#STOPaudéni ! dénonçons la culture du viol, aidons les victimes !

« Imaginons que vous croisiez une femme s’agrippant désespérément au bord d’un précipice. Sous elle, le vide — sans aide elle ne pourra pas remonter, elle finira par tomber et s’écraser au sol.
Que faites-vous ?
Vous l’aidez bien sûr, vous lui tendez la main pour la secourir. A aucun moment il ne vous viendrait à l’idée de passer votre chemin en la laissant se débrouiller, ou pire de lui écraser les mains d’un coup de talon pour lui faire lâcher prise.
Pourtant c’est exactement ce qui se produit pour une immense majorité de victimes de viol et d’agressions sexuelles.
Car ignorer la parole de la victime, la mettre en cause, lui demander si « elle ne l’a pas un peu cherché », si « elle est sûre que c’était un viol » ou « pourquoi elle ne s’est pas débattue », ne pas lui tendre la main pour l’écouter, l’aider, la soutenir et reconnaître la gravité de ce qu’elle a subi, c’est se conduire exactement comme si l’on refusait de tendre la main à quelqu’un qui risque de tomber dans le vide. »

A l’occasion du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, l’association Mémoire traumatique et victimologie présidée par Muriel Salmona lance une campagne « Stop au déni«  destinée à remettre le monde à l’endroit : les coupables à leur place, celle d’agresseurs et criminels, et les victimes à la leur, celles de victimes pour lesquelles la solidarité nationale et humaine doit s’exercer.

L’association lance donc une campagne de communication avec un dossier de presse explicatif très bien fait et très complet que vous pouvez télécharger ici : StopAuDéni_DossierDePresse

A partir de ce soir 22h, vous pourrez voir sur la page Facebook de l’événement un clip vidéo de la campagne à diffuser largement : https://www.facebook.com/events/443980902400341/?ref=ts&fref=ts

Et une campagne Twitter #stopaudeni où vous pouvez vous exprimer pour remettre le monde à l’endroit !

Aujourd’hui, ce crime qu’on ne dénonce trop souvent que lorsqu’il est une arme destinée à atteindre les hommes pendant les guerres, est une guerre quotidienne faite aux femmes et aux enfants. Le déni qui l’entoure et l’absence de reconnaissance et de soutien aux victimes qui est encore la règle sont à la mesure de la gravité des actes, et aussi la condition de leur reproduction. En ne soignant pas les victimes, on prépare une société d’hommes violents/violeurs et de femmes victimes, condamnées à revivre, dans leur mémoire ou parfois dans la réalité, les traumatismes subis. (Pour comprendre les mécanismes qui provoquent cela, lire « Le livre noir des violences sexuelles » de Muriel Salmona et ici et )
C’est donc massivement qu’il faut retourner la culpabilité et la responsabilité collectives. Les victimes ne sont pas les coupables, ce n’est pas à elles de changer la société. C’est aux coupables d’arrêter, et à la société de l’exiger d’eux. C’est à la société d’aider les victimes, pour qu’elles puissent mener une vie digne qui sorte de la survie. Ainsi, on peut mener toutes les politiques d’égalité professionnelle qu’on veut, de lutte contre les stéréotypes, tant que la famille sera le premier lieu où s’exerce la violence contre les personnes, contre les femmes massivement, contre les enfants peut être encore plus massivement, il ne faut pas espérer qu’un jour les filles puissent s’épanouir à leurs justes capacités. Mettre fin au déni, c’est donc le préalable à toute volonté d’établir une société juste, de liberté, égalité et de « Care », de solidarité envers les personnes vulnérables. Ainsi l’article premier de la déclaration universelle des droits humains dit : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ». Il est temps de moderniser ce dernier mot et de dire que TOUS les êtres humains, doivent agir, toujours, envers les autres humains, (et aussi la plupart du temps envers les êtres vivants en général), dans un esprit de respect de leur liberté, égalité, dignité, et d’empathie réciproque, que cette dernière ne soit plus réservée à une moitié de l’humanité. Pas de justice, pas de paix ! #Stopaudéni Sandrine GOLDSCHMIDT

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Un enfant n’est jamais consentant

pdjpdpx.pngAujourd’hui, le Collectif féministe contre le viol a lancé une campagne importante pour la lutte contre l’impunité de l’inceste, en insistant sur ses ravages et sur les insuffisances de la loi.

