Women against Trump

Wonderful weather and light in Paris for a great demonstration. To support the hundreds thousands of women who marched in The US of A.

Très beau temps et lumière à Paris ce samedi pour une belle manif’ de soutien aux dizaines, centaines de milliers de femmes ayant défilé contre le nouveau Président Donald Trump.

Galerie de photos  : vous pouvez cliquer sur chaque photo pour les voir en grand.

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Finançons la Fondation des femmes !

une-affiche-de-la-fondation-des-femmes-873961_w650Belle occasion de réapparaître ici : le lancement, jeudi dernier, de la Fondation des femmes à Paris. Cette Fondation, c’était d’évidence un besoin, et d’ailleurs, comme l’a dit Anne-Cécile Mailfert, sa fondatrice, c’était incroyable qu’elle n’existe pas encore. Parce que les droits des femmes, c’est une  cause qui vaut bien les autres, et que l’argent manque tout particulièrement aux femmes qui les défendent, à toutes les étapes.

Je n’écrirai pas long sur la soirée, car il me faut ici aller droit au but. Cette initiative, déja soutenue par la fondation FACE, France Télévisions et UP (ex chèque déjeuner) et d’autres, est d’autant plus importante que la tâche est immense, et qu’il faut enfin que les femmes aient accès à la générosité reconnue des citoyennes et des citoyens !

Dès maintenant, vous pouvez participer à l’opération 8 euros par mois tous les 8, à l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, parce que le 8 mars c’est tous les jours ! Pour cela, rendez-vous tout simplement ici : 

Fondation des femmes

Et sur Twitter, pour diffuser l’opération autour des vous, autour du hashtag #8eurostousles8 

Cela vous reviendra après déduction fiscale à 2,75 euros par mois. Les dons (objectif de la première année 300.000 euros) seront ensuite redistribués aux projets des associations de défense des droits des femmes.

A noter que la Fondation aura également une commission juridique, déjà rejointe par une vingtaine d’avocates et d’avocats, pour aider les associations dans leurs démarches.

Pour en savoir plus, quelques liens :

http://www.aufeminin.com/news-societe/la-fondation-des-femmes-voit-le-jour-et-il-etait-temps-s1766405.html

http://www.lesinrocks.com/2016/03/04/actualite/lancement-dune-fondation-des-femmes-pour-en-finir-avec-les-inégalités-entre-les-sexes-11810263/

http://madame.lefigaro.fr/societe/la-fondation-des-femmes-argent-associations-de-droits-des-femmes-020316-113120

S.G

 

 

 

 

 

Un féminisme sans vague-arrière (à l’âme)

IW8Parfois, la tournure que prend la représentation du féminisme dans la société et jusque dans les manifestations de rue nous donne un peu du vague à l’âme. Quand d’un coup, se revendiquent féministes les tenantEs d’une pensée qui selon nous reproduisent le système de domination patriarcale. Quand on veut nous faire croire qu’il y a un « nouveau féminisme » et qu’il s’agirait simplement de courants, et non de divergences profondes entre un féminisme d’une part, et un anti-féminisme de l’autre, qui est d’autant plus efficace qu’il prend les atours et les mots du premier (voir l’appropriation -judicieuse parce que la formule initiale est insuffisamment précise mais n’est qu’une formule et non une pensée- du « mon corps m’appartient » par le néolibéralisme patriarcal : puisque mon corps m’appartient je peux le vendre…d’où la nécessité de préciser « mon corps c’est moi » et je suis inaliénable..).

Les plus grandes penseuses féministes sont souvent restées peu connues. Cela fait partie du système oppresseur : si l’on ne diffuse pas la pensée qui conteste l’ordre établi, on l’empêche de se répandere. Forcément la transmission ne se fait pas, et vague après vague, les femmes doivent tout recommencer. C’est le cas de Maria Deraismes (1823-1894), oratrice, dramaturge et journaliste républicaine et anticléricale. Ses textes furent édités sous le titre « Eve dans l’humanité’. Elle avait fondé l’hebdomadaire « Le droit des femmes » et l’organisation féministe « L’association pour le droit des femmes ». Nicole Pellegrin, dans son anthologie « Ecrits féministes, de Christine de Pizan à Simone de Beauvoir », décrit son apport -très original pour l’époque, de la façon suivante :

« Son originalité s’exprime plus encore dans la défense des droits féminins au plaisir sexuel -un sujet tabou- et dans ses condamnations, explicites et réitérées, de la prostitution, dont elle fait moins une « plaie sociale » et un problème d’hygiène publique qu’un sous-produit du patriarcat »

En clair, on est il y a 150 ans dans les mêmes problématiques qu’aujourd’hui. D’un côté ceux qui prétendent qu’il faut réglementer la prostitution « pour des questions de santé et d’hygiène », de l’autre celles et ceux qui font le lien avec le patriarcat, la domination masculine qui ravage la santé des personnes prostituées et va à l’encontre de la dignité humaine.

