Je suis Peppa Pig

16217_10204949030819124_4279853804984391239_nJe ne résiste pas à partager avec vous trois infos qui circulent cette semaine, autour de la question du blasphème et de l’attentat contre Charlie Hebdo. Sur les trois, un seul est inventé. Les autres semblent vraies (il faut admettre qu’il est de plus en plus difficile de distinguer entre le Gorafi et la réalité…). Celui du Gorafi donc (ou du dessin ci-contre), est pour moi la meilleure des satires de l’obscurantisme que j’ai pu voir : Les enfants en colère après des caricatures du Père Noël jugées injurieuses.

Par ailleurs, il a neigé en Arabie Saoudite cette année. Eh bien figurez-vous que la fabrication de bonhommes de neige a été condamnée et interdite par un cheikh, assimilée à la fabrication d’ « idoles impies » : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/13/la-fabrication-de-bonhommes-de-neige-sacrilege-en-arabie-saoudite_1179819. Les Saoudiens eux-mêmes se sont érigés sur Twitter contre cette condamnation.

peppapig1711aEnfin en Grande-Bretagne, on est en plein débat sur la liberté d’expression. En effet, on y estime plus souvent que chez nos esprits frondeurs laïcs qu’il ne faut pas offenser les croyants en attaquant leur religion… Conséquence, toutes sortes de précautions sont prises…par exemple, une maison d’édition a donc envoyé une lettre à ses auteurs leur demandant de s’abstenir de représenter des cochons ou des saucisses et éléments qui pourraient évoquer le porc, cet aliment rejeté par les règles alimentaires du judaïsme et de l’Islam !! http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/11345369/Oxford-University-Press-bans-use-of-pig-sausage-or-pork-related-words-to-avoid-offending-Muslims.html Des autorités religieuses juives ont même été obligées d’intervenir, pour rappeler que  si la consommation de porc était bel et bien interdite, prononcer le mot cochon où le représenter ne fait pas partie des 613 interdictions du judaïsme…

Allez, disons-le toutes et tous ensemble « I am Peppa Pig » !

(je me permets de le reproduire sans savoir d’où il vient mais il est très juste et veux bien le créditer si qqune se reconnaît).

Le double effet pervers du discours de Zemmour et de sa réfutation

Mémorial de Drancy
Mémorial de Drancy

Vous avez -forcément- entendu parler du « Suicide français », le livre best-seller d’Eric Zemmour, qui trône en tête de gondole de toutes les librairies. Celles-là même qui s’offusquaient tant du livre de Trieweiller ont l’air de penser tout à fait normal qu’un livre comme celui-là soit ainsi mis en avant.

Il faut dire que « c’était mieux avant », c’est ce que pensent tant de nos concitoyennes, comme l’a souligné dans une excellente chronique François Morel…la différence c’est ce qui ne se disait plus qu’au comptoir du café se dit maintenant dans l’espace médiatique…

Ce dont je voudrais parler ici, c’est la façon dont la société d’égalité républicaine s’est fait « rouler dans la farine » en organisant la « réfutation historique » des affirmations de Zemmour. En effet, beaucoup se sont satisfait que pour une fois, même la télé -France 2- faisait son travail de réfutation historique. Ainsi, nombre d’historiens ont soigneusement affirmé que Zemmour disait faux quand il affirmait que Vichy, le régime du Maréchal Pétain, avait sauvé des juifs français en n’arrêtant que des juifs étrangers. Or, la réfutation vient nous expliquer que non, ce n’est pas vrai, Pétain n’a même pas sauvé de juifs français.

Il n’y a  pas quelque chose qui vous choque ? Etait-il nécessaire de réfuter quoi que ce soit ? Car si ce que Zemmour avait dit était vrai, cela rendrait-il sa démonstration supportable ? NON ! Si c’était vrai et que Vichy ne s’en était pris qu’aux juifs étrangers, cela serait également intolérable !

