#8mars22h : des femmes à la rue

logo-femPour ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes, je suis en révolte… car en 2019, alors que le féminisme progresse, que de nombreux événements et campagnes importantes sont menées, que des condamnations sont enfin prononcées contre les agresseurs, que la langue devient moins masculiniste (Académie française) et que je peux facilement utiliser la règle de proximité…

Des femmes qui viennent d’accoucher dorment dehors, sans qu’on puisse leur proposer de solution. C’est insupportable.

#8mars22h, parce que c’est l’heure limite après laquelle, ce soir, des femmes qui n’ont pu avoir de solution au 115, dormiront dehors.

Ainsi ce 8 mars, le Samu social de Paris publie ceci :

-« En moyenne en 2018, 40 femmes chaque jour ayant appelé le 115 sont restées sans solution ». Rien qu’à Paris.
2 900 ont appelé pour la première fois, soit 31% de plus que l’année précédente.
4 400 femmes seules avec enfants ont appelé, 5 % pour les secondes.
Et maintenant, on agit ?
https://www.samusocial.paris/8-mars-noublions-pas-les-femme…

-Par ailleurs, cette semaine est parue dans Libération une tribune fondamentale sur l’hébergement des femmes et en particulier des femmes avec enfants. Le Mouvement du Nid Paris, Voix de femmes et l’association FIT Une femme un Toit y lancent un cri d’alarme :  « Nous, professionnel-les et bénévoles de l’accompagnement de femmes victimes de violences devons désormais composer avec cette réalité : il n’y a plus de places d’hébergement d’urgence à Paris en nombre suffisant. Même pour les femmes et les nouveau-nés. Même en plein hiver. La décision politique de couper le budget de l’hébergement d’urgence de 57 millions d’euros démontre bien que la situation va encore empirer ! »

Les femmes et les bébés dehors ?

Cette situation est intolérable. Je n’en veux pas aux personnes qui gèrent au quotidien l’hébergement d’urgence. Mais à l’absence de réaction de la société face à l’urgence qui monte un peu chaque jour.

Aujourd’hui, je voudrais qu’on pense à elles, et j’ai un peu l’impression que la société française est un peu dans un bocal comme la grenouille qu’on a renoncé à ébouillanter pour mieux augmenter la température progressive de l’eau…on sait que le résultat est le même…sauf qu’on a encore le temps d’arrêter le processus !

S.G

 

 

 

#8 mars de la MMF : « tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous marcherons »

DSC_0140C’est le slogan de la MMF qui organisait cette année la manifestation du 8 mars. Très joli parcours, très belle manifestation sous le soleil, environ 5.000 personnes, et une première étape pour aller vers la liberté des femmes, et notamment de celles qui sont sous le joug patriarcal de la prostitution : l’abolition et le vote de la loi, qui passera au Sénat fin mars. Mais tant que tous les enfants n’auront pas le droit de grandir, les femmes ne pourront non plus être libres, il faut encore le rappeler…
Voici donc plus qu’un long discours une longue série de photos, qui j’espère vous plairont (cliquez sur la première, vous aurez ensuite une galerie il suffira d’appuyer sur flèche droite pour que ça défile)

S.G
PS : et en ce #8 mars, je remercie Elaine Audet, qui a mentionné mon blog en des termes très agréables à lire sur Sisyphe 

8 mars : photos de manif ensoleillée #stopaudeni

DSCF6205Une manif’ pour la journée internationale des droits des femmes sous un air printanier ça fait du bien. Alors nous n’étions pas des dizaines de milliers, mais tout de même, c’était une belle journée pour manifester, et nous étions plus nombreuses et nombreux que ceux de Belleville (« 8marspourtoutes », avec le STRASS).

