Interdire la fessée, oui, mais pas que !

annéeslumièresJe suis bien sûr pour l’interdiction beaucoup plus claire de tous les châtiments corporels envers les enfants. Et la condamnation de la France par le Conseil de l’Europe est en ce sens une évidence. Le respect de l’intégrité physique de l’enfant doit être un droit fondamental. Je pourrais argumenter sur la question pendant des heures, le problème, c’est que cela empêcherait d’aborder un sujet sous-jacent dont on ne parle pas : l’éducation bienveillante. Car oui, interdire les châtiments corporels c’est juste normal, mais il faut révolutionner l’éducation parentale pour la rendre bienveillante. Et là encore, on est très loin du compte.

1/ Retournement de culpabilité et menaces

En observant régulièrement les parents avec leurs enfants, je n’ai pas souvent vu un parent taper son enfant (cela se passe probablement à l’abri des regards). En revanche, combien de fois l’ai-je entendu menacer son enfant, souvent simplement parce qu’il avait ouvert la bouche ? Exemple : un enfant appelle 6 fois de suite sa mère, qui ne réagit pas. L’appel devient plus pressant. Et alors : « oh mais tu vas te taire à la fin » ? L’enfant se met alors à pleurer, de plus en plus fort. « Mais tu vas arrêter de pleurer ou je t’en colle une » ? Ca, je l’ai entendu en vrai de multiples fois. Pourquoi l’enfant pleure-t-il à ce moment là ? Parce qu’il ne peut rien comprendre : il n’a rien fait d’autre que  tenter de s’exprimer.

Admettons que le parent en reste au stade de la menace. Il n’a donc pas infligé de violence physique, et ne sera sanctionné ni contredit par personne. En revanche, la violence psychologique et ses conséquences sont là. Il a en effet énoncé un interdit : celui d’être, d’exister, de s’exprimer (vive la liberté d’expression !). Il a ensuite menacé de violences, et terrorisé l’enfant.

En effet il lui a d’abord été dit qu’il n’a que le droit que de se taire. Ne pas se taire est un acte qui a autorisé de la part de son parent la menace d’un châtiment corporel (je vous laisse à nouveau faire le parallèle avec Charlie Hebdo et la liberté d’expression). Donc même si l’enfant n’a pas été frappé, l’effet est extrêmement délétère : il est terrorisé, ne comprend rien, et va donc continuer à pleurer, hurler, ou faire quelque chose qui cette fois sera violent, ou hors-cadre, pour justifier la menace reçue.

Quand ce n’est pas le simple fait qu’un enfant se permette d’exister en s’exprimant en dehors de l’autorisation du parent qui pose problème, que se passe-t-il ? Il est fort possible que le parent n’était pas disponible pour répondre à l’enfant au moment de sa première intervention pour x ou y raison. Cela peut arriver. Mais le problème, c’est que ce qui gêne le parent à ce moment là n’a en général rien à voir avec l’enfant. Pour une raison qui vient probablement de siècles d’éducation « à l’envers », et du principe de domination (je subis quelque chose donc je le fais subir à plus faible), ce qui contrarie l’adulte se retourne contre l’enfant qui est là et s’exprime et est alors jugé comme responsable du malaise.

S’avouer faillible

Je pense que tout parent s’est déjà retrouvé dans cette « injuste posture ». Seulement au lieu de poursuivre l’injustice en sanctionnant l’enfant pour notre fatigue, notre énervement parce que notre conjoint-e, patron-ne nous a mal parlé (ou pire), parce qu’on a passé 3 heures dans le RER et qu’on est épuisé, parce qu’on a des soucis, peut-être graves, nous avons alors une autre possibilité. Nous, adultes, avons le choix.  Celui de nous dire que la personne en face de nous n’est pas notre prolongement, notre chose, notre souffre-douleur, mais est bien une personne. Nous pouvons alors, si nous avons déjà manifesté notre énervement, faire un pas de côté et revenir en arrière. Nous pouvons dire, par exemple :  « Bon là je suis fatiguée, attends que je sois plus calme, je n’arrive pas à répondre, je suis désolée de m’être énervée, etc ». Si je ne suis pas en état d’être à ce moment-là « le parent qu’il faut » alors pas la peine de prétendre autre chose et de faire porter la faute à l’enfant.