En poussant ainsi les médias à réfuter sa thèse pour bien montrer qu’il n’y a rien à sauver de Vichy, alors Zemmour parvient  à faire penser à tout le monde que cela serait moins grave d’avoir fait arrêter et déporter seulement des juifs étrangers sans que personne ne réagisse ! Voilà ce qui est insupportable !

S.G

Je, je, je, le jeu monarchique de François Hollande

Je n’aurais jamais imaginé vous parler de ça…mais la phrase du Président de la République est trop sidérante…

« Je fais savoir que j’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler »

C’est avec cette phrase que l’homme qui occupe la plus haute fonction de l’Etat a annoncé sa rupture avec sa compagne, alors que déjà, la presse à ragots avait annoncé partout que celle-ci était trompée par lui, dans la grande lignée des « femmes bafouées » par les monarques de l’histoire. Après l’avoir bafouée, il la répudie.

Il aurait pu dire :  Valérie Trierweiller et moi avons décidé de mettre fin à notre vie commune. Même si c’était lui et lui seul qui l’avait décidé, c’était plus décent. Il précise en l’annonçant que ce n’est pas le Président de la République qui parle…le je n’étais donc pas de circonstance. En employant le « je », il fait comme si c’était une décision qui lui revenait de par ses pouvoirs présidentiels. En employant le je trois fois, il insiste sur un fait. C’est MOI qui décide, elle n’est rien. Je peux tout. Monarque machiste.

Au moins aux temps monarchiques, le souverain employait le « nous ». Aujourd’hui, avec François Hollande, après Nicolas Sarkozy, on a l’impression d’avoir des petits garçons trop gâtés à la tête de l’Etat.

Mais comment est-ce possible ? Regardons du côté de notre constitution, et de l’apathie « consentante » du peuple souverain.

L’élection du PR au suffrage universel direct a été décidée par De Gaulle et votée par les Français par referendum en 1962. Ce n’était pas tout à fait le même contexte. Le général, (qui ne manquait pas d’hypertrophie du moi) avait sans aucun doute comme raison profonde de son engagement ce qu’il voyait comme l’intérêt de la France.

Mais la conjonction de cette constitution monarchique (dans la plupart des pays démocratiques du monde, c’est le ou la chefFE du gouvernement, qui est la plus importante personnalité de l’Etat et la notion d’équipe et de responsabilité devant les représentants du peuple est centrale) et d’une société qui favorise la liberté individuelle au mépris de la notion d’intérêt collectif, cela donne ça : pour pouvoir vouloir et avoir l’obsession nécessaire à occuper le poste de « monarque » républicain, il faut avoir un égo totalement démesuré. Car le monarque de sang, lui, même s’il ne manquait pas d’ego, savait dès la naissance que « c’était son destin » d’une part, d’autre part on le « dressait » à la fonction, c’est-à-dire à être destiné à s’occuper du sort du peuple. Hollande lui, passe son temps à dire « c’est MA vie privée », on doit ME respecter. Sans se préoccuper une seconde de savoir si lui respecte celle des femmes avec qui il vit. Sans se préoccuper une seconde du fait que « le privé est politique ».

Aujourd’hui, pour vouloir une fonction pareille, il faut avoir un « je » qui a plus que tout envie de « jouer au Président de la République ». Et puis, en plus, comme il n’est pas « sexiste », pourquoi ne pas en profiter pour jouer à la poupée… Et quand la seconde aura pris le même chemin que la première, il épanouira son je avec la troisième…

 

 

Anti-abolitionniste et abolitionniste, ce n’est pas pareil…

Manif du 25 novembre
Manif du 25 novembre

Globalement, je ne trouve pas que les anti-abolitionnistes soient très forts sur les arguments qu’ils avancent. Ceux-ci sont très bien démontés à des tas d’endroits (ici ou là) par les militantes abolitionnistes de terrain.

