Paris contre Trump en vidéo

Voici comme promis un petit montage de quelques moments dynamiques de la marche d’hier, en particulier de quelques jeunes états-uniennes !

Here are as announced a little edit of dynamic images of Pariswomensmarch, especially a groupe of young US of A women

Women against Trump

Wonderful weather and light in Paris for a great demonstration. To support the hundreds thousands of women who marched in The US of A.

Très beau temps et lumière à Paris ce samedi pour une belle manif’ de soutien aux dizaines, centaines de milliers de femmes ayant défilé contre le nouveau Président Donald Trump.

Galerie de photos  : vous pouvez cliquer sur chaque photo pour les voir en grand.

#8 mars de la MMF : « tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous marcherons »

DSC_0140C’est le slogan de la MMF qui organisait cette année la manifestation du 8 mars. Très joli parcours, très belle manifestation sous le soleil, environ 5.000 personnes, et une première étape pour aller vers la liberté des femmes, et notamment de celles qui sont sous le joug patriarcal de la prostitution : l’abolition et le vote de la loi, qui passera au Sénat fin mars. Mais tant que tous les enfants n’auront pas le droit de grandir, les femmes ne pourront non plus être libres, il faut encore le rappeler…
Voici donc plus qu’un long discours une longue série de photos, qui j’espère vous plairont (cliquez sur la première, vous aurez ensuite une galerie il suffira d’appuyer sur flèche droite pour que ça défile)

S.G
PS : et en ce #8 mars, je remercie Elaine Audet, qui a mentionné mon blog en des termes très agréables à lire sur Sisyphe 

25 novembre : Mirabal, abolition, « nous avons quelque chose à vous dire »

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Peu de temps pour faire le point sur les nombreuses initiatives à l’occasion du 25 novembre, journée mondiale pour l’élimination des violences contre les femmes. Focus sur trois initiatives.

1/Le communiqué de presse des associations de lutte contre les violences faites aux femmes pour demander la mise à l’ordre du jour de la loi d’abolition du système prostitueur au Sénat. Un an après le vote à l’Assemblée nationale, il est grand temps ! A lire ici : https://abolition13avril.wordpress.com/2014/11/24/prostitution-inscription-de-la-loi-au-senat/

2/Ensuite, c’est la « Mirabal », manifestation organisée par « Tremplin 94 », association d’aide aux femmes victimes de violences masculines du Val-de-Marne, et le conseil général. De nombreuses associations y participent, dont le Mouvement du Nid 94 dont je fais partie et qui y tiendra un stand.
Surtout, venez marcher le dimanche à midi, pour la marche d’engagement et retrouver l’ambiance de la marche de Rosen, qui sera avec nous ! Si vous voulez y participer, laissez un commentaire sur ce blog je vous donnerai les infos.

3/Autre initiative intéressante, organisée par Libre Terre des Femmes, c’est samedi 29 de 17h à 20h30, en voici l’affiche, ce sont des femmes du collectif qui ont  créé et monté elle-même la soirée et le spectacle, une très belle initiative, allez-y si vous le pouvez, pour les soutenir ! 

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Un féminisme sans vague-arrière (à l’âme)

IW8Parfois, la tournure que prend la représentation du féminisme dans la société et jusque dans les manifestations de rue nous donne un peu du vague à l’âme. Quand d’un coup, se revendiquent féministes les tenantEs d’une pensée qui selon nous reproduisent le système de domination patriarcale. Quand on veut nous faire croire qu’il y a un « nouveau féminisme » et qu’il s’agirait simplement de courants, et non de divergences profondes entre un féminisme d’une part, et un anti-féminisme de l’autre, qui est d’autant plus efficace qu’il prend les atours et les mots du premier (voir l’appropriation -judicieuse parce que la formule initiale est insuffisamment précise mais n’est qu’une formule et non une pensée- du « mon corps m’appartient » par le néolibéralisme patriarcal : puisque mon corps m’appartient je peux le vendre…d’où la nécessité de préciser « mon corps c’est moi » et je suis inaliénable..).