Voici donc quelques photos, et deux liens qui viennent compléter mon article d’hier sur la campagne #stopaudeni de l’Association mémoire traumatique et victimologie :

-une pétition à Christiane Taubira ministre de la justice pour « FAIRE APPLIQUER LA LOI AFIN QUE LES VIOLS ET AGRESSIONS SEXUELLES SOIENT RECONNUS PAR LES TRIBUNAUX : ICI

-Un article qui met en avant le scandale du silence fait sur les violences et viols commis à l’encontre des enfants : ICI

-Des ressources pour mieux comprendre : ICI

8 mars : « La dame du vendredi » et de tous les jours du calendrier…

Haha….j’ai failli écrire « LA » femme du vendredi, mais j’ai eu peur que tout le monde ne comprenne pas mon humour…cet article étant pour moitié sur quelques belles aberrations du 8 mars. En effet, quoi de plus simple pour neutraliser une journée de lutte que de la rendre ridicule en parlant d’une fête de la femme ? (voir ce que j’avais écrit l’an dernier). Un peu comme si le 1er décembre, journée internationale de lutte contre le SIDA, on offrait des fleurs ou des réductions aux personnes atteintes de cette maladie ?

8mars-logo-FINALAlors c’est une stratégie de propagande très efficace. Parce que du coup, il y a énormément de femmes qui pensent que le 8 mars est une infâmie…parce qu’elles ne peuvent pas savoir, propagande oblige, qu’il s’agit en fait, depuis plus de 100 ans, d’une journée de mobilisation internationale et de lutte pour les droits des femmes ! (Voir en bas de cet article la citation de Carole Roussopoulos qui s’applique si bien à ceci).

Du coup, il n’y a pas suffisamment de femmes qui viennent défiler pour leurs droits, à part les associations féministes. Il n’y a pas suffisamment de femmes pour qui c’est l’occasion d’en savoir plus sur ce qu’on fait leurs aînées, les droits qui ont été arrachés de haute lutte, et qu’il faut continuer à défendre.

Alors Libération a fait un florilège des actions mercantiles les plus sexistes et déshumanisantes de cette journée…malheureusement en se fendant d’un titre sexiste (imputant bien sûr la responsabilité de tout ça…à la femme, en rajoutant une insulte). On pourrait citer encore La Parisienne qui propose des séances de coaching aux femmes, Elle qui lance un hashtag twitter #jaimeetreunefemme parce que…ou encore

Du coup, l’initiative du ministère des droits des femmes de parler de 8mars toute l’année a le mérite de viser juste. Le ministère a décidé de publier un calendrier interactif de l’égalité, avec toutes les initiatives, partout : 8marstoutelannee.fr
Et parle de ses priorités en matière d’égalité (je rappelle qu’une loi cadre globale sur les droits des femmes est prévue au Printemps). La première est la lutte contre les violences, la seconde contre la précarité des femmes seules.

Capture d’écran 2013-03-08 à 09.05.32Un sujet fondamental qui est aussi en tête des préoccupations de ma revue hebdomadaire sur Cnikel, que je vous encourage à aller lire : http://www.cnikel.com/services-a-la-personne/enquete/journee-des-femmes. Outre les femmes en situation de précarité, nombreuses dans les services à la personne, on y parle grève des tâches domestiques, et Contes(de fées) à rebours…