Avec des arguments percutants :

-un enfant n’est jamais consentant

-Le viol par inceste est toujours (au sens de dans tous les cas) un crime 

-Il faut donc que la loi soit changée et ne prenne plus en compte la définition traditionnelle du viol qui affirme que le viol est un acte de pénétration « par force, surprise, menace, contrainte ». Il faut que ces 4 notions n’entrent pas en compte. Que tout simplement, toujours, le viol par inceste soit un crime.

En ce qui concerne ce dernier point, une petite explication du pourquoi oui, c’est indispensable, et devrait d’ailleurs à mon avis être étendu plus largement à tous les viols sur mineurEs, me semble nécessaire.

1/ Que dit la loi ?

En ce qui concerne les mineurEs, le code pénal ne définit la majorité sexuelle que dans un article sur l’atteinte sexuelle (227-3)et de la façon suivante :

« Le fait, par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de quinze ans est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende

Et rien de plus. Il n’y a pas de définition du viol sur mineur. On pourrait donc, s’il n’y avait QUE cet article, conclure qu’un viol sur enfant serait puni comme une atteinte sexuelle, donc de 5 ans d’emprisonnement…

Heureusement, cela n’est -en théorie- pas tout à fait comme cela que ça se passe : car il existe un crime de viol défini comme « tout acte de pénétration sexuelle obtenu par violence, contrainte, menace ou surprise », et pour lequel il existe des circonstances aggravantes :

  • lorsqu’il est commis sur un mineur de quinze ans ;
  • lorsqu’il est commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de l’auteur ;
  • lorsqu’il est commis par un ascendant naturel ou adoptif ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime-
  • (et d’autres cas mais je ne prends que ceux ici qui concernent les mineurEs)

Il est alors puni de la peine maximale pour crime de viol, soit 20 ans de prison. Pourquoi demander plus ?

2/ Dans les faits

En réalité, et c’est là que le CFCV a raison, le viol sur mineur est donc dans ce cas défini comme « sans violence, contrainte, menace ni surprise ». Il laisse donc la possibilité de plaider le consentement de la victime, puisque le viol est défini à part des atteintes sexuelles (alors que l’agression sexuelle est définie comme une atteinte sexuelle).
C’est donc là qu’il y a un manque flagrant qui laisse la porte ouverte à trop de ces faits d’in-justice qui nous révoltent si souvent, où les peines sont soit incroyablement faibles quand il s’agit d’enfant de moins de 12 ans, ou quand lorsqu’il s’agit d’une jeune fille de 13 ans, on invoque « qu’elle en a exprimé le désir » (enfin, c’est le criminel qui le dit en général et c’est parfois suivi par les juges), invoquant le consentement là où il n’y a pas de sujet.

Donc, oui, évidemment, il faudrait une définition du crime de viol sur mineur de 15 ans !

Mais suffit-il de parler d’inceste ?

En effet, une loi en 2011 avait inscrit une définition de l’inceste et en faisant un crime aggravé. Sa définition en a été jugée trop imprécise par le Conseil constitutionnel : elle ne limitait pas l’inceste à la famille de sang, et par exemple une personne qui avait l’autorité temporaire sur l’enfant (concubin d’une tante par exemple) rentrait dans cette définition, ce qui a fait polémique. Et depuis, rien n’a été fait.

Alors certes, cette enquête met un focus sur l’inceste, et c’est fondamental, puisque c’est ce crime qui reste le plus tabou, le moins puni et le plus fréquent, et celui qui fait le plus de ravage, et détruit des vies avant même qu’elles n’aient commencé (voir les chiffres dans le dossier de presse). Mais c’est sur l’ensemble des atteintes, agressions sexuelles et viols sur mineurEs qu’il faut changer les choses. On ne peut à mon avis seulement mettre en avant l’inceste, car on écarte le voisin, l’inconnu, « l’ami de la famille »…qui lui reste sous le coup de la définition du viol aggravé, alors qu’il n’y a pas plus consentement.

Pourquoi alors ne pas créer une définition du viol sur mineur qui précise l’évidence : puisqu’il n’y a pas consentement avant 15 ans, il y a donc viol dans tous les cas, et c’est donc un crime qui doit être jugé aux assises dans tous les cas et puni de 20 ans ! Et on enlève les notions ici sans objet de violence, surprise, menace ou contrainte.