Les plus grandes penseuses féministes sont souvent restées peu connues. Cela fait partie du système oppresseur : si l’on ne diffuse pas la pensée qui conteste l’ordre établi, on l’empêche de se répandere. Forcément la transmission ne se fait pas, et vague après vague, les femmes doivent tout recommencer. C’est le cas de Maria Deraismes (1823-1894), oratrice, dramaturge et journaliste républicaine et anticléricale. Ses textes furent édités sous le titre « Eve dans l’humanité’. Elle avait fondé l’hebdomadaire « Le droit des femmes » et l’organisation féministe « L’association pour le droit des femmes ». Nicole Pellegrin, dans son anthologie « Ecrits féministes, de Christine de Pizan à Simone de Beauvoir », décrit son apport -très original pour l’époque, de la façon suivante :

« Son originalité s’exprime plus encore dans la défense des droits féminins au plaisir sexuel -un sujet tabou- et dans ses condamnations, explicites et réitérées, de la prostitution, dont elle fait moins une « plaie sociale » et un problème d’hygiène publique qu’un sous-produit du patriarcat »

En clair, on est il y a 150 ans dans les mêmes problématiques qu’aujourd’hui. D’un côté ceux qui prétendent qu’il faut réglementer la prostitution « pour des questions de santé et d’hygiène », de l’autre celles et ceux qui font le lien avec le patriarcat, la domination masculine qui ravage la santé des personnes prostituées et va à l’encontre de la dignité humaine.

Voici ce qu’elle écrit, qui remet les pendules à l’heure et le monde à l’endroit :

« L’Occident favorise la prostitution, en d’autres termes le commerce de la chair humaine elle viole en même temps la liberté et la dignité de l’être conscient. […]

La prostitution régie par l’Etat réduit à néant les principes de justice, de droit, de solidarité sur lesquels s’appuient les sociétés modernes. Le mépris de la loi, dans ce qu’elle a de plus auguste et de plus sacré, est quotidiennement autorisé.

En effet, dans l’esprit de la loi, toute peine, tout châtiment infligé a toujours comme but la moralisation présumée du condamnée, lors même que les moyens expiatoires employés sont défectueux. Or, le contraire arrive dans la prostitution patronnée par l’Etat, la délinquante est considérée comme incurable et loin de s’efforcer à la moraliser, on l’oblige à récidiver d’office. C’est ainsi qu’une jeune fille, une femme appréhendée sur la voie publique pour excitation à la débauche, est immédiatement inscrite comme devant continuer à se prostituer, suivant la volonté des passants. Dans ce cas, c’est l’Etat qui est récidiviste ».

NDLR : ici, elle dénonce le fait qu’il y a des zones réservées à la prostitution : l’activité n’est pas interdite, mais est délinquante celle qui « racole en dehors des clous ». On la remet sur le trottoir « dans les clous ». C’est donc comme aujourd’hui, avec le délit de racolage…elle ne soutient donc pas que les femmes qui se prostituent sont délinquantes, mais critique l’attitude de l’Etat à leur égard.

« La société croit se justifier en arguant qu’il n’existe ici ni jugement, ni condamnation, que c’est simplement un règlement de police, une mesure administrative, dont l’objet est d’assurer l’ordre public et la décence extérieure (NDLR : toujours vrai avec la loi Sarkozy / racolage passif…)« 

(…)

Qu’on avoue donc franchement que c’est une façon ingénieuse, mais absolument criminelle, de satisfaire la dépravation des hommes; et le comble de l’impunité, c’est que l’homme complice reste indemne. Evidemment, si les femmes étaient pour quelque chose dans l’élaboration des lois, cette iniquité scandaleuse n’eût jamais eu de réalité.

(…)

Deux solutions se présentent : ou les hommes peuvent régler leurs moeurs et s’en tenir au mariage; ou il faut déclarer les moeurs libres pour les deux sexes avec une égale responsabilité des deux parts : recherche de la paternité, etc.

Elle discute ensuite de ces pseudo « besoins sexuels des hommes » en disant que la nature n’y est pour rien et que l’homme social est bien capable de se contrôler. S’il ne le fait pas, donc…

« A quoi nous en prendre, si ce n’est au gaspillage des forces mal gérées en humanité ? Et qui est responsable de ce gaspillage si ce n’est l’éducation sotte et coupable donnée à la jeunesse masculine ? ».