En revanche, en particulier depuis qu’ils ont mis à la tête de leur « syndicat » (le STRASS, qui je le rappelle, n’est qu’une petite association non représentative), Morgane Merteuil, celle-ci a obtenu une audience sans pareille. Sa parole est entendue comme si elle était seulement le témoignage d’une personne mise en prostitution. Alors qu’elle n’est que secrétaire générale d’un groupe de pression et que c’est à ce titre qu’elle est invitée, et qu’elle est là pour promouvoir le message de ce groupe.

A ce titre, qu’elle affirme que « la prostitution est un choix par défaut », n’est absolument pas une nouveauté. Cela fait belle lurette que des représentants du STRASS ne disent pas autre chose. En revanche, ils ajoutent : cela ne l’est pas plus qu’autre chose, par exemple vendre sa force de travail à l’usine en faisant des gestes répétitifs.

Ce que certains ne veulent pas comprendre, alors même qu’ils reconnaissent que l’acte commis par ledit « client prostitueur » est un viol, c’est qu’un viol, ce n’est pas la même chose qu’un acte répétitif sur une machine-outil. Ce n’est pas « la location de son corps » : c’est la chosification-mortification d’une personne humaine au service du « plaisir » (provoqué non par une sexualité désirante mais par la construction d’une petite mort, jouissance-anesthésie de la destruction de l’autre) d’hommes déshumanisés (en effet, l’humain étant normalement muni de la capacité d’empathie, il ne devrait pas pouvoir supporter d’imposer un acte sexuel ou une pénétration non désirée, et devrait s’arrêter dès lors qu’il a le moindre doute sur l’envie de la personne d’être pénétrée -doute dont le client ne s’embarrasse pas puisqu’il a payé pour ne pas s’embarrasser). En outre, lorsqu’ils affirment que le « choix par défaut » est un choix de la misère, ils écartent l’autre cause majeure et première de ce non choix : la violence du système patriarcal.

Donc, l’argument selon lequel les anti-abolitionnistes se rapprocheraient de nous en demandant surtout l’abolition du racolage passif et des mesures d’accompagnement pour l’emploi est un leurre. Et apparemment, un leurre qui obtient désormais une certaine audience, même chez les abolitionnistes. Cela part clairement d’un bon sentiment : celui de ne pas s’en prendre à une femme (mais il ne s’agit pas là  seulement de la parole d’une individue, encore une fois, mais de la représentante d’un groupe de pression). Mais c’est un leurre, parce que le STRASS sait très bien qu’il doit passer pour celui qui défend les personnes prostituées pour empêcher l’adoption d’une loi globale d’abolition du système prostitueur.

Il me semble donc nécessaire de rappeler qu’au-delà des mots dits dans une émission télé, ce que fait le STRASS, c’est poursuivre des féministes en justice ou traiter les abolitionnistes (leurs discours) de première cause de mortalité des personnes prostituées, rien que ça !). Et tout faire pour se rapprocher d’un groupe politique (EELV) -(voir conférence de presse du STRASS avec E.Benbassa en décembre) pour qu’il fasse voter une loi d’abolition sur le racolage en urgence, et ainsi faire passer aux oubliettes une loi d’abolition du système prostitueur (lire à ce sujet l’article de Christine Le Doaré : http://christineld75.wordpress.com/2013/01/21/eevl-abolition-du-delit-de-racolage-oui-mais-pas-seulement/)

Pour participer à quasiment toutes les réunions du collectif Abolition 2012, riches en informations, enseignement, pour avoir eu la chance de suivre les deux jours de formation nécessaires pour entrer au Mouvement du nid, pour avoir vu et diffusé de nombreux films qui présentent les témoignages de personnes prostituées à travers le monde (ici et ou encore ou et …oui, oui, il y en a beaucoup), je peux témoigner du fait que les associations de terrain sont en pointe du combat pour l’accompagnement des personnes prostituées. C’est ce qu’elles font au quotidien en en rencontrant plusieurs milliers par an (au Mouvement du Nid ou Amicale du Nid) ou encore en militant pour le soin aux victimes (et en le pratiquant) :  Association mémoire traumatique et victimologie.

