rétro (6) 2012 : nos luttes en photos, et nous ne nous arrêterons pas là !

Une idée m’est passée par la tête, parcourir ma galerie photos de 2012. Et en faire « une année en images ». Au passage, je vous donne deux chiffres, livrés par wordpress : 264 articles cette année, pour 200.000 pages vues (126.000 en 2011).

Avant de vous proposer la galerie photos, quelques liens qui manquent dans les rétro 1, 2, 3, 4, 5, quelques sujets que je n’ai pas classés  mais qui ont marqué l’année, qui ont rapport au féminisme radical, à la pornification des femmes et au backlash : le débarquement des Femen en France, dont il a été question ici et ici. Ce texte sur 1Q84, qui s’en rapproche, ou encore nos pauvres hommes chosifiés. Ah oui, et aussi, on a  eu un ministère du droit des femmes et la parité au gouvernement.

Avant de vous laisser avec deux photos, les liens vers deux articles qui parlent de femmes qui ont fait l’histoire, et qui restent trop mal connues. L’une, parce que c’est « loin », l’Amérique du sud, et qu’elle est une femme, Juana Azurduy, l’autre qui vient de mourir cette année, Vitke Kempner, une héroïne.

Voici une galerie photos donc, en remontant le fil du temps, en commençant par le rassemblement d’hier pour toutes les femmes (et les enfants) encore victimes de violeurs et meurtriers qui agissent dans l’impunité à travers le monde.

Avec un message pour 2013, nous ne nous arrêterons pas là !

Rétro (4) : Pas de justice, pas de paix

PDJPDPXL’année 2012 aura malheureusement fini comme elle avait commencé : avec beaucoup de barbarie, pas assez de féminisme.
Et pourtant, il s’en est passé des actions féministes, en France et à travers le monde, pour essayer de lutter contre l’impunité des violeurs.
Depuis 40 ans, depuis des siècles, nos luttes existent, nos victoires souvent trop infimes. Mais la rage ne nous quittera pas de si tôt.

Et puisqu’en cette fin année nous parlons de l’Inde, voici comment je présentais la séance du samedi soir des 10 ans de femmes en résistance le 20 septembre dernier consacrée aux luttes des femmes indiennes contre l’impunité des violences : « Nous sommes toutes des hors-la-loi »

Une année de combats contre l’impunité des violeurs, que nous avons commencé, en lançant, avec Femmes en résistance et Mémoire traumatique et victimologie, la campagne « Pas de justice, pas de paix » (avec les photos d’Hélène Epaud), puis le hashtag #jenaipasportéplainte, qui a donné l’occasion à des centaines de femmes d’expliquer les multiples raisons pour lesquelles chaque année, 9 femmes sur 10 ne portent pas plainte, et de réclamer justice pour les victimes de viol et contre les criminels :

Lancement de la campagne PJP J1

PJP J2 : Signez la pétition

Pour que justice soit rendue aux victimes de viol

Avec nous, demandez la justice pour les victimes de viol

Ensuite, il y a eu le combat contre l’abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel. C’est un combat qui est le même que celui contre l’impunité de tous les agresseurs, les violeurs. Et en plus quand on sait que tant de viols sont décriminalisés en agressions sexuelles ou délits de harcèlement. Abrogée par le Conseil Constitutionnel deux jours avant le second tour de la présidentielle, l’annonce a provoqué une forte mobilisation féministe, qui a porté ses fruits et amené une nouvelle loi.

A l’annonce de l’abrogation : exigeons une nouvelle loi !