Voici ce qu’elle écrit, qui remet les pendules à l’heure et le monde à l’endroit :

« L’Occident favorise la prostitution, en d’autres termes le commerce de la chair humaine elle viole en même temps la liberté et la dignité de l’être conscient. […]

La prostitution régie par l’Etat réduit à néant les principes de justice, de droit, de solidarité sur lesquels s’appuient les sociétés modernes. Le mépris de la loi, dans ce qu’elle a de plus auguste et de plus sacré, est quotidiennement autorisé.

En effet, dans l’esprit de la loi, toute peine, tout châtiment infligé a toujours comme but la moralisation présumée du condamnée, lors même que les moyens expiatoires employés sont défectueux. Or, le contraire arrive dans la prostitution patronnée par l’Etat, la délinquante est considérée comme incurable et loin de s’efforcer à la moraliser, on l’oblige à récidiver d’office. C’est ainsi qu’une jeune fille, une femme appréhendée sur la voie publique pour excitation à la débauche, est immédiatement inscrite comme devant continuer à se prostituer, suivant la volonté des passants. Dans ce cas, c’est l’Etat qui est récidiviste ».

NDLR : ici, elle dénonce le fait qu’il y a des zones réservées à la prostitution : l’activité n’est pas interdite, mais est délinquante celle qui « racole en dehors des clous ». On la remet sur le trottoir « dans les clous ». C’est donc comme aujourd’hui, avec le délit de racolage…elle ne soutient donc pas que les femmes qui se prostituent sont délinquantes, mais critique l’attitude de l’Etat à leur égard.

« La société croit se justifier en arguant qu’il n’existe ici ni jugement, ni condamnation, que c’est simplement un règlement de police, une mesure administrative, dont l’objet est d’assurer l’ordre public et la décence extérieure (NDLR : toujours vrai avec la loi Sarkozy / racolage passif…)« 

(…)

Qu’on avoue donc franchement que c’est une façon ingénieuse, mais absolument criminelle, de satisfaire la dépravation des hommes; et le comble de l’impunité, c’est que l’homme complice reste indemne. Evidemment, si les femmes étaient pour quelque chose dans l’élaboration des lois, cette iniquité scandaleuse n’eût jamais eu de réalité.

(…)

Deux solutions se présentent : ou les hommes peuvent régler leurs moeurs et s’en tenir au mariage; ou il faut déclarer les moeurs libres pour les deux sexes avec une égale responsabilité des deux parts : recherche de la paternité, etc.

Elle discute ensuite de ces pseudo « besoins sexuels des hommes » en disant que la nature n’y est pour rien et que l’homme social est bien capable de se contrôler. S’il ne le fait pas, donc…

« A quoi nous en prendre, si ce n’est au gaspillage des forces mal gérées en humanité ? Et qui est responsable de ce gaspillage si ce n’est l’éducation sotte et coupable donnée à la jeunesse masculine ? ».

Conclusion de tout cela, qui est un vrai ancêtre de manifeste abolitionniste ( 1- suppression du délit de racolage, 2-punition du vrai responsable, 3-éducation à une vraie liberté sexuelle pour tout le monde – il ne manque que les alternatives à la prostitution) :

« La prostitution est une tache, une ignominie séculaire qu’il faut au plus vite faire disparaître sous peine d’immobiliser le progrès »

(…)

Pour venir à bout de cette plaie sociale, il est nécessaire qu’une protestation publique se produise avec éclat; il n’y a plus à invoquer la question d’hygiène, la science médicale a fait justice de ces erreurs, elle a démontré par une série d’exemples probants que la réglementation était plus funeste que favorable à la santé publique ».

Conclusion :

« Considérant que la prostitution à laquelle l’Etat prête son appui est le plus grand outrage fait à la conscience humaine,

Considérant tous les maux sociaux qui en résultent;

Je demande que les femmes étrangères, dont les pays sont soumis à ces honteux règlements, s’unissent aux femmes françaises, pour réclamer l’abolition de la police des moeurs ».

Elle a prononcé ce discours dont je vous livre les meilleurs passages au Congrès du droit des femmes en juin 1889.