S.G

Citation de Carole Roussopoulos, vidéaste féministe, décédée en 2009 et réalisatrice de « Debout », qui raconte les luttes des années 1970 : « Le féminisme a été tellement caricaturé que des femmes qui le sont profondément, le rejettent aujourd’hui. Mais il faut s’entendre sur ce qu’est le féminisme. Toute femme qui bouge, qui est consciente, qui veut faire un peu évoluer les choses, est féministe. Toute femme qui décide de ne plus être un paillasson, pour moi, est une féministe. Mais combien de femmes commencent leur phrase en disant …: « Je ne suis pas féministe mais » ! Ça, c’est terrible. Pourtant, si on aborde les problèmes calmement, en général elles reconnaissent que si les choses vont mieux, c’est grâce à nous, et que ce terme ayant été tellement déprécié, caricaturé, elles ont peur de l’employer pour elles-mêmes. Elles ne sont pas toutes dans la séduction des hommes, mais elles ne veulent pas être identifiées à des femmes caricaturées qu’elles ne connaissent pas, qu’elles n’ont pas connues personnellement, dont elles n’ont pas connu l’humour et la gaieté. C’est très flagrant dans les débats qui suivent les projections de « Debout ! » C’est la première chose que disent les gens : « Je ne savais pas que les féministes étaient comme ça ! ». Je leur demande toujours : « Comment croyiez-vous que nous étions ? » Je sais ce que les gens disaient de nous, parce que j’ai lu la presse, je connais les clichés, et c’est terrible ! L’image, dans ces cas-là, est intéressante. Les vidéos montrent les yeux qui brillent encore aujourd’hui, trente ans après… L’image révèle que les féministes des années 70 étaient pleines de ce plaisir qu’elles ont connu et qui a changé leur vie. Si les jeunes femmes étaient un peu plus informées, elles ne pourraient que suivre notre exemple. Nous avons toutes à gagner de lever la tête, tout le monde, tous les opprimés de la terre. »

« La dame du vendredi » est une référence à un classique du cinéma hollywoodien de Howard Hawks avec C.Grant et Rosalind Russell où elle joue une journaliste-reporter…

8 mars 2012 : Pas d’égalité sans abolition de la prostitution !

Comme je suis un peu occupée avec #manifestePJP ces jours-ci, je me contente de publier ce communiqué du front abolitionniste de la prostitution, qui participera bien évidemment à la manifestation du 8 mars Nation-Bastille à Paris, à partir de 18h30 : parce qu’il n’y aura pas d’égalité sans abolition de la prostitution, et parce que « nous ne baisserons plus le front ! »

 

Communiqué de presse 8 mars 2012 :

Pas d’égalité sans abolition de la prostitution !

Ce 8 mars 2012 prend un tournant historique. Un nouveau mot d’ordre s’impose dans les manifestations féministes : l’abolition du système prostitueur comme condition de l’égalité femmes-hommes. Les 44 associations et l’ensemble des signataires de l’Appel Abolition 2012, ainsi que de nombreuses autres organisations portent le message de la nécessaire pénalisation des clients-prostitueurs et de l’abrogation du délit de racolage.

Ainsi, dans le cadre de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, de nombreuses initiatives portent ces revendications. D’abord, la manifestation du 8 mars qui intègre un mot d’ordre tel que « Pour une véritable politique abolitionniste, incluant une vraie réinsertion des personnes prostituées, l’abrogation du délit de racolage et une politique de responsabilisation et de pénalisation des clients. » au milieu d’autres plus attendus comme « L’égalité salariale maintenant » ou « Une véritable éducation non sexiste et non lesbophobe ».

Puis, un ouvrage collectif, conçu comme un « programme politique des féministes » et ironiquement intitulé « Mais qu’est-ce qu’elles veulent (encore) ?! ». Là aussi, l’abolitionnisme prend enfin une place importante avec, parmi 30 mesures, une qui martèle l’impératif de « Supprimer le délit de racolage passif, mettre en place des mesures de prévention et d’éducation, pénaliser les clients prostitueurs et accompagner les personnes qui souhaitent quitter la prostitution ».

Si ce 8 mars 2012 a été résolument placé sous le signe de l’abolitionnisme, gageons que ceux des années à venir le seront encore plus !

Abolition 2012 (http://www.abolition2012.fr/):