S’avouer faillible, quel soulagement ! Car en faisant cela, non seulement on fait baisser la tension, on rend de la cohérence à l’enfant, on lui permet de se sentir bien, et d’avoir une place en tant qu’individu. Et il va certainement finir par écouter et donner le temps au parent de revenir dans son rôle.  Au lieu de quoi, si on veut rester « le parent en position de maître infaillible et dominant », on n’a d’autre choix que de faire de l’enfant le déversoir de ses frustrations (ce qui est un des mécanismes de base de tous les systèmes de domination, les enfants étant tout en bas de l’échelle), de reporter sur lui toute culpabilité, et donc de s’assurer la répétition du problème.

2/ La dévalorisation systématique de l’enfant

CSUne autre caractéristique qui saute aux oreilles dès lors qu’on aborde l’éducation sur le mode bienveillant, c’est le plaisir que semblent prendre de nombreux parents à dévaloriser leurs enfants. « T’es moche », « t’es nul-le », tu n’est même pas capable de…t’es une fille, tu n’y arriveras pas.. t’as encore cassé quelque chose ? « Qu’elle est maladroite » ! Alors le Français ça va mais les maths, faut rien lui demander !  « C’est fou, tu ne peux pas boire sans en renverser » ? Tu peux pas lever ton c… de ta chaise ?

Ca vous viendrait à l’idée, dans un contexte non-violent, de dire des choses pareilles à un-e ami-e ? Vous imaginez l’effet de s’entendre dire en permanence qu’on ne vaut rien ? Pas besoin de coups là pour être dans la maltraitance…Des milliers d’enfants entendent cela tous les jours. Souvent parce que leurs parents ont entendu ces choses avant eux. Mais n’est-ce pas justement une raison de faire autrement ?

Perpétuer la domination

Il est donc évident que toute forme de violence physique doit être interdite à l’encontre des enfants, comme à l’encontre de qui que ce soit. Il n’y a pas de « violence éducative » qui tienne. On peut très bien donner des repères aux enfants, ne pas les laisser tout faire tout en les laissant s’exprimer et avoir un espace sécurisé, sans peur, et un espace où ils peuvent développer leur estime de soi. Cela demande juste un peu plus de remise en cause, un peu de bienveillance, et un petit effort. Mais cela sera d’autant plus facile que les choses seront dites et encouragée par le reste de la société.  Promouvoir la bienveillance dans l’éducation, en plus d’interdire les violences physiques et morales et de lutter vraiment contre les violences sexuelles envers les enfants et leur déni, c’est un continuum. C’est crucial, pas seulement par simple humanité, mais aussi parce que si on ne le fait pas, on pourra toujours interdire les violences faites aux femmes, en laissant se perpétuer la domination sur les enfants, jusque dans les petits mots de tous les jours, on continuera à construire un monde à l’envers…

Il y a fort à parier que le discours présenté ici mettra encore des années-lumières à être entendu, sera contesté, raillé, mais il faut commencer à le dire, si on veut qu’un jour les années d’enfance puissent être des années lumières !

Sandrine GOLDSCHMIDT

 

Sur l’interdiction de la fessée : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/02/la-france-condamnee-pour-ne-pas-avoir-interdit-gifles-et-fessees_4585986_3224.html

Sur les violences sexuelles sur les mineurs : http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/03/02/les-violences-sexuelles-touchent-en-majorite-les-enfants_4585599_3224.html

 

Publicités

Un enfant n’est jamais consentant

pdjpdpx.pngAujourd’hui, le Collectif féministe contre le viol a lancé une campagne importante pour la lutte contre l’impunité de l’inceste, en insistant sur ses ravages et sur les insuffisances de la loi.