Et y ajouter -peut-être- (je soumets ceci à la réflexion) une circonstance aggravante d’inceste, quand le criminel a non seulement autorité mais devoir de protection parental et familial, en en rédigeant une définition suffisante (je ne suis pas spécialiste de la question, du coup ma définition ici n’est pas à prendre au mot près mais comme un élément, parmi d’autres certainement) ? Mais plus que la circonstance aggravante, c’est l’impossibilité de maintien de toute forme d’autorité parentale qui doit être décidée (ce que demande d’ailleurs le CFCV), ainsi que la prise en charge à vie des soins aux victimes.

Je rejoins par ailleurs le CFCV dans sa demande d’imprescriptibilité des crimes sexuels contre les mineurEs, et ses autres revendications.

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Un mot encore sur une formule qui peut malheureusement prêter à confusion au sein d’une campagne si importante. L’inceste est toujours un crime/ Changeons la loi. Certains au premier regard comprennent qu’il faut changer la loi pour que l’inceste ne soit plus un crime. Alors que bien sûr il faut comprendre changeons la loi pour que l’inceste soit toujours jugé pour ce qu’il est, un crime ! Encore une fois, on se fait souvent piéger par nos campagnes de communication.

Et enfin, une note un peu pessimiste…malheureusement, si seulement la justice avait l’heur d’entendre la réalité de ce qu’est le crime de viol, et de ce qu’il provoque comme souffrance souvent toute la vie aux enfants, aux femmes, à tous les humains qui les subissent, cela serait une évidence. Mais aux enfants encore plus, oui, lorsqu’ils sont à la fois enfants et victimes de bourreaux. Si la société dans son ensemble remettait en question la façon si répandue d’élever les enfants à l’envers, en retournant systématiquement la culpabilité sur eux et en mettant sur leur chemin tant de souffrances, on n’aurait pas besoin de toujours, changer les lois…

Le travail de sensibilisation est donc bien ici aussi très important, en faisant connaître et reconnaître cette réalité, cette souffrance, pour qu’à un moment donné, on, la société dans son entier, et ses institutions, cesse de la tolérer, de fermer les yeux. Il faut donc changer la loi, mais aussi les pratiques patriarcales d’un monde où l’on préfère les dominants -hommes et pères violeurs de femmes et enfants- aux victimes.

Pas de justice, pas de paix !

Sandrine Goldschmidt

30 jours d’action pour l’abolition du système prostitueur

Alors que la proposition de loi d’abolition du système prostituer a été déposée et sera discutée le 27 novembre à l’Assemblée nationale,

le collectif Abolition 2012 lance une campagne « 30 jours pour l’abolition du système prostitueur »

Avec chaque jour un témoignage (issus du magazine Prostitution & Société du Mouvement du nid), aujourd’hui celui de Marion : « j’ai le sentiment qu’on me demande d’y retourner »

Le communiqué de presse de lancement de la campagne : 30 jours d’action pour l’abolition du système prostitueur

Et le tour de France des actions

Par ailleurs, le collectif « les jeunes pour l’abolition » a diffusé un court-métrage réalisé par Frederique Pollet-Rouyer et Siham Bel  :

« la prostitution, un métier », qui montre bien toute l’absurdité de la propagande qui voudrait faire de cette atteinte aux droits humains et violence sans nom un travail.

Enfin, toujours à lire,

Pourquoi la Suède est un bon modèle

La video de « Pas de justice, pas de paix » !

Voilà, vous pouvez toujours envoyer massivement des lettres contenant la plainte de PJP à vos élu-e-s, ministres…en cliquant ici : http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/vous-aussi-envoyez-la-plainte/

Et après les photos, la plainte, voici la video. En attendant la suite de cette campagne politique ET artistique pour que justice soit rendue aux victimes de viols. Faites suivre le lien !  http://www.youtube.com/watch?v=7qsRniVqMag

Vous pouvez aussi en savoir plus sur le manifeste ici : http://pasdejusticepasdepaix.wordpress.com/que-sommes-nous-pas-de-justice-pas-de-paix/

Viols : campagne Pas de justice, pas de paix : Jour 2 + Signez la pétition

Et n’oubliez pas que vous pouvez signer la pétition pas de justice pas de paix ici : http://lapetition.be/en-ligne/petition-10319.html. Déjà 917 signatures : objectif, 1000 ce soir ! Pour cela, transférer les liens à vos ami-e-s et contacts !