Aujourd’hui, 125 ans après, nous allons obtenir cette abolition en France. Elle avance aussi en Europe. Que de temps il aura fallu depuis Maria Deraismes ! Et que de résistance au backlash il nous faut avoir ! Car ce que n’avait peut-être pas prévu cette grande féministe, c’est la force de l’obscurantisme, qui vise à faire perdurer cet outrage à la conscience humaine. Et je voudrais que ceux qui, à Amnesty International, tentent aujourd’hui de faire passer l’idée que la prostitution ne serait pas une atteinte aux droits des femmes mais serait un « droit de l’homme », lisent et relisent ces mots écrits 100 ans après la révolution française.

Aujourd’hui encore donc, il faut lutter. Et des femmes remarquables le font à travers le monde, dont des survivantes de la prostitution avec un immense courage : Rebecca Mott, bien sûr qui nous rappelle l’évidence (« this is torture) concernant la prostitution, et Rachel Moran, qui en ce 8 mars, s’adressait aux Norvégiennes dans un discours à écouter.

Cliquez ici pour voir la vidéo (c’est en anglais)Elle s’adressait aussi à Amnesty. Et rappelait elle aussi quelques évidences, et posait quelques questions à l’organisation internationale :

– « Ce qui se passe dans les bordels n’a rien à voir avec de la sexualité et rien à voir avec du travail. C’est de l’oppression ».

– « Quand les droits des femmes ont-ils cessé d’être des droits humains » ?

J’ajouterais : quand les droits des femmes seront-ils enfin des droits humains ?

S.G

 

 

 

 

 

 

8 mars : photos de manif ensoleillée #stopaudeni

DSCF6205Une manif’ pour la journée internationale des droits des femmes sous un air printanier ça fait du bien. Alors nous n’étions pas des dizaines de milliers, mais tout de même, c’était une belle journée pour manifester, et nous étions plus nombreuses et nombreux que ceux de Belleville (« 8marspourtoutes », avec le STRASS).

Voici donc quelques photos, et deux liens qui viennent compléter mon article d’hier sur la campagne #stopaudeni de l’Association mémoire traumatique et victimologie :

-une pétition à Christiane Taubira ministre de la justice pour « FAIRE APPLIQUER LA LOI AFIN QUE LES VIOLS ET AGRESSIONS SEXUELLES SOIENT RECONNUS PAR LES TRIBUNAUX : ICI

-Un article qui met en avant le scandale du silence fait sur les violences et viols commis à l’encontre des enfants : ICI

-Des ressources pour mieux comprendre : ICI

Tunisie : liberté pour Amina, Marguerite, Pauline et Joséphine !

RASSEMBLEMENT
Mardi 11 juin – 18 heures 30
Près de l’Ambassade de Tunisie
au métro St François Xavier
 
 à 16h30 une délégation sera reçue par l’ambassadeur de Tunisie
Voici le texte d’appel des assos féministes dont Femmes en résistance :
Solidaires d’Amina Sbouï et de Pauline, Marguerite et Joséphine, militantes Femen, les associations et organisations signataires condamnent leur maintien en prison, le report de leurs procès et l’aggravation des chefs d’accusation qui pèsent sur elles, porte ouverte à des peines beaucoup plus lourdes.

Manifester pacifiquement pour une cause, celle des droits des femmes tunisiennes en l’occurrence, ne doit en aucun cas conduire en prison.

Nous exigeons leur libération immédiate et leur exprimons notre solidarité dans ces moments très difficiles.

Nous demandons au gouvernement français, à Laurent Fabius et à Najat Vallaud Belkacem de tout mettre en œuvre pour qu’elles soient libérées et qu’Amina vienne poursuivre ces études en France, comme elle le souhaite.

Nous appelons à un rassemblement devant l’ambassade et les consulats de Tunisie partout en France le mardi 11 juin à 18h30.

 
 
Signataires : Marche Mondiale des Femmes, Comité de Soutien à Amina, Prochoix Paris, Femen,
 UniEs-vers-Elles, Femmes Solidaires, Clara-Magazine, La CLEF, Collectif National Droits des Femmes, Réseau féministe « Ruptures », Femmes pour le Dire Femmes pour Agir, Les EfFRONTé-e-s, MMF22, Ligue du Droit International des Femmes, Maison des Femmes de Montreuil, Bagdam Espace Lesbien Toulouse, Femmes ici et ailleurs, Ni Putes Ni Soumises, Osez le Féminisme, Les Insoumises, Femmes migrantes Debout, Collectif Midi-Pyrénées pour les Droits des femmes, MMF 31, Le Relais de Sénart, Association Droits des Femmes Paris XXème, Collectif Tenon, Collectif Libertaire Anti-sexiste, Association FEM (féministe écologiste mixte), Fédération nationale Solidarité Femmes, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie, Émission Femmes Libres, Femmes en résistance, Libres MarianneS, Parole de Femmes, Coordination13-MMF-PACA, Encore Féministes !, Toujours Elles 85, ATTAC, les Maisons des Potes, Manifeste des Libertés, UFAL, SUD Groupe GFI, Parti Communiste Français, Parti de Gauche…
CONTACT : 06 80 63 95 25

8 mars : c’est beau une manif la nuit !