Avec des arguments percutants :

-un enfant n’est jamais consentant

-Le viol par inceste est toujours (au sens de dans tous les cas) un crime 

-Il faut donc que la loi soit changée et ne prenne plus en compte la définition traditionnelle du viol qui affirme que le viol est un acte de pénétration « par force, surprise, menace, contrainte ». Il faut que ces 4 notions n’entrent pas en compte. Que tout simplement, toujours, le viol par inceste soit un crime.

En ce qui concerne ce dernier point, une petite explication du pourquoi oui, c’est indispensable, et devrait d’ailleurs à mon avis être étendu plus largement à tous les viols sur mineurEs, me semble nécessaire.

1/ Que dit la loi ?

En ce qui concerne les mineurEs, le code pénal ne définit la majorité sexuelle que dans un article sur l’atteinte sexuelle (227-3)et de la façon suivante :

« Le fait, par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de quinze ans est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende

Et rien de plus. Il n’y a pas de définition du viol sur mineur. On pourrait donc, s’il n’y avait QUE cet article, conclure qu’un viol sur enfant serait puni comme une atteinte sexuelle, donc de 5 ans d’emprisonnement…

Heureusement, cela n’est -en théorie- pas tout à fait comme cela que ça se passe : car il existe un crime de viol défini comme « tout acte de pénétration sexuelle obtenu par violence, contrainte, menace ou surprise », et pour lequel il existe des circonstances aggravantes :

  • lorsqu’il est commis sur un mineur de quinze ans ;
  • lorsqu’il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de l’auteur ;
  • lorsqu’il est commis par un ascendant naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime-
  • (et d’autres cas mais je ne prends que ceux ici qui concernent les mineurEs)

Il est alors puni de la peine maximale pour crime de viol, soit 20 ans de prison. Pourquoi demander plus ?

2/ Dans les faits

En réalité, et c’est là que le CFCV a raison, le viol sur mineur est donc dans ce cas défini comme « sans violence, contrainte, menace ni surprise ». Il laisse donc la possibilité de plaider le consentement de la victime, puisque le viol est défini à part des atteintes sexuelles (alors que l’agression sexuelle est définie comme une atteinte sexuelle).
C’est donc là qu’il y a un manque flagrant qui laisse la porte ouverte à trop de ces faits d’in-justice qui nous révoltent si souvent, où les peines sont soit incroyablement faibles quand il s’agit d’enfant de moins de 12 ans, ou quand lorsqu’il s’agit d’une jeune fille de 13 ans, on invoque « qu’elle en a exprimé le désir » (enfin, c’est le criminel qui le dit en général et c’est parfois suivi par les juges), invoquant le consentement là où il n’y a pas de sujet.

Donc, oui, évidemment, il faudrait une définition du crime de viol sur mineur de 15 ans !

Mais suffit-il de parler d’inceste ?

En effet, une loi en 2011 avait inscrit une définition de l’inceste et en faisant un crime aggravé. Sa définition en a été jugée trop imprécise par le Conseil constitutionnel : elle ne limitait pas l’inceste à la famille de sang, et par exemple une personne qui avait l’autorité temporaire sur l’enfant (concubin d’une tante par exemple) rentrait dans cette définition, ce qui a fait polémique. Et depuis, rien n’a été fait.

Alors certes, cette enquête met un focus sur l’inceste, et c’est fondamental, puisque c’est ce crime qui reste le plus tabou, le moins puni et le plus fréquent, et celui qui fait le plus de ravage, et détruit des vies avant même qu’elles n’aient commencé (voir les chiffres dans le dossier de presse). Mais c’est sur l’ensemble des atteintes, agressions sexuelles et viols sur mineurEs qu’il faut changer les choses. On ne peut à mon avis seulement mettre en avant l’inceste, car on écarte le voisin, l’inconnu, « l’ami de la famille »…qui lui reste sous le coup de la définition du viol aggravé, alors qu’il n’y a pas plus consentement.