Vous pouvez nous retrouver sur Facebook : http://www.facebook.com/pages/Manifeste-pas-de-justice-pas-de-paix/339714649387698 et cliquer sur la mention j’aime pour nous soutenir

Et nous suivre sur twitter : @manifestePJP

 

Signez le manifeste contre le viol!

La honte doit changer de camp. Le slogan est simple, clair, efficace. L’affiche et le manifeste aussi. Que nous dit la campagne lancée par Osez le féminisme, le Collectif féministe contre le viol et Mix-Cité. Tout simplement que le silence imposé aux victimes, né de la honte et de la culpabilité que leur agresseur leur a fait ressentir, doit être brisé. C’est lui le coupable. Il faut libérer la parole, permettre aux victimes (75000 femmes adultes chaque année, et c’est une estimation basse, de l’Insee) de ne plus l’être un jour. Pour cela, la campagne nous propose, à nous, les femmes, de signer le manifeste Pétition contre le viol(2), pour dire que nous sommes toutes dans le même bateau, celui aux commandes duquel est la domination masculine : un bateau qui fait que certaines ont été violées, d’autres le seront, toutes nous savons qu’un jour cela peut nous arriver à nous. Parce que le viol n’a pas de frontières sociales ou culturelles. La seule frontière sur laquelle butent les victimes, c’est bien celle du silence. Un silence qui contribue à perpétuer ce crime de masse, préparé avec les crimes sexuels commis à l’encontre des enfants, qui créeront des futures victimes et de futurs agresseurs. Un silence continué pour toutes les femmes du monde, parce que, et c’est bien ce que dénonce la campagne, c’est le verrou du système, du système de domination masculine. Tant que l’être, l’existence des femmes est niée, le plus souvent par ceux qui sont censés l’aimer, c’est sûr, elle n’a aucune chance de pouvoir vivre une vie normale.

Mais si le silence est brisé, si enfin, plus de 10% des victimes parviennent à porter plainte, si plus de 1% des agresseurs sont condamnés, si aucune femme d’abord, aucun homme aussi ne peut plus fermer les yeux, se dire indifférent à la situation, peut-être les choses pourront elles évoluer. Je me joins donc à l’appel d’Osez le féminisme, du Collectif féministe contre le viol et de Mix-Cité à toutes les femmes ou au moins le plus possible, à signer le manifeste, à tous les hommes (et femmes) à ne pas hésiter à signer la pétition qui est mise en ligne aujourd’hui.

J’appelle tout le monde à visiter et faire connaître le site www.contreleviol.fr pour qu’ensemble, on puisse faire reculer ce crime de masse organisé. Autre buzz facile à faire, si vous êtes sur facebook, twitter et autres réseaux sociaux avec photos de profil, télécharger la photo ci-jointe. Ainsi, vous susciterez la curiosité de celles et ceux qui se demanderont « qu’a-t-elle, qu’a-t-il signé ? ».

Et je lève mon chapeau aux organisatrices. Si nous tenons bon, sur la durée, peut-être aurons nous les moyens, enfin, de faire pression sur les pouvoirs publics, et de changer les représentations. Les objectifs de la campagne sont détaillés sur le site : plus de moyens financiers des pouvoirs publics pour la prise en charge des victimes, soutenir les associations, prise en charge des soins à 100% pour les victimes, des campagnes d’informations, une formation des professionnels, un jugement des crimes sexuels exclusivement en cour d’assises, une enquête systématiques à la suite des plaintes…

Toutes et tous, participons à la campagne contre le viol. La honte doit changer de camp !

De droite à gauche : Emmanuelle Piet, Samira Ouardi, Caroline de Haas
L'assemblée réunie pour un petit-déjeûner de presse à l'Hélicon café

Enfin, bien sûr, il faut rappeler le numéro d’appel pour les victimes :  Viols femmes informations (0 800 05 95 95)

Voila. Il y a enfin les films, de Patric Jean et Frederique Pollet, que vous pouvez voir sur le site www.contreleviol.fr, et diffuser largement, et voici le plus long ci-dessous