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Wild : la vie au bout du chemin

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Surmonter ses traumatismes et donner un sens à sa vie dans la nature et en s’infligeant une épreuve personnelle, c’est presqu’une tarte à la crème du cinéma américain. Après « Into The Wild », qui racontait une histoire vraie, « Wild » s’attaque à cette thématique. L’originalité, c’est que c’est une femme qui s’attaque à la Pacific Crest Trail. Une femme jeune et tourmentée qui n’a aucune expérience de la randonnée s’attaque aux 1700 km de cette marche exceptionnellement difficile, à travers déserts, neige et haute montage, de la Californie à l’Etat de Washington (à la frontière avec le Canada).

Un film inspiré des mémoires de Cheryl Strayed, incarnée par Reese Witherspoon (qui a acheté les droits pour sa maison de production), un ouvrage sorti en 2012 et rapidement considéré par le New York Times comme un classique de la « littérature sauvage et du féminisme moderne ».

Car Strayed n’hésite pas à le dire, elle est féministe. Et ce n’est pas que le deuil de sa mère adorée, morte d’un cancer à 45 ans qu’elle tente d’oublier sur les 1700 km de sa route, ce sont aussi les embûches de notre société patriarcale qu’elle doit surmonter, embûches qui sont autant de traumatismes graves. Violences conjugales subies par sa mère et la terreur que cela inflige à la petite fille qu’elle était et son frère, et ses conséquences après le choc du deuil : addictions dissociantes que sont pour elles l’héroïne et « de coucher avec n’importe qui ». Seule façon de dépasser ça, couper avec ce monde et se retrouver seule face à l’adversité et la nature.

Elle fait sur sa route des rencontres, dont une mauvaise -heureusement elle échappe de justesse à l’homme qui incarne le prédateur sexuel. Mais la plupart des hommes qu’elle rencontre sur sa route du Pacific Crest Trail lui rendent service, tant et si bien qu’elle parvient à laisser sa légende derrière elle, surnommée par trois jeunes gens « que personne n’aide », la « Reine du PCT. Et lorsqu’elle « tombe » enfin sur une femme, c’est un grand cri de joie et d’enfin possibilité de réel partage qui se présente à elle. Dernière rencontre essentielle, celle d’un petit garçon et sa grand-mère, petit garçon avec qui elle a un échange émouvant, et en chantant, lui permet de libérer son émotion.

Tout au long de la route, le film décrit bien les flashes qui la parcourent, les souvenirs qui l’assaillent, 1.700 kilomètres qui lui permettent d’explorer et faire l’aspect avec tous les recoins de son cerveau, et finissent par lui permettre  de se séparer enfin de sa culpabilité intériorisée de femme victime. La marche n’est plus seulement rédemptrice, mais tout simplement libératrice. Au bout de son chemin, elle peut enfin espérer vivre sa vie, et faire ce que sa mère avait tant voulu pour elle. Profiter de chaque lever et chaque coucher du soleil.

Car il n’est pas inutile de nous le répéter chaque jour : s’il n’y a qu’une chose sacrée dans ce monde, c’est bien la vie.

S.G

 

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Zouzou, comédie féministe

Hier, je suis allée voir « Zouzou », de Blandine Lenoir, comédie dont le pitch est « en famille, le sexe c’est comme la politique, on en parle ou pas ? ». Intrigant : rapprocher sexualité et politique, cela a déjà un petit air de féminisme. Le film est donc une comédie familiale dont les personnages principaux sont 3 générations de femmes : la grand-mère, veuve, qui révèle à ses 3 filles qu’elle « a un homme dans sa vie » (et quel homme ?!). Les 3 filles, dont une est venue dans la maison de famille avec sa propre fille, Zouzou, qui a 14 ans, est très formée, et vit sa première expérience sexuelle quasiment sous les yeux des femmes de sa vie.

C’est ce qui entraîne la discussion sur la sexualité. Et c’est là que le filme tranche avec tout ce qu’on peut voir habituellement ! Il y est question de faire pipi debout quand on est une femme (et sans pisse-debout, attention!