Pourquoi alors ne pas créer une définition du viol sur mineur qui précise l’évidence : puisqu’il n’y a pas consentement avant 15 ans, il y a donc viol dans tous les cas, et c’est donc un crime qui doit être jugé aux assises dans tous les cas et puni de 20 ans ! Et on enlève les notions ici sans objet de violence, surprise, menace ou contrainte.

Et y ajouter -peut-être- (je soumets ceci à la réflexion) une circonstance aggravante d’inceste, quand le criminel a non seulement autorité mais devoir de protection parental et familial, en en rédigeant une définition suffisante (je ne suis pas spécialiste de la question, du coup ma définition ici n’est pas à prendre au mot près mais comme un élément, parmi d’autres certainement) ? Mais plus que la circonstance aggravante, c’est l’impossibilité de maintien de toute forme d’autorité parentale qui doit être décidée (ce que demande d’ailleurs le CFCV), ainsi que la prise en charge à vie des soins aux victimes.

Je rejoins par ailleurs le CFCV dans sa demande d’imprescriptibilité des crimes sexuels contre les mineurEs, et ses autres revendications.

Image 2

Un mot encore sur une formule qui peut malheureusement prêter à confusion au sein d’une campagne si importante. L’inceste est toujours un crime/ Changeons la loi. Certains au premier regard comprennent qu’il faut changer la loi pour que l’inceste ne soit plus un crime. Alors que bien sûr il faut comprendre changeons la loi pour que l’inceste soit toujours jugé pour ce qu’il est, un crime ! Encore une fois, on se fait souvent piéger par nos campagnes de communication.

Et enfin, une note un peu pessimiste…malheureusement, si seulement la justice avait l’heur d’entendre la réalité de ce qu’est le crime de viol, et de ce qu’il provoque comme souffrance souvent toute la vie aux enfants, aux femmes, à tous les humains qui les subissent, cela serait une évidence. Mais aux enfants encore plus, oui, lorsqu’ils sont à la fois enfants et victimes de bourreaux. Si la société dans son ensemble remettait en question la façon si répandue d’élever les enfants à l’envers, en retournant systématiquement la culpabilité sur eux et en mettant sur leur chemin tant de souffrances, on n’aurait pas besoin de toujours, changer les lois…

Le travail de sensibilisation est donc bien ici aussi très important, en faisant connaître et reconnaître cette réalité, cette souffrance, pour qu’à un moment donné, on, la société dans son entier, et ses institutions, cesse de la tolérer, de fermer les yeux. Il faut donc changer la loi, mais aussi les pratiques patriarcales d’un monde où l’on préfère les dominants -hommes et pères violeurs de femmes et enfants- aux victimes.

Pas de justice, pas de paix !

Sandrine Goldschmidt

Moix et Matzneff dans le bateau Renaudot

colère2Heureusement, il y a des réactions saines, comme celle de cette chroniqueuse société du Plus nouvel obs qui écrit sur le sujet un article remarquable : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/968288-quand-le-prix-renaudot-essai-est-attribue-a-gabriel-matzneff-defenseur-de-la-pedophilie.html

Heureusement, il y a des féministes, et des femmes, pour le dire : donner un Prix littéraire à un homme qui se revendique « pédophile » et promoteur de la pédocriminalité, ce n’est pas « une claque au Robespierrisme » (twitt qui ne fait que se gausser de mots et pas de réalité), c’est une honte. Et un abus de pouvoir du dominant, la société de quelques hommes machistes et misogynes qui veulent conserver leur place. Qui une fois de plus, par l’entregent de quelques privilégiés qui n’ont rien prouvé d’autre que leur capacité à aligner des mots sur une feuille et les faire reconnaître par leurs pairs – et non pas parce qu’ils auraient été des grands courageux dans des guerres ou des défenseurs envers et contre tout des droits humains-, prouvent qu’ils n’ont aucun objectif littéraire ou artistique. Sinon, ils récompenseraient des femmes, ils récompenseraient d’autres qu’eux-mêmes et leurs semblables.
Leur vrai but, c’est de s’assurer la pérennité de leur impunité, qui passe par la propagande de la culture du viol. Et ici, de la culture du viol des enfants*.