Mouvement du Nid, Fondation Scelles, Amicale du Nid, ACPE (Association Contre la Prostitution des Enfants), AFCJ (Association Française des Femmes des Carrières Juridiques), Association Femmes Libres, CADAC (Coordination des Associations pour le Droit à l’Avortement et à la Contraception), Choisir la cause des femmes, Clara Magazine, CLEF (Coordination pour le Lobby Européen des Femmes), CNIDFF (Centre d’Information des Droits des Femmes et des Familles), CNFF (Conseil National des Femmes Françaises), Coalition Against Trafficking in Women, Collectif Droits des Femmes, CFCV (Collectif Féministe Contre le Viol), Collectif « FièrEs et Révolutionnaires » du PCF, Commission Genre et Mondialisation d’ATTAC, Comité Permanent de Liaison, CRIFIP (Centre de recherches internationales et de Formation sur l’Inceste et la Pédocriminalité), Mouvement Le Cri, ECVF (EluEs Contre les Violences faites aux Femmes), Ensemble l’Egalité C’est Pas Sorcier, EACP (Equipes d’Action Contre le Proxénétisme), l’Escale, Espace Simone de Beauvoir, FDFA (Femmes pour le Dire Femmes pour Agir), Femmes en Résistance, Femmes Solidaires, FIT Une Femme un Toit, Le Monde à travers un regard, LEF (Lobby Européen des Femmes), Marche Mondiale des Femmes, Mémoire Traumatique et Victimologie, MJF (Mouvement Jeunes Femmes), Oui à la Pénalisation des Clients de Personnes Prostituées, Osez le Féminisme, Regards de Femmes, Réseau Féministe Ruptures, Solidarité Femmes, SOS les Mamans, TQM (Les Trois Quart du Monde), ZéroMacho, Zonta Club France.

CONTACTS PRESSE Mouvement du Nid – France : 01 42 70 77 79 / 01 42 70 92 40 ou Claire Quidet 06 41 91 27 22 / communication@mouvementdunid.org , http://www.mouvementdunid.org/ , http://prostitutionetsociete.fr/ Amicale du Nid: 01 44 52 56 40 ou Hélène de Rugy 06 07 15 55 65 Fondation Scelles: Yves Charpenel 01 40 26 04 45 , http://www.fondationscelles.org/ 1 Fichier joint| 21Ko

Autour du 8 mars : l’égalité en marche, la justice en ligne de mire

Le 8 mars arrive. Le jour dit, on se bouchera les oreilles pour ne pas recevoir des fleurs…

Et même nous devrions faire la grève, comme à Toulouse, et dans le monde entier, comme l’explique le site 8 mars online...l’appel à la grève existe depuis 2000 ! A Toulouse donc, une manifestation à 14h place Jeanne d’Arc

Et on participera à la manifestation à l’appel du CNDF, à partir de 19heures…rendez-vous Bastille !

Ensuite, on pourra aller pour celles qui le souhaitent à la marche de nuit non mixte, rendez-vous 20h30. Je coupe court à tout commentaire. Non-mixte, parce que les femmes y revendiquent le droit de pouvoir circuler en sécurité la nuit. Que les hommes qui se sentent exclus se rassurent : ils peuvent nous soutenir, en relayant l’info et en applaudissant, et en organisant des actions auprès de ceux de leurs pairs qui ne nous laissent pas en paix la nuit pour les convaincre de nous laisser vivre…

Mais le 8 mars, c’est aussi beaucoup d’événements, avant et après.

Avec, le 7 mars à 18h30, cette soirée d’interpellation des candidat-e-s organisée par les 45 associations féministes réunies dans « féministes en mouvements« . Je vous en reparlerai aussi avec la sortie du manifeste « mais qu’est-ce qu’elles veulent encore », livre-résultat des rencontres féministes d’Evry en juillet dernier. L’idée est donc de placer l’égalité au coeur de la campagne, de faire pression pour que le jour venu, des moyens -au travers en premier lieu d’un ministère- soient donnés.

Juste avant, le débat public organisé par l’Assemblée des femmes de Paris à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris. C’est à partir de 14h, avec 3 tables rondes autour des contributeur-e-s à l’ouvrage collectif femmes-hommes enfin l’égalité ? Le programme ici : 120307_pg_assfem

Le 6 mars, un colloque est organisé par la mairie à la Bellevilloise de 10 heures à 19 heures, intitulé : « enjeux de l’égalité, enjeux du féminisme ». Il faut s’inscrire avant le 2 mars à cette adresse : 8mars.sg@paris.fr. Vous pouvez télécharger le programme ici : 120306_pg_mairieparis.