A chaque réunion, l’une ou plusieurs d’entre elles insiste sur la nécessité que la future loi soit forte sur ce point.

On y insiste moins sur le délit de racolage, puisqu’il sera abrogé. C’est une évidence et il le sera, fort heureusement, et nous y veillerons. Mais rien ne changera alors, si ces mesures d’accompagnement ne sont pas prises. Et elles ne le seront pas si un principe fondamental de société n’est pas posé : l’interdiction d’achat d’un acte sexuel.

Car pourquoi aider les personnes prostituées à ne pas faire de « choix par défaut » si ce choix n’est pas pire qu’un autre, source de toutes les violences et les traumatismes. Pourquoi aider les personnes prostituées à ne pas faire ce choix si dans le même temps, on trouve tout à fait normal que des hommes paient pour avoir le droit de violer une femme ? Car si c’est normal, il faut bien qu’ils puissent y avoir accès…

Donc, si l’abrogation du délit de racolage est quasi acquise, si les mesures d’accompagnement, nous luttons au quotidien et travaillons d’arrache-pied pour qu’elles soient prises en compte par l’Etat, en particulier en faisant connaître les conséquences des violences et les possibilités de soin et d’accompagnement, en diffusant les témoignages très nombreux des personnes prostituées survivantes qui expliquent la réalité de la prostitution (de la torture et du viol à répétition), il nous faut l’expliquer encore et encore : rien ne changera si l’interdit d’achat d’un acte sexuel n’est pas posé*.

Et sévèrement pénalisé. Parce qu’acheter pour la déshumanisation d’une femme, c’est un crime. Et que lorsque le principe sera posé, il se passera comme en Suède (si la loi est correctement faite, dotée et appliquée, et nous nous battrons pour cela), une évolution des mentalités. Ce ne sera plus alors la personne prostituée qu’on verra comme un problème, mais le client prostitueur qui apparaîtra pour ce qu’il est : un violeur, que nul n’aura envie de soutenir.

Sandrine Goldschmidt

*à ce propos, sur le terrain, aujourd’hui les personnes prostituées nous disent que le délit de racolage n’a jamais été aussi appliqué que depuis que la gauche est au pouvoir. Cela, dépend du choix des préfets dans l’application de la loi.  Et rien n’empêche, en attendant  que la loi globale soit votée pour abolir ce délit et inverser la charge pénale, les préfets ou le ministre de très facilement donner les instructions pour ne pas traquer les personnes prostituées. Qu’ils le fassent !

 

Apocalypse NO

Cette nuit à peu près au moment où le président américain Barack Obama était réélu, j’ai rêvé de l’apocalypse.
Dans mon rêve, un vendeur de légumes me proposait des cucurbitacées géantes et voulait se débarasser d’une, en forme de poire dodue, avec un manche (comme de parapluie), rayée verte et jaune et de la taille d’une très grosse citrouille.

L’homme qui voulait le revendre, sa femme n’en ayant pas voulu, se trouvait bien embêté à ne savoir qu’en faire…et donc, Mitt Romney, l’homme qui voulait nous amener l’apocalypse, a perdu. De Apocalypse NO à yes, we can, il n’y a qu’un pas, et ce sera donc celui de cette journée.
Avec deux autres événements qui le symbolisent : ce soir, une manifestation pour les mêmes droits pour tout le monde, à 19h place Edouard Herriot à Paris. Son objet:  soutenir la présentation en conseil des ministres du projet de loi « mariage pour toutes et tous », et donc même droits pour tous adultes et enfants.

Voici le début de l’appel inter-associatif à la manif : Mariage pour toutes et tous : l’égalité des couples c’est maintenant
La République doit reconnaitre toutes les familles ! La République doit protéger tous ses enfants !
Ce 7 novembre, le projet de loi « mariage pour toutes et tous » est présenté en Conseil des Ministres avant d’être transmis au Parlement. L’adoption de ce projet de loi serait une avancée majeure pour notre pays en matière d’égalité des droits.