Il y a beaucoup à réfléchir sur ce qui a fait qu’un jour, notre société qui voulait s’émanciper d’un carcan moral excessif, s’est mise à promouvoir des relations « libres » entre adultes et enfants, après 1968. Difficile, pour nous nés plus tard, de comprendre ce que pouvait signifier ce « carcan moral ». Mais au moins, on pouvait se dire que c’était une dérive libertaire, et que c’était fini maintenant, parce qu’on avait compris que la liberté n’existe pas sans ses limites. Qu’il ne s’agit pas d’obscurantisme religieux mais de droits de la personne.

Personnellement, ça ne me gêne pas qu’on l’appelle morale, parce qu’il s’agit de respecter l’autre qui n’est pas moi, et tout simplement d’une vigilance en toute circonstance.

Une vigilance : celle de considérer l’autre comme un être humain, une personne. Et que dans mes relations à elle, cette personne, qu’elle soit une femme, un bébé, un enfant, une personne immigrée, en situation de handicap,.. il se peut que, de par la place que j’occupe, je me retrouve devant la possibilité d’en abuser si je ne suis pas vigilantE, parce que tout simplement je peux le faire (ainsi les violeurs et criminels choisissent les victimes les plus faibles possibles (soit par nature -bébés, enfants-, personnes dépendantes, soit parce que l’échelle sociale les définit ainsi- parce que c’est plus facile, ils le peuvent plus facilement). Certains -beaucoup- malheureusement se servent de l’autorité que leur confère un statut (homme, père, patron, célébrité, mère) qui leur permet de se retrouver en situation d’exercer des violences en toute impunité, même si elle ou il a l’air consentant (très facile de donner l’air consentant, on le voit tous les jours devant les tribunaux et avec les personnes prostituées du pseudo-choix). Et que mon rôle d’être humain en société, est de m’assurer que je n’abuse pas de ce pouvoir.

Cette vigilance de tous les instants est du devoir de celui qui exerce l’autorité, le parent, et c’est le plus important dans son rôle avec celui d’aimer et protéger un être en devenir. En premier lieu, c’est donc un devoir du parent, du père, du professionnel (médecin, juge, éducateur). Mais c’est aussi un pouvoir de celui qui est reconnu par la société comme une référence. Etre un écrivain comme Matzneff, privilégié à tous égards, et dire « moi j’adore les jeunes garçons et filles et c’est moralisateur et liberticide de me dire que je n’ai pas le droit de le dire », c’est très exactement un abus de position dominante et une façon de préserver une impunité contraire à tous les principes de nos sociétés : vivre ensemble, c’est défendre non pas MES privilèges (qu’au passage je vais appeler droits pour bien créer de la confusion) mais LE DROIT DE CHAQUE INDIVIDU au respect de son intégrité physique et psychique, et à avoir la possibilité de se développer pour devenir autonome.

Il semble donc qu’aujourd’hui les tenants de ce pouvoir et de cette impunité du viol sur les enfants (et sur les femmes) aient peur : ils ont besoin perpétuellement de s’entre-récompenser, de réaffirmer leur soutien réciproque, et leur volonté de maintenir leurs immondes privilèges criminels, de réaffirmer leur « droit aux putes » comme les 343 salauds, de le crier très fort. Oui, ils ont besoin de maintenir des lois, et une propagande qui les affranchisse de leurs devoirs humains.

C’est insoutenable pour toutes les victimes, enfants, adolescents, femmes, personnes prostituées violées, (et même celles qui revendiquent un pseudo « droit à se prostituer »). J’espère que c’est de plus en plus insoutenable à une plus grande partie de la société.