Une plainte historique et Vidéo du dépôt de plainte

https://sandrine70.wordpress.com/2012/07/25/harcelement-sexuel-viol-et-meurtre-de-notre-humanite/

Sinon, toute l’année, il a fallu, ici ou là, rappeler à quel point l’impunité des violeurs leur permet de continuer à faire du viol une arme de la guerre contre les femmes. Qu’on veut mortes. Mais nous voulons vivre, loin de leur monde, et comme Laëtita, continuerons à le crier, et le dire :

Capture d’écran 2012-12-29 à 20.23.41

Une série d’articles, pour qu’enfin, on regarde la situation du côté des victimes, du côté des femmes, et pas, systématiquement, du côté des agresseurs, que ne leur soit manifesté aucune solidarité ou indulgence masculine (et je préviens ici pour ceux qui ne voudraient pas comprendre : il ne s’agit pas de dire qu’il faut traiter de façon aveugle les criminels, mais le contraire : les juger en s’émancipant du regard complaisant sur eux, du fait qu’ils sont des hommes, et que leur victime est une femme).

Avec une réponse à l’inénarrable P.Sastre…

S’émanciper du viol, par quel coup de baguette magique ?

Et dans le même ordre d’idées, pour remettre les esprits à l’endroit : quand il n’y aura plus de violences il n’y aura plus de victimes

Une réflexion sur ce qui favorise, encore et toujours, l’impunité, la fameuse notion de consentement, utilisée n’importe comment…

Le consentement, paravent de l’impunité des violeurs

Que les hommes comprennent que ce n’est pas parce qu’eux ne sont pas violeurs qu’ils sont exempts d’être concernés :

Criminels contre l’humanité les violeurs, illégitimes les hommes qui les défendent

Un coup de gueule de Typhaine Duch : A vous qui osez nier la guerre contre les femmes

Une émission qui permet de mieux comprendre, avec Muriel Salmona :

https://sandrine70.wordpress.com/2012/09/06/une-emission-a-ecouter-absolument/

Pour l’écouter aujourd’hui, c’est ici : https://plus.google.com/112952027338215488664/posts/8F6BnwmJokP

Et bien sûr, il y a eu Créteil, avec le verdict pour viols collectifs (une condamnation, à un an de sursis) qui a déclenché un vaste mouvement de révolte

Pas de justice pas de paix aux assises de Créteil

Avec les photos du rassemblement à Paris le 15 octobre : nous ne nous tairons pas ! (et il y a eu des rassemblements partout en France)

Et les vidéos.

Avec ce constat qui semblait incroyable, mais qui se retrouve finalement dans tant d’affaires : des viols collectifs, des viols, mais des victimes considérées comme responsables, et des criminels, les violeurs, qui n’apparaissent jamais, nulle part, ne sont jamais nommés :

Capture d’écran 2012-10-17 à 14.58.28Créteil : viols collectifs sans violeurs et pour aller plus loin Un crime sans criminel ni victime ni enquête ni prison

Et si, autour du 25 novembre, le service public de la télévision se mobilisait pour parler de la question, encore de grands absents : les violeurs

La face cachée du viol, c’est le violeur.

Heureusement, il y a eu une belle manif le 25, journée de lutte contre les violences faites aux femmes : en voici les photos https://sandrine70.wordpress.com/2012/11/25/25-novembre-une-belle-journee-en-photos/
Ah oui, il y a aussi eu un comité interministériel aux droits des femmes, le premier depuis douze ans, cette année. Et un passage des mesures annoncées concerne les violences faites aux femmes. Je sais pas vous, mais moi ça m’a légèrement énervée : Les agresseurs en prison, pas dans les groupes de parole ! Alors évidemment, j’ai fait un titre provocateur. Mais c’était pour réagir surtout à l’absence de programme de soins aux victimes. Car, comme le dit si bien Muriel Salmona : la prévention des violences passe avant tout par la protection et le soin des victimes
Au final vous l’avez compris, j’en ai beaucoup parlé, et malheureusement, j’ai l’impression qu’il faudra encore en 2013 que j’en parle beaucou…TANT QU’IL LE FAUDRA !

Un dernier mot : je n’ai pas parlé ici du viol prostitutionnel, celui dont on achète l’impunité par un billet de 30 euros…c’est parce que cela sera l’objet du prochain volet de cette rétro. Abolition 2012-2013 !

S.G