Je suis Peppa Pig

16217_10204949030819124_4279853804984391239_nJe ne résiste pas à partager avec vous trois infos qui circulent cette semaine, autour de la question du blasphème et de l’attentat contre Charlie Hebdo. Sur les trois, un seul est inventé. Les autres semblent vraies (il faut admettre qu’il est de plus en plus difficile de distinguer entre le Gorafi et la réalité…). Celui du Gorafi donc (ou du dessin ci-contre), est pour moi la meilleure des satires de l’obscurantisme que j’ai pu voir : Les enfants en colère après des caricatures du Père Noël jugées injurieuses.

Par ailleurs, il a neigé en Arabie Saoudite cette année. Eh bien figurez-vous que la fabrication de bonhommes de neige a été condamnée et interdite par un cheikh, assimilée à la fabrication d’ « idoles impies » : http://www.liberation.fr/monde/2015/01/13/la-fabrication-de-bonhommes-de-neige-sacrilege-en-arabie-saoudite_1179819. Les Saoudiens eux-mêmes se sont érigés sur Twitter contre cette condamnation.

peppapig1711aEnfin en Grande-Bretagne, on est en plein débat sur la liberté d’expression. En effet, on y estime plus souvent que chez nos esprits frondeurs laïcs qu’il ne faut pas offenser les croyants en attaquant leur religion… Conséquence, toutes sortes de précautions sont prises…par exemple, une maison d’édition a donc envoyé une lettre à ses auteurs leur demandant de s’abstenir de représenter des cochons ou des saucisses et éléments qui pourraient évoquer le porc, cet aliment rejeté par les règles alimentaires du judaïsme et de l’Islam !! http://www.telegraph.co.uk/news/uknews/11345369/Oxford-University-Press-bans-use-of-pig-sausage-or-pork-related-words-to-avoid-offending-Muslims.html Des autorités religieuses juives ont même été obligées d’intervenir, pour rappeler que  si la consommation de porc était bel et bien interdite, prononcer le mot cochon où le représenter ne fait pas partie des 613 interdictions du judaïsme…

Allez, disons-le toutes et tous ensemble « I am Peppa Pig » !

(je me permets de le reproduire sans savoir d’où il vient mais il est très juste et veux bien le créditer si qqune se reconnaît).

Prenons la Une !

C’est une très bonne nouvelle. Une réaction saine et oh combien justifiée des les femmes journalistes, dont on avait senti les prémisses au moment de la grève des signatures des femmes journalistes des Echos. Un collectif de femmes journalistes a lancé un manifeste pour dénoncer l’inégalité criante entre femmes et hommes journalistes. Le manifeste a été publié ce matin par Libération.
Le voici intégralement.
Envoyez vos signatures et témoignages à : prenonslaune@gmail.com

Rendez visite au Tumblr avec ses témoignages : http://prenons-la-une.tumblr.com/

Et à la page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Prenons-la-une/655545421172592?notif_t=fbpage_fan_invite

Et pour en savoir plus sur le sujet, toujours l’excellent magazine « Les nouvelles news », l’autre genre d’info, dont la fondatrice, Isabelle Germain, fut d’ailleurs la présidente de l’Association des femmes journalistes, et donc logiquement pionnière en la matière ! http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/entreprendre-articles-section/entreprendre/3467-pourquoi-les-femmes-journalistes-prennent-la-une

prenons1Nous, femmes journalistes, dénonçons la trop grande invisibilité des femmes dans les médias. Dans les émissions de débat et les colonnes des journaux, les femmes ne représentent que 18 % des experts invités. Les autres femmes interviewées sont trop souvent présentées comme de simples témoins ou victimes, sans leur nom de famille ni leur profession.

Nous, femmes journalistes, ne supportons plus les clichés sexistes qui s’étalent sur les Unes. Pourquoi réduire encore si souvent les femmes à des objets sexuels, des ménagères ou des hystériques ? Par ces déséquilibres, les médias participent à la diffusion de stéréotypes sexistes. Or ils devraient à l’inverse représenter la société dans toutes ses composantes.

Ces stéréotypes sont à la fois la cause et le résultat des inégalités professionnelles, des propos et attitudes sexistes au sein des rédactions, mais aussi du manque de sensibilisation des journalistes à ces sujets.

Nous, femmes journalistes, refusons que persistent ces inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes au sein des rédactions*. Non seulement nous sommes plus touchées par la précarité, mais nous nous cognons aussi au « plafond de verre » : plus on monte dans la hiérarchie des rédactions, moins on trouve de femmes. Plus de 7 directeurs de rédaction sur 10 sont des hommes. Quant aux salaires, ceux des femmes journalistes restent inférieurs de 12 % en moyenne à ceux de leurs confrères. Ces inégalités se reflètent mécaniquement dans les contenus de l’information. Comment accorder de la crédibilité à la parole d’expertes quand on peine à reconnaître les capacités des femmes journalistes à diriger des rédactions ? C’est le cercle vicieux qui touche toutes les femmes et encore plus -c’est la double peine- les femmes issues de la diversité.

Pour lutter contre ces inégalités et créer les conditions d’une société plus juste pour tous, le collectif « Prenons la Une » s’engage à :

– pointer au quotidien les propos et stéréotypes sexistes dans les médias.

– dénoncer les inégalités tant qu’elles seront encore présentes.

Nous appelons nos consœurs et confrères à :

– veiller dans leur travail quotidien à une juste représentation de la société.

– constituer et diffuser dans leur rédaction une base de données d’expertes pour diversifier les sources et les rendre paritaires, comme la BBC le fait déjà.

– imposer aux dirigeant-e-s d’appliquer la législation sur l’égalité professionnelle en commençant par un diagnostic de la situation de l’entreprise.

Nous réclamons :

– l’intégration de la parité dans les critères de déontologie du futur Conseil de presse.

– la présence de 50 % d’expertes à l’antenne et sur les plateaux de télévision, en application concrète de « la juste représentation des femmes dans les médias », prévue par la loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes ; dont le CSA doit préciser les contours.

– le conditionnement de l’attribution « des aides à la presse » au respect des lois sur l’égalité professionnelle.

– la création de modules de formation, dispensés auprès de tous les étudiants en école de journalisme, sur la lutte contre les stéréotypes et l’égalité professionnelle. Et l’insertion de modules sur ces thèmes dans les offres de formation continue.

Nous appelons tous les journalistes, femmes et hommes, à rejoindre ce combat pour l’égalité !