Au moins l’insoutenable ne reste plus sans réaction. Il y a le travail salutaire des associations féministes, et parmi elles celui de Muriel Salmona avec Le livre noir des violences sexuelles, qui essaient de remettre le monde à l’endroit.

Mais c’est insuffisant, parce qu’il n’est pas encore suffisamment entendu.

Ce que j’aimerais (mais là je rêve, utopiste…), c’est qu’il y eût des voix connues pour dire que c’est inacceptable. Car comme on peut le lire dans l’article du Plus nouvel Obs, c’est tout de même incroyablement paradoxal, que Yann Moix, le même qui s’attire les louanges de toutEs, pour avoir écrit une lettre ouverte à Christiane Taubira victime du racisme de plus en plus explicite de notre société, ait en son temps défendu Polanski, et reçoive le prix Renaudot (Matzneff c’est le prix essais).

Pour montrer que son indignation et sa défense des valeurs humaines n’ont pas les limites des privilèges que s’arrogent des hommes au viol des enfants et des femmes, il devrait à tout le moins refuser ce prix.

Mais ça, ce serait dans un monde à l’endroit…

Sandrine GOLDSCHMIDT

*Bien sûr, ils ne parlent pas de viol, mais de « relations consentantes ». Mais ce mot n’est que le paravent des dominants pour continuer à violer. Cela se voit dans toutes les affaires de viol de femmes adultes où le consentement est à tort invoqué et en général reconnu par les juges. En outre, le consentement n’est pas pertinent pour ce qui concerne les mineurs (de 15 ans), ni même les mineurs de 18 ans avec toute personne ayant autorité.

4 septembre : Les AmiEs de Femmes en résistance invitent Muriel Salmona à Violette and Co

4 septembre 2013 à 19h à la Librairie Violette and Co

Rencontre avec Muriel Salmona organisée par Les AmiEs de Femmes en résistance

Voilà c’est la rentrée. Après le Panthéon hier, cap sur le festival féministe de documentaires que je co-organise depuis 8 ans maintenant et dont c’est la 11e édition, Femmes en résistance à l’obscurantisme !  Vous pouvez découvrir le programme ici et je vous en reparlerai bien sûr.

Mais cette année, nous innovons en créant le groupe « Les AmiEs de Femmes en résistance », auquel vous pouvez adhérer (voir modalités ici) et ainsi nous aider à enrichir notre programmation (rémunération des artistes, financement de déplacements de personnalités). Pour animer le groupe, nous organiserons des rencontres réservées aux membres pour discuter de la programmation passée et future du festival.

Et pour inaugurer sa création, nous avons, avec notre partenaire depuis 11 ans, la librairie Violette and Co, décidé d’organiser une « rencontre du mercredi » à la librairie féministe de la rue de Charonne, et avons invité Muriel Salmona, psychiatre psychotraumatologue, meilleures spécialiste de la mémoire traumatique en France, Présidente de l’association Mémoire traumatique et Victimologie. Elle viendra parler de l’indispensable livre qu’elle a écrit et est sorti au printemps:  « le livre noir des violences sexuelles », paru aux Editions Dunod.

La rencontre se déroulera en 2 temps : présentation du groupe « les AmiEs de Femmes en résistance » et présentation du programme (la plaquette de la 11e édition sera disponible) puis discussion avec Muriel autour de son livre.

Elle le dédicacera ensuite et vous pourrez adhérer également adhérer sur place aux AmiEs de Femmes en résistance !

Voici deux liens à propos du travail de Muriel Salmona d’articles parus sur mon blog :

Redonner au monde sa cohérence pour éliminer les violences

Evénement : sortie du Livre noir des violences sexuelles

 

Pas cher Marcel Rufo !!!

Capture d’écran 2012-12-05 à 22.42.04Hier, j’avais à peine fini mon article sur la propagande de la haine, que je vois l’info de ce qu’a dit le « pédopsychiatre » Marcel Rufo, reconverti en vedette télé chargé de répondre à des questions d’auditeurs en quelques secondes. Du genre qui ne perd jamais une occasion de se taire.