Le 6 mars également, mais dans la matinée à Sciences-po, un colloque de Presages « égalité femmes-hommes et partage du pouvoir économique ». Pour en savoir plus, sur le site du programme PRESAGES

Le 6 mars toujours -décidément- , Ciné-débat sur la prostitution à Saint-Germain-en-Laye organisé par le Mouvement du Nid autour du film « Slovenian Girl ».

Au Cinéma C2L – 25 rue Vieux Marché – 78100 Saint Germain en Laye. Le programme complet ici : 120306_mvtdunid

Bon, mais j’arrête ici mes « parisienneries », et si vous voulez les connaître toutes, rendez-vous sur le site du centre Hubertine Auclert, dont l’agenda est beaucoup plus complet.

Et je pars pour ailleurs en France…

En commençant par Lyon, avec une expo photo « on ne naît pas femme on le devient » par Marie-Hélène Le Ny. L’expo est déjà ouverte, vernissage le 1er mars et elle dure jusqu’au 10. C’est à la Bibliothèque du 1er rue Saint-Polycarpe.  Voici, par l’auteure-photographe, de quoi il s’agit : « Ce sont les représentations du féminin qui m’interrogent aujourd’hui, leur formatage agressif est souvent caricatural et réducteur. J’ai donc choisi de réaliser des portraits dépouillés de tout artifice, en noir & blanc et en studio, offrant le même espace neutre à chacune afin de focaliser l’attention sur des personnes humaine – des alter-égaux, et non sur des contextes sociaux. Elles sont près de 200, de 9 à 90 ans, de toutes origines et des cinq continents, à avoir répondu à ma proposition.« 

Si vous avez l’occasion de la voir, n’hésitez pas à me faire part de vos impressions !

A Nancy, le 8 à 18h30, l’antenne locale d’Osez le féminisme organise un flash mob et donne le programme dans la région, à consulter ici.

A Strasbourg aura lieu une conférence avec pour invitée spéciale Gisèle Halimi au Parlement européen (salle Louise Weiss) sur le thème : 100 ans de lutte pour l’égalité des sexes.

A Toulouse, le 8 mars, ce sera la grève des femmes, donc, mais il y aura aussi une projection le 7 mars au cinéma ABC du film d’Emmanuelle de Riedmatten sur Carole Roussopoulos (21h) ainsi que de « Liberté, ô mon Egypte » de Sabreen Bint Loula à 19h.

A Rennes, des manifestations pendant tout le mois de mars (programme ici) dont le 8 de 14h30 à 20h : à la rencontre des associations et partenaires rennais qui agissent en faveur des femmes. Forum organisé par la Ville de Rennes en partenariat avec le CIDFF 35. Halle Martenot – Place des Lices (métro Sainte-Anne).

Et enfin Marseille, où j’aurai l’honneur de participer à une table-ronde sur le thème la place des femmes dans l’art contemporain, dans le cadre d’une expo qui s’annonce très belle et fera la place à des créatices contemporaines marseillaises : + d’infos ici.

Et pour finir, je reviens une minute à Paris pour parler de l’inauguration, le 8 mars au matin, d’une plaque en l’honneur de Madeleine Pelletier, ( 1874-1939), militante féministe et 1ère femme diplômée en psychiatrie en France. Une Plaque à son nom sera dévoilée au 80-82 Gergovie Paris 14e. Suffragiste, pro-avortement et pratiquant elle-même des avortements, refusant la sexualisation des individus : Voici ce qu’en dit Wikipedia : « Ces actions ont été vues comme un attentat porté contre l’identité sexuelle. En écrivant de la manière dont elle s’habillait, elle a dit : « je montrerai les miens [les seins] dès que les hommes commenceront à s’habiller avec une sorte de pantalon qui montre leur …» »

Voilà, une de nos grandes figure historique, ce n’est que justice que cet hommage qui lui est rendu. Rendre la justice, ce sera aussi dans notre ligne de mire en ce mois de mars. Rendez-vous très bientôt pour dire avec nous : « Pas de justice, pas de paix »! .