Alors oui, et ceux qui s’y opposent sont des has been comme Romney. Et même si le mariage est loin d’être un but en soi, même s’il est aussi encore un résidu patriarcal (qui pourtant protège relativement les femmes mariées par rapport à celles qui ne le sont pas mais sont en concubinage avec un homme) il est juste anormal que certaines et certains n’y aient pas droit, dans un pays républicain.

Ainsi, dans ce pays qui se dit autrefois en avance en matière de droits humains mais qui aujourd’hui est en retard sur tant d’autre pays en la matière (Belgique, Espagne, Mexico City, etc.), on se dit aujourd’hui, yes, we can…

Autre moment important dans la lutte contre l’apocalypse, l’émission de radio libertaire, femmes libres, à 18H30, sera consacrée ce soir à « Abolition 2012 », à laquelle je participerai avec d’autres membres des 50 associations membres du collectif (et aussi avec Typhaine Duch, Florence Montreynaud, Muriel Salmona, Jean-Yves Wilmotte, Hélène Hernandez).

Refus de l’apocalypse Romneysienne, voici pourquoi (j’en parlerai plus longuement dans un autre article, mais en 2 mots) : dans un monde où les intérêts patriarcaux de quelques uns dominent sur l’immense majorité de l’humanité et du vivant, l’argent est l’élément de contrainte fatidique. Souvent, il se substitue à la force ou à l’emprise pour violer les droits et les personnes humaines. L’objectif de ceux qui le détiennent : faire des personnes humaines des objets sans intimité, marchandisables à merci, donc violables à merci. C’est ce qui se passe dans la prostitution. Les personnes mises en prostitution, en immense majorité des femmes, et en quasi-exclusivité par des hommes (et bien souvent leurs propres pères, frères, conjoints, réseaux de traite et d’exploitation de la misère des femmes), sont considérées comme n’ayant plus d’intimité. Comme si n’importe quel partie d’elles-mêmes pouvaient être à tout le monde, par la force d’un échange marchand. En réalité, il s’agit juste d’un prétexte pour légaliser un viol : car dans la violence que constitue la prostitution, qui est le fait de subir des actes sexuels non désirés à répétition et qui s’assortit souvent d’autres violences, physiques et psychologiques, l’élément de contrainte, c’est bien l’argent.

Et ce n’est pas parce qu’on consent à recevoir de l’argent, qu’un viol n’est plus un viol dans sa définition. Comme ce n’est pas parce qu’on consentirait à se faire couper la main que cela ne serait plus une violence punie par la loi. Ce n’est pas parce qu’on commanditerait son propre meurtre (pour laisser de l’argent à ses proches, par exemple) que celui-ci deviendrait autorisé. La morale qui définit les principes universels de droits humains doit trouver son expression dans la loi :  on ne peut consentir à sa propre destruction ni à la torture ou au crime contre soi.

Il est donc temps de dire non à l’apocalypse du système prostitueur et pornographique qui peu à peu envahit toute la société en essayant de transformer les femmes, les enfants et certains hommes en objets à vendre et à échanger, robots à la disposition de quelques puissants, chair à génocide.

Il est temps de voter une loi d’abolition du système prostitueur, parce que c’est juste, parce que la prostitution est la dernière violence dont une partie des responsables ne le sont pas devant la loi et ne peuvent être condamnés. Il est temps, de dire NON, à l’APOCALYPSE qu’on veut pour nous.

S.G

Si vous ne l’avez pas fait, n’oubliez pas de signer l’appel Abolition 2012 ici : http://www.abolition2012.fr/

Fêterons-nous l’abolition du système prostitueur aux 3èmes rencontres des FEM ?

Ce week-end, ont eu lieu les 2èmes rencontres féministes d’Evry.

