

Pour finir, trois événements à suivre ce week-end : demain, la poursuite de la mobilisation contre les intégristes qui tentent de nier le droit à l’avortement à Tenon et qui ont récemment été soutenus par les forces de l’ordre, selon le collectif de soutien au centre IVG : à lire ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/leon-et-paulette/280312/droit-l-avortement-le-31-mars-tenon-bon

L’interpellation des politiques avec le meeting d’interpellation des candidat-e-s aux Folies Bergère demain à 18h, et le site dédié : http://www.egalitelgbt2012.fr/

Enfin, le rendez-vous annuel du cinéma des femmes à Créteil avec le Festival international de films de femmes qui commence ce soir et se terminera le 8 avril à la maison des arts de Créteil. C’est déjà la 8ème édition. Tout le programme à découvrir ici : http://www.filmsdefemmes.com/

Attaque contre les centres IVG, attentat contre l’Ancic, agressions et menaces : vigilance et solidarité !!

Cela fait un moment qu’on sent la réaction s’organiser. D’un côté, le backlash médiatique, où certains qui confondent tout provoquent l’hilarité (mais font de la diffamation) en affirmant -entre autres- que vouloir l’abolition de la prostitution -le plus vieux métier du monde, nous chante-t-on sans cesse-, ce serait réactionnaire.

Le problème, c’est que certains y croient.
Mais il y a pire. Il y a un phénomène mondialement réactionnaire de menace sur la liberté des femmes à disposer de leur corps. Avec une nouvelle vague d’attaque anti-IVG.

A lire ici sur les nouvelles news : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/1764-etats-unis-pas-de-treve-dans-la-guerre-a-la-contraception

http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/elections-2012/1757-ivg-les-mots-et-les-non-dits-de-la-campagne

Les faits convergents sont inquiétants : samedi, les CRS semblent favoriser -c’est ce que rapportent les militantes- les menaces des anti-IVG sur le centre de Tenon.

Alors que par sa réforme de l’hôpital public, l’Etat censément pour l’IVG favorise la fermeture des centres. Et renvoie de nombreuses femmes à la difficulté d’avoir le droit de choisir si elles veulent ou non mettre au monde ce qui n’est qu’un embryon et pas encore un être humain,

on apprend mercredi que le siège de l’Ancic a été l’objet d’un attentat dans la nuit du 10 au 11 février dernier. Une explosion a provoqué un début d’incendie. Heureusement, l’occupante de l’appartement, ancienne militante de l’Ancic, n’a été que légèrement intoxiquée par les fumées. Le lieu était toujours le siège social de l’association, c’est pour cela qu’il a été visé. C’était dans la nuit précédent une manifestation anti IVG devant l’hôpital Tenon.
Il n’y a eu aucune revendication pour l’instant; Mais si l’association n’a pas communiqué les faits plus tôt, c’est parce qu’elle n’en a pas été informée tout de suite. Et parce que l’enquête n’avance pas

Alors, il y a lieu de s’inquiéter. Pour le droit à l’avortement, acquis de haute lutte féministe il y a 40 ans.
Et pour celles et ceux qui militent en sa faveur. Il nous faut être vigilant-e-s, exiger de l’Etat qu’il prenne ses responsabilités, et exprimer notre solidarité envers l’Ancic et toutes les personnes attaquées actuellement dans le milieu féministe.

 La Cadac publie un communiqué de soutien (voir ci-dessous).
L’unité et la soidarité dans les milieux féministes sont plus que jamais nécessaires !
Communiqué de presse Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception,  15 mars 2012

 La Cadac dénonce l’attaque contre le siège social de l’Association Nationale des Centres d’Interruption de Grossesse et de Contraception (ANCIC). Il s’agit d’une agression contre le droit à l’avortement, contre les droits des femmes, c’est inadmissible.

La Cadac apporte tout son soutien à l’ANCIC et restera vigilante  sur l’enquête et les suites judiciaires concernant une affaire très grave pour notre démocratie.

« tuent-la-vie » des femmes, la rage de vivre ne nous quittera pas de si tôt !

Parmi les 10 exigences des féministes en mouvements, dans leur lettre ouverte aux candidat-e-s à la présidentielle, il y a le remboursement total de L’IVG, l’interruption volontaire de grossesse, et son accès pour toutes, avec l’ouverture de nouvelles places.

Et parfois, encore aujourd’hui, on ne prend pas la mesure du combat qui a été gagné dans les années 1970 par les féministes. On s’en rend mieux compte quand on voit le chef d’oeuvre de Mariana Otero, « Histoire d’un secret ». Ou comment la pénalisation de l’avortement a provoqué la mort de centaines de femmes, a privé de mère des milliers d’enfants, empêché des artistes -des femmes, tout simplement de s’épanouir et de vivre leur vie d’êtres humains, au nom du très spécieux « droit à la vie d’un embryon ».

On s’en rend mieux compte quand on comprend que ce que vivent les femmes ici, c’est ce qui se passe, et se passait en France il y a un peu plus de 40 ans, quand l’avortement n’était pas justement encadré par la loi : la peur au ventre, au sens propre, d’être enceinte, d’être violée, d’être en vie. C’est le sort que tous les anti-vie-des-femmes voudraient nous réserver.

Pis, signe du mépris qu’ils et elles ont en vérité pour la vie, pour nos vies, cette manipulation des anti-liberté des femmes en Allemagne : 300 euros donnés par une caisse d’assurance maladie (en dépit de la loi), pour renoncer – à vie- à l’ivg. 300 euros pour s’occuper d’un enfant toute une vie, un enfant non désiré -qui pourra ressentir que pour une aumône minable, on a choisi de l’imposer dans ce monde ? En outre, évidemment, ces 300 euros sont donnés en échange d’une adhésion à une association pro-vie partenaire.

Alors vous le savez, moi je ne suis pas « pro-vie », je suis pour que tous les êtres humains en vie puissent avoir la chance de mener leur vie comme ils ou elles l’entendent et d’avoir une place dans notre société. Je suis pour que toutes les femmes puissent enfin être débarrassées de la peur qui en vrai les empêche de vivre. Nous continuerons à le clamer : la rage de vivre ne nous quittera pas de si tôt, nous ne vous la donnerons pas pour 300 euros ni pour 3 millions !

Sandrine GOLDSCHMIDT