Bon, il pleuvait, y avait pas tant de monde que l’an dernier (manif post élections et ministère), mais c’était une manif du 8 mars, donc importante, et surtout, c’était à la tombée du jour, et c’est joli pour les photos. Brève galerie

Revue du vendredi : Wadjda et Arrêtez-moi au cinéma

Cette semaine, revue hebdo consacrée au cinéma, avec  deux films qui sont sortis mercredi, qui enfin traitent de sujets qui concernent les droits des femmes, et surtout les violences faites aux femmes.

wadjdaAinsi, le premier film saoudien, Wadjda, réalisé par une saoudienne, a eu l’honneur de la critique. Et c’est mérité. Wadjda serait une « Antoine Doinel » au féminin. Et c’est vrai, l’espièglerie de la jeune fille dans une société qui veut réduire les femmes et fillettes au silence, son intelligence pour détourner le système, voire pour en profiter (même si à la fin, on voudrait bien qu’elle n’aie pas dit la vérité), font du bien. Elle veut faire du vélo et elle fera du vélo, tout en changeant le monde, et le remettant à l’endroit.

Un cinéma tout en subtilité, qui n’en montre pas moins l’implacable système patriarcal à la saoudienne, violent pour les femmes, et hypocrite, comme parvient si bien à le faire remarquer la jeune fille.

Les critiques sont en revanche plus sévères avec « Arrêtez-moi » de Jean-Paul Lillienfeld, et pourtant c’est aussi un film très important. 1751459Certainement moins cinématographique que Wadjda, probablement un peu coincé dans cette nécessité justement, de créer un suspense de cinéma.  Mais indispensable, parce que c’est certainement un des premiers films qui montre aussi clairement les processus et les ressorts de la violences conjugale. Le film est soutenu par Solidarité femmes, la Fédération qui gère le 39 19, numéro d’appel pour les victimes de violences. Le film est tiré du roman « les lois de la gravité » de Jean Teulé, inspiré d’une histoire vraie, celle d’une femme qui vient, presque 10 ans après les faits, s’avouer coupable d’avoir poussé son mari violent.

Le roman avait été adapté l’an dernier au théatre et j’en avais parlé ici.  Dans l’adaptation au cinéma, l’inspecteur de police du livre est devenu une femme, ce qui est un choix judicieux (d’autant que c’est Miou-Miou qui joue le rôle), pour enlever toute idée de rapport de séduction que le cinéma n’aurait pu manquer d’induire.  Et le réalisateur a réfléchi à la façon de montrer les faits de violence conjugale : il a choisi une caméra subjective, ce qui fait que c’est le ressenti du regard de haine de l’homme violent qui nous parvient. Et c’est une façon intéressante de montrer les choses, plutôt que de reproduire les faits de violence. Autre point positif : il est dit on ne peut plus explicitement que les actes sexuels qu’a vécu cette femme pendant les années de violence, sont des viols. Et l’inspectrice dit aussi clairement à la femme en face d’elle que l’acte qu’elle a commis était de la légitime défense.

Enfin, cette dernière (que joue Sophie Marceau) crie à un moment : « je veux être reconnue coupable d’être victime ». 

Phrase choc, appel à la justice, qu’enfin les femmes qui, poussées à bout, commettent cet acte, soient reconnue comme en état de légitime défense, et plus, qu’on en soit toujours à cet éternel retournement du « la victime, c’est la coupable ». Pas de justice, pas de paix.

S.G

Addendum : aussi, j’ai pensé tout le temps pendant le film à ce qui aurait vraiment pu aider cette femme, et que l’inspectrice ne parvient pas à faire tout au long du film : le soin à la mémoire traumatique, laquelle est bien montrée à plusieurs reprises. Une nouvelle occasion de dire combien les travaux de Muriel Salmona sont indispensables et doivent être diffusés. Je reparlerai très vite de son livre, le livre noir des violences sexuelles qui sort le 6 mars, et que je suis en train de lire.