L’occasion pour 700 féministes de se rencontrer, c’est un succès non négligeable. D’ailleurs, la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, ne s’y est pas trompée. Quand elle a dit que c’est certainement grâce aux premières FEM l’an dernier qu’il y a eu influence pour qu’on ait enfin le deuxième ministère des droits des femmes de l’histoire de France. Et le premier gouvernement paritaire. La ministre est venue nous rencontrer dans l’amphi : chargée des politiques féministes dans son cabinet, Caroline de Haas, et qui faisait l’an dernier le discours de clôture des FEM n°1 (cette année la tâche incombait à sa soeur Magali de Haas, porte-parole d’Osez le féminisme), y est sûrement pour beaucoup.

Et de fait, la ministre a été très applaudie. Elle a paru consciente des verrous, de la nécessité de se battre dans la transversalité, et prête à s’atteler à toutes les tâches en même temps.

Et si elle n’a pas parlé d’abolition c’est sans doute qu’elle craint que sa parole soit encore une fois déformée par les pro-prostitution et les journaux. Car la parole des abolitionnistes est systématiquement traînée dans la boue par ceux qui, ne représentant qu’eux mêmes, se disent porter la parole des personnes prostituées.

Cela montre bien le degré d’intimidation dont sont capables ceux qui veulent voir fleurir la prostitution. Cela montre bien combien ce chantier est  fondamental. L’abolition du système prostitueur, c’est un enjeu d’avenir crucial pour les femmes, et c’est maintenant qu’il faut s’en occuper. C’est ce que nous avons voulu dire en scandant « abolition, abolition », lors des applaudissements de fin. Que la ministre ne s’y trompe pas. Nous serons là pour porter la voix des personnes prostituées, nous abolition 2012. Envers et contre tout. Et c’est là que le féminisme ne doit pas oublier sa vocation radicale, « changer la vie entière », et de nommer les choses telles qu’elles sont. Nous sommes pour l’abolition du système prostitueur, la responsabilisation du client avec sa pénalisation, que les moyens soient mis pour l’accompagenement des personnes prostituées vers une autre vie, enfin une vie. Et aussi, de mettre l’accent sur l’éducation à la sexualité des filles et des garçons, pour qu’il ne puisse plus être toléré de disposer, par la force ou par l’argent, des femmes. C’est le moins que nous puissions dire.  Et il va nous falloir l’affirmer toujours plus clairement dans les semaines et les mois qui viennent.

Autre sujet qu’il sera fondamental d’avoir à l’esprit : la situation des plus précaires -et en particulier des femmes migrantes dont il a été peu question,et de la montée des intégrismes.

Enfin, le week-end, très bien organisé et bien rempli, a permis aux féministes venues de tous horizons de découvrir des sujets très variés lors des ateliers, une trentaine au total.
Bientôt j’espère pouvoir publier des images des deux que j’ai animé ou coanimés, et de celui qui présentait le bilan des politiques réglementaristes de la prostitution (catastrophiques pour les femmes, aubaine pour les proxénètes), et les espoirs de l’abolition, par Claire Quidet et Claudine Legardinier du mouvement du nid et Typhaine Duch d’OLF.

Atelier « Peut-on représenter les femmes en image » ?

Concernant la représentation des femmes en image, j’ai pu, échanger avec une salle très remplie sur les femmes sans tête… dans un atelier organisé par Femmes en résistance…nous avons à peine eu le temps d’aborder la question de la deuxième partie du plan. Après « les femmes sans tête », les femmes s’entêtent…tellement il est encore nécessaire de déconstruire notre mortification dans l’image : morcellement, décapitation, érotisation du viol, nous avons tellement l’habitude de nous représenter d’un point de vue de l’agresseur, que nous ne savons pas ou rarement le faire de façon satisfaisante.