 

 

Récits de femmes : extraits

ATTENTION IL FAUT CLIQUER SUR LE TITRE DE L’ARTICLE POUR AVOIR UNE BONNE MISE EN PAGE

Et voici des extraits du monologue de Médée, dit par Rebecca Bonnet.

(Dans la mythologie grecque et en très raccourci : Médée, magicienne, mariée à Jason, est quittée par celui-ci pour une femme plus jeune. Elle tue la jeune femme, puis les deux enfants qu’elle a eu avec Jason).

D’autres extraits du spectacle :

François Lamotte, metteur en scène du spectacle, nous explique pourquoi il a eu envie de proposer des rôles importants à de jeunes actrices. Des rôles souvent trop rares au théatre, alors que 80% de ses élèves sont des femmes… enfin, il parle de l’affiche du spectacle, réalisée par Alice Fenwick.

Bravant le froid et la bise, elles étaient à Nation…

Voila,

il faisait froid mais cela ne nous a pas arrêtées ! L’affluence était au rendez-vous, il est vrai que nous sommes à 6 jours des élections…

Quelques images et une vidéo sur le vif d’un 8 mars pas tout à fait comme les autres, puisque c’était le 100ème anniversaire de la journée internationale des luttes pour les droits des femmes!

« Precious » : K.O mais DEBOUT

Le 8 mars commence bien : Mo’nique, qui joue la mère de Precious, a eu l’oscar du meilleur second rôle (alors que pour la première fois, une femme, Katheryn Bigelow, obtenait l’oscar de la meilleure réalisation, pour « Démineurs »). L’occasion de revenir sur un film qui laisse K.O, mais debout.

Le film est dédié à toutes les « Precious » de la terre. Et c’est bien un film universel qu’a fait Lee Daniels, à partir du livre de Sapphire.
Aux Etats-Unis, le film a fait débat -on l’a accusé d’exposer la communauté noire au misérabilisme blanc (voir l’article du Monde),

on a même dit qu’qu’il montrait  les noir-e-s comme des « freaks ». Ah bon, Precious serait une « freak »? Je pensais qu’on en avait fini depuis longtemps avec l’idée même que des freaks, ça existait.  Precious est obèse, et alors ? N’est-elle pas une femme, d’abord et avant tout ?

On a dit aussi que l’héroïne du film était repoussante…je n’ai pas dû voir le même film. A aucun moment je n’ai senti Precious ni comme « freak », ni comme antipathique ou repoussante. Elle est juste une femme, qui, exposée aux pires adversités qui sont malheureusement le lot de nombreuses femmes, parvient à trouver le chemin de sa survie. Survie, au sens non pas de la vie qu’elle menait jusqu’à arriver dans cette école spécialisée, mais survie au sens de « survivor », c’est à dire la victime qui se donne et trouve la possibilité de sortir de son statut de victime, et d’appartenir au monde.

On ne peut pas comprendre le film sans connaissance minimale des mécanismes des violences faites aux femmes. Les virées mentales de Precious qui s’imagine en star adulée, ce n’est pas du délire ni un effet de style quelconque, c’est le mécanisme de la dissociation, qui seul, permet aux victimes de viol et de torture de supporter la souffrance.

Mais je ne veux pas faire long, juste dire que donc, Precious est magnifique, parce qu’universelle, et DEBOUT. DEBOUT dans un monde où les femmes sont victimes de la domination, analphabètes ou non, noires ou blanches, riches ou pauvres, hétéros ou lesbiennes. Et où elles se battent pour en sortir, où elles affirment leur qualité d’être humain.

Et en la veille du 8 mars, la voir marcher, dehors, à la fin, parce qu’elle a réussi à concrétiser son désir de vivre, parce qu’elle a réussi à prendre la main qui lui a été tendue (parce qu’elle a eu la chance qu’une main lui soit tendue), doit nous donner encore la force de crier, toutes ensemble : DEBOUT!

Sandrine Goldschmidt