Et voilà qu’à une question à propos d’une jeune femme de 28 ans qui va mal et dit avoir été agressée sexuellement dans son enfance, il répond « qu’en général, les enfants abusés sexuellement dans leur enfance vont bien adultes » (grossière ânerie infondée présentée comme vérité scientifique), et qu’il encourage la mère de la jeune femme à parler avec l’agresseur de sa fille ?

C’est tellement énorme, (vous pouvez l’écouter pour le croire ici : http://pluzz.francetv.fr/videos/allo_rufo_,73268899.html

que je n’en dirai guère plus, simplement que nous vous encourageons à signer, façon d’écrire à ce pas du tout cher monsieur, une pétition au Président de la République pour mettre fin à la désinformation sous vernis psychanalytique !

c’est ici : http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/president-de-la-r%C3%A9publique-stop-%C3%A0-la-d%C3%A9sinformation-sur-les-violences-sexuelles-faites-aux-enfants

Bon, et grâce à Azur, je vous signale que l’intéressé des plateaux télé n’en est pas à ses premiers méfaits, voici ce qu’il avait dit un jour dans l’Express :

« Faut-il élever les filles et les garçons de la même façon? J’entends sans cesse les parents se lamenter: «Il ne débarrasse pas la table comme sa soeur.» Je leur réponds que ce n’est pas lui qui doit débarrasser la table, mais sa soeur. En revanche, le pack de bouteilles, c’est lui qui doit le monter. S’il y a du bois à couper, pareil. Il porte le poids le plus lourd, il est plus fort qu’elle. Mais, si la mère fait un gâteau, la fille peut l’aider à verser la farine. Ce n’est pas une honte. Il faut savoir faire la différence entre le bois, le poids, la farine et les gâteaux. Je passe mon temps à me disputer avec les familles égalitaires. Il a renversé du vin sur la table, sa soeur le nettoie; c’est bien, elle est gentille. Il descend les poubelles dans le noir, il la protège de sa peur et de l’agression, et elle l’aide dans sa maladresse. Cela vous scandalise-t-il? »

Quand je vous parle de propagande…

Les moutons noirs dans la lumière : une loi digne pour les victimes d’inceste !

Ces jours-ci nous nous sommes insurgées contre la décision du Conseil constitutionnel, non pas d’abroger la loi sur le harcèlement sexuel, mais de faire prendre effet immédiat à cette abrogation, qui laisse les victimes en rade, et les agresseurs en position d’impunité.

Nous l’avons évoqué, mais il faut le redire, ce n’était pas la première fois que le « Conseil des sages », prend une décision qui, par souci de constitutionnalité, met en danger les victimes.

Auparavant, il y a eu la loi sur l’inceste, retoquée pour insuffisante définition de la famille, Sauf que cela fait près d’un an, et que, malgré les propositions existantes, rien n’a été fait.
Voici le texte d’une pétition que vous pouvez signer pour exiger une loi  et le lien pour le faire :

http://www.change.org/petitions/nous-exigeons-une-loi-digne-pour-les-victimes-d-inceste#

 

Une loi digne pour les victimes d’inceste !

Le 16 septembre 2011, le Conseil Constitutionnel abrogeait l’article article 222-31-1 du Code Pénal (Les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait.) estimant que cet article était contraire à la Constitution.

Afin de revoir la loi, il fallait donc, rédiger une définition plus claire de la famille et agraver la peine encourue en cas d’inceste.

Mme Fort, instigatrice de la loi sur l’inceste, a en sa possession une proposition de définition de la famille rédigée par des associations de lutte contre l’inceste en collaboration avec les victimes. Rien n’a été fait.