J’ai commencé par une découverte in extremis : les femmes sans tête, c’est ainsi que les hommes nous représentent…depuis 13.000 ans ! Un homme a en effet écrit un livre sur ce sujet, où il affirme l’émergence de ces statuettes comme un courant à l’époque. Et le résumé de l’éditeur l’interprète ainsi :  » Que signifient ces figures, qui tranchent avec les statuettes aux formes opulentes des périodes précédentes ? Représentent-elles un nouvel idéal de la féminité, une présence rassurante dans les mythes et les histoires des derniers chasseurs-cueilleurs ? Forment-elles un marqueur identitaire, signe que les hommes de cette époque se percevaient comme un groupe social commun, européen avant l’heure ? »

Un groupe social commun, des hommes, qui déjà décapitent les femmes pour asseoir leur oppression.
La colonisation par ces images est tellement ancrée en nous que nous avons toutes, du mal à ne pas tomber dans le piège.
Si bien qu’aucune campagne de quasiment aucune asso, même féministe, n’est incontestable en termes d’images. Certaines sont unanimement critiquées, d’autres font débat. Il ne s’agit évidemment pas de juger, mais de déconstruire suffisamment, pour ensuite être capables de nous réinventer, de nous réécrire, de nous représenter. En commençant par confier la conception des images à des femmes féministes ayant une réflexion sur le sujet.

Nous avons cherché des contre-exemples, de campagnes difficilement contestables.
Une image a semblé assez percutante, parlant du viol, comme crime contre l’humanité (voir ci-contre). Le dessin y sert le message, et est assez significatif.

Nous avons à peine commencé d’aborder la video, pour analyser comment c’est encore plus difficile dans une image animée colonisée par l’érotisation de la violence, de la pornograhie en passant par les films mainstream et les campagnes militantes.
Deux ressorts nous semblent difficiles à défendre : celui du retournement concernant les violences (cf la campagne du LEF sur la prostitution) : l’image étant tellement faite d’une identification à l’homme dans tous ses états, que les femmes n’en sortent jamais re-capitées.

En revanche, la video militante féministe, avec Carole Roussoupoulos ou Delphine Seyrig, avec les Insoumuses (Maso et miso vont en bateau), a eu un vrai rôle de déconstruction de l’image télévisée, affirmant « qu’aucune image de télévision ne peut nous représenter ». Ainsi, a contrario, les images moins formatées, moins saccadées, morcelées, que permet le documentaire de création, donnent la parole aux sans voix, et un espace de liberté donné à chacune de se trouver une place dans l’image.

Enfin, nous avons à peine eu le temps d’évoquer des pistes pour représenter le désir, tel qu’il pourrait nous convenir, un désir féministe. J’ai donné l’exemple de « Lady Chatterley » de Pascale Ferran. Mais vous êtes les bienvenues pour en donner d’autres…pour nourrir cette réflexion de vos remarques, en commentaire sur ce blog.

Je parlerai de l’atelier « qu’est-ce que le féminisme radical » que j’ai co-animé avec Typhaine Duch (osez le féminisme, femmes en résistance) et Lucie Sabau (Osez le féminisme) dans un prochain billet…avec je l’espère rapidement, des extraits videos !

S.G

«Je rêve qu’un amour sans tyrannie soit possible»/ Revue de presse abolitionniste

Pluie de bons articles ces derniers jours sur l’abolition de la prostitution avec des arguments simples et clairs pour expliquer qu’être abolitionniste, ce n’est pas être contre la liberté individuelle, mais pour le progrès de tou-t-e-s les individus, pas des uns au détriment des autres.

Avec en premier cette définition de notre rêve par Lee lakeman: « je rêve d’un monde où les femmes vivraient en autonomie, paix, liberté, sans le phénomène hideux de la violence envers les femmes. Elle livre ici une définition simple et clair de ce que c’est qu’être abolitionniste :

http://www.rapereliefshelter.bc.ca/learn/resources/feminist-definition-abolition-0

Dans cette définition qui réaffirme que l’Etat doit être protecteur pour la dignité de ses membres, y compris les femmes, il est nécessaire d’agir, et vite. Voici un texte d’Osez le féminisme (Anne-Cécile Mailfert) qui appelle le nouveau président et le gouvernement à le faire : http://www.osezlefeminisme.fr/article/france-la-violence-d-un-etat-proxenete