Conclusion de tout cela, qui est un vrai ancêtre de manifeste abolitionniste ( 1- suppression du délit de racolage, 2-punition du vrai responsable, 3-éducation à une vraie liberté sexuelle pour tout le monde – il ne manque que les alternatives à la prostitution) :

« La prostitution est une tache, une ignominie séculaire qu’il faut au plus vite faire disparaître sous peine d’immobiliser le progrès »

(…)

Pour venir à bout de cette plaie sociale, il est nécessaire qu’une protestation publique se produise avec éclat; il n’y a plus à invoquer la question d’hygiène, la science médicale a fait justice de ces erreurs, elle a démontré par une série d’exemples probants que la réglementation était plus funeste que favorable à la santé publique ».

Conclusion :

« Considérant que la prostitution à laquelle l’Etat prête son appui est le plus grand outrage fait à la conscience humaine,

Considérant tous les maux sociaux qui en résultent;

Je demande que les femmes étrangères, dont les pays sont soumis à ces honteux règlements, s’unissent aux femmes françaises, pour réclamer l’abolition de la police des moeurs ».

Elle a prononcé ce discours dont je vous livre les meilleurs passages au Congrès du droit des femmes en juin 1889.

Aujourd’hui, 125 ans après, nous allons obtenir cette abolition en France. Elle avance aussi en Europe. Que de temps il aura fallu depuis Maria Deraismes ! Et que de résistance au backlash il nous faut avoir ! Car ce que n’avait peut-être pas prévu cette grande féministe, c’est la force de l’obscurantisme, qui vise à faire perdurer cet outrage à la conscience humaine. Et je voudrais que ceux qui, à Amnesty International, tentent aujourd’hui de faire passer l’idée que la prostitution ne serait pas une atteinte aux droits des femmes mais serait un « droit de l’homme », lisent et relisent ces mots écrits 100 ans après la révolution française.

Aujourd’hui encore donc, il faut lutter. Et des femmes remarquables le font à travers le monde, dont des survivantes de la prostitution avec un immense courage : Rebecca Mott, bien sûr qui nous rappelle l’évidence (« this is torture) concernant la prostitution, et Rachel Moran, qui en ce 8 mars, s’adressait aux Norvégiennes dans un discours à écouter.

Cliquez ici pour voir la vidéo (c’est en anglais)Elle s’adressait aussi à Amnesty. Et rappelait elle aussi quelques évidences, et posait quelques questions à l’organisation internationale :

– « Ce qui se passe dans les bordels n’a rien à voir avec de la sexualité et rien à voir avec du travail. C’est de l’oppression ».

– « Quand les droits des femmes ont-ils cessé d’être des droits humains » ?

J’ajouterais : quand les droits des femmes seront-ils enfin des droits humains ?

S.G

 

 

 

 

 

 

8 mars : photos de manif ensoleillée #stopaudeni

DSCF6205Une manif’ pour la journée internationale des droits des femmes sous un air printanier ça fait du bien. Alors nous n’étions pas des dizaines de milliers, mais tout de même, c’était une belle journée pour manifester, et nous étions plus nombreuses et nombreux que ceux de Belleville (« 8marspourtoutes », avec le STRASS).

Voici donc quelques photos, et deux liens qui viennent compléter mon article d’hier sur la campagne #stopaudeni de l’Association mémoire traumatique et victimologie :

-une pétition à Christiane Taubira ministre de la justice pour « FAIRE APPLIQUER LA LOI AFIN QUE LES VIOLS ET AGRESSIONS SEXUELLES SOIENT RECONNUS PAR LES TRIBUNAUX : ICI

-Un article qui met en avant le scandale du silence fait sur les violences et viols commis à l’encontre des enfants : ICI

-Des ressources pour mieux comprendre : ICI

IVG : images de manif’

IMG_6478Jusqu’à 40.000 personnes ont défilé dans toute la France en soutien aux Espagnoles, entre 15 et 30.000 à Paris, c’est rare de voir autant de monde (et autant de monde qu’on ne connaît pas) dans une manif féministe à Paris, et il paraît qu’à Madrid et dans toute l’Espagne la mobilisation a été à la hauteur.

Partout donc, les femmes sont prêtes à retourner dans la rue s’il le faut pour défendre ce droit acquis mais qui -comme tout droit des femmes- disait Beauvoir, risque d’être remis en cause. Voici quelques photos de la manifestation, il faisait beau, c’était beau, Paris, alors j’en ai fait pas mal