L’article 6 (qui n’a pas été abrogé) de cette même loi prévoyait que « Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 30 juin 2010, un rapport examinant les modalités d’amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d’infractions sexuelles au sein de la famille, en particulier dans le cadre de l’organisation de la médecine légale. Ce rapport examine les conditions de la mise en place de mesures de sensibilisation du public, et notamment des mesures d’éducation et de prévention à destination des enfants. »

Ce rapport est déterminant dans l’avancée et la finition de cette loi. Il n’a jamais été réalisé malgré les multiples fausses promesses du Gouvernement et du Ministère de la santé.
Après l’inceste, les conséquences sur la santé des victimes sont pourtant lourdes ! (voir sur http://www.crifip.com)
Le Gouvernement est donc hors la loi.

Mobilisons-nous ! Exigeons des lois claires et précises pour protéger les victimes de violences sexuelles !
—————-

 

C’est aussi l’occasion de vous reparler d’un livre qui va sortir (je vous en parle plus dès que je le reçois – je l’ai commandé), par le collectif « les moutons noirs » : « Rien vu, rien entendu », livre de BD satirique qui dénonce le silence et l’hypocrisie de la société patriarcale qui ne veut pas entendre ce qu’elle fait subir à ses enfants. Le livre sort ces jours-ci, voici le site de la maison d’éditions où vous pouvez le commander : http://www.i-editions.com/catalogue/livres/?id=140

—————-

Enfin, un mot du manifeste Pas de justice, pas de paix, dont l’action #jenaipasportéplainte continue à faire des petits. Ces jours-ci, c’est en Allemagne que le hashtag a été lancé, il s’appelle #ichhabnichtangezeigt, il y a une page facebook : http://www.facebook.com/ichhabnichtangezeigt, un site internet : http://ichhabnichtangezeigt.wordpress.com/, nous leur souhaitons un grand succès !

Dans une semaine, manifestation très importante à Paris : STOP à l’inceste et la pédocriminalité

J’ai bien conscience qu’en ce moment, les sujets sont un peu graves sur A dire d’elles…mais, si on ne regarde pas le monde en face la semaine du 8 mars et avant les élections à venir, comment avancer ? Alors, aujourd’hui, c’est toujours de viols dont je vais vous parler, de viols sur lesquels la société essaie encore plus de fermer les yeux pour ne pas en voir l’horreur, ceux de l’inceste et la pédocriminalité. Pour vous encourager à venir manifester le 10 mars prochain à partir de 13h30 à Bastille. Voici le texte de l’appel :

« Il est temps d’élever nos voix !
Il est de notre responsabilité à toutes et à tous de protéger nos enfants des violences sexuelles.

Encore combien d’années allons nous devoir subir?!
L’état complice de l’inceste et de la pedocriminalité, ça suffit !

Nous demandons à toutes les associations concernées, aux médias, aux victimes, aux proches, aux citoyens(nes) sensibilisés par ce fléau d’être présents le 10 mars !

C’est le moment ! Organisez-vous ! Mobilisez-vous ! Et regroupons-nous ! »

C’est tout le principe du viol et des violences exercées par des humains sur d’autres humains, en l’occurence une grande majorité d’hommes sur une grande majorité de femmes et d’enfants : commettre un crime contre plus faible que soi, contre qui on peut manipuler, contre qui ne peut pas se défendre, pour posséder l’autre. Et assurer son impunité. Ainsi, les enfants ne peuvent pas porter plainte. Ils ne peuvent même pas parler, puisqu’on les réduit au silence. Les agresseurs les intimident et leur font du chantage. Les entourages ne les croient pas.

A l’âge adulte, c’est souvent la même chose. Pour les personnes prostituées, l’achat du viol est institutionnalisé. Si elles se disent violées, qui les croit ? Puisque de toutes façons, c’est du viol permanent (contre de l’argent), donc un crime permanent, dont le criminel n’est pas poursuivi (pour l’instant).

Donc, venir manifester samedi prochain, c’est manifester pour « Pas de justice pas de paix ». C’est manifester pour l’humanité. C’est manifester pour la justice. Venez nombreuses et nombreux !

Et signez la petition ici :  http://www.lapetition.be/en-ligne/petition-9614.html

Sandrine GOLDSCHMIDT