Nous souhaitons que cessent ces violences de l’État et que s’opère enfin l’adéquation entre des principes progressistes et une véritable politique de lutte contre le système prostitueur.
Nous demandons que les personnes prostituées soient considérées comme citoyennes à part entières, qu’elles bénéficient des mêmes droits que tout-e-s (dont celui de vivre dans un Etat de droit protecteur), et de mesures d’accompagnement spécifiques pour bénéficier d’alternatives crédibles à la prostitution

Autre article intéressant, qui prend la question sous l’angle du travail, celui que les réglementaristes appellent « travail comme un autre », ce qui justifierait de se constituer en syndicats. L’article démonte point par point le fait que la prostitution puisse être un travail, et donc avoir des syndicats pour défendre les travailleurs/ses.

http://acciofeminista26n.wordpress.com/2012/06/03/syndicalisme-et-prostitution-quelques-questions-embarrassantes/

Deux extraits :

« un «métier» qui connaît un taux de mortalité 40 fois plus élevé que la moyenne, un «travail» associé à des situations généralisées de stress, d’alcoolisme et d’addiction aux drogues devrait, au moins, susciter de vives interrogations et être mis en quarantaine à partir d’un point de vue strictement syndical »…

et la conclusion :

Assez. Dans les conditions réelles des industries du sexe, un monde dominé par le crime organisé dans lequel sont exploitées des personnes préalablement conditionnées par tout un système proxénète, le fait d’évoquer l’action syndicale implique de décharger sur les femmes la responsabilité de leur situation et de la légitimer (au-delà de la promesse d’adoucir certains de ses aspects).

Ensuite, un article du Devoir, qui montre comment le Canada a besoin de prendre des mesures pour sortir les femmes de la prostitution et ce, malgré les récents jugements (Ontario) favorables aux réglementaristes : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/351565/prostitution

Et puis, il faut toujours replacer la prostitution dans son contexte réel : celui d’une société qui (ne) fonctionne (pas) en fermant les yeux voire en encourageant les violences sexuelles depuis l’enfance et jusque dans le viol prostitutionnel, sur lequel s’interroge ce blog :

http://enquelquesorte.blogspot.ca/2012/05/le-client-prostitueur-et-le-violeur.html?m=1

Un article à faire lire à tous les amateurs de football peu avant le début de l’Euro 2011 en Ukraine, qui fait craindre le pire en la matière : www.jolpress.com/article/euro-2012-lukraine-nest-pas-une-maison-close-prostitution-football-femen-692372.html

Le travail est considérable, quand on sait que les fédérations sportives n’ont pas répondu aux appels des féministes :

« Rappeler aux amateurs de football qu’en Ukraine la prostitution est illégale, et que les femmes ne sont pas des biens de consommation. Elles ont été totalement ignorées. « J’en ai conclu que les comités et fédérations sportives étaient en étroites relations avec l’industrie du sexe, comme ils le sont avec les distributeurs de bières » explique Anna Hutsol« Le sexe est l’alcool sont devenus des produits dérivés. » 

Enfin, pour garder espoir en ce monde, je ne peux finir cette revue de presse sans un mot sur Andrea Dworkin, qui a à la fois le mieux théorisé les violences sexuelles, prostitutionnelle et pornographique, et nous offre des moyens pour espérer en sortir et apprendre à nous défendre, comme le rappelle ce texte biographique paru sur Sisyphe : « Andrea Dworkin appelle les femmes à s’unir pour nommer le pouvoir, résister, agir, se réapproprier leur existence. «Nous savons comment pleurer, dit-elle. La vraie question est : Comment allons-nous nous défendre ?» http://sisyphe.org/article.php3?id_article=2734 Biographie d’Andrea Dworkin

Et voici le lien vers sa seule édition en français http://sisyphe.org/editions/Pouvoir-et-violence-sexiste…

Citation du titre (Andrea Dworkin)