Women of Soul

Une initiative originale à signaler. L’émergence du collectif « Women of Soul ».

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Une poignée d’artistes, chanteuses, musiciennes, auteures et poètesses qui se sont regroupées pour promouvoir, en même temps que leur art, leur pensée. Elles souhaitent inviter à une prise de conscience presque politique concernant les problématiques d’oprression (de genre, des minorités socio-ethniques et des diasporas). Elles s’inscrivent aussi dans un héritage artistique et musical négro-africain (jazz, soul, world music, musiques traditionnelles). Et accueillent toutes personnes se reconnaissant dans leur philosophie. 

Lors de leur premier concert collectif, le 17 Octobre à la Cantine de Belleville, elles ont su conquérir le public par l’ensemble de leurs qualités artistiques. Voix exquises de Kdja Nasé et Cae, textes très personnels, slam poétique féministe engagé de Faricia Fatia, et une invitée surprise, Melissa Laveaux, venue partager un moment avec ses soeurs en art.

Ca y est! Grâce à Internet, les femmes se sont mises au réseau. Et y excellent.

Toutes en réseau!

C’est la nouveauté des dix dernières années. Les femmes se sont mises aux réseaux, dans tous les domaines et tous les secteurs! Mais la plupart du temps, entre elles. Dans la première étude sur les réseaux féminins, EPWN (European Professional Women’s Network), réseau européen animé par Marie-Claude Peyrache  et Cécile Demailly (1), tirent un portrait des « réseauteuses » dans un petit livre très instructif, de la collection Women@work, « Réseaux- le nouveau fil d’Ariane ».

Premier résultat, les femmes cadres supérieures créent leur réseau avant tout pour des raisons sociales ou personnelles, c’est à dire pour rencontrer de nouvelles personnes,  et dans un second temps pour des raisons professionnelles. Trouver un nouveau travail, ou développer son activité ne viennent qu’en fin de liste de leurs motivations.

Internet libère les femmes

Autre enseignement, c’est bien l’émergence d’Internet qui accompagne l’explosion du nombre de réseaux féminins. Avec le web, les femmes sont libérées de deux des principaux freins à leur activité :  le web étant un outil neuf, il est peut-être exempt des freins habituels de la société patriarcale… freins qui font que les femmes sont peu dans les réseaux mixtes. Deuxièmement,  les contraintes personnelles et familiales sont levées -on peut réseauter de chez soi et au milieu de la nuit si on veut… avec d’autres femmes dans la même situation.  Mais les femmes sont aussi 30 à 60 % des membres des réseaux sociaux mixtes qui se sont multipliés ces dernières années, de Facebook à LinkedIn en passant par Viadeo et myspace.com.  Sur ce dernier, les femmes sont la majorité, et ce n’est certainement pas un hasard. Car les femmes savent que sur ces réseaux elles peuvent être visibles, là où dans les structures traditionnelles, la persistance des stétéotypes peut leur barrer l’accès.

Qui te connaît ?

Visibles, le sont-elles pour autant ?  Car la timidité ou la modestie restent très ancrées dans leurs réflexes : les femmes aiment répondre mais pas demander… Or pour être vue, il faut accepter de se montrer, dire ce qu’on fait, le faire savoir.Ca prend du temps qu’on préfèrerait peut-être consacrer à autre chose, mais c’est nécessaire… Ainsi, avoir plein de contacts sur ses réseaux, c’est bien (en moyenne, les femmes interrogées ont 396 contacts e-mails , 170 sur les réseaux sociaux type Viadeo/Facebook/linkedIn), mais ce n’est pas l’essentiel.

La vraie question à se poser est : parmi tes contacts, qui te connaît ?  Seuls ceux/celles qui savent associer  notre nom a des qualités, font vraiment partie de notre réseau. Et pour l’entretenir efficacement, son réseau, il faut être présente et active. Il faut participer, se montrer, aider les autres. En moyenne, un contact établi et maintenu, c’est 5 fois par an, par le biais du mail. 

Plus à l’aise sur la Toile que dans les cadres traditionnels, les femmes interrogées émettent enfin un souhait. Que le contact virtuel, soit de temps en temps complété par une rencontre en chair et en os. Et c’est souvent lors d’un dîner réseau que se concrétise un travail commencé sur le Net…

SG

(1)EPWN compte 3500 membres dans 13 pays européens, dont 1000 à ParisSa responsable France, Marie-Claude Peyrache,  fut la première femme à entrer au comité exécutif de France Télécom. 

Cécile Demailly est vice-présidente du Think Tank communities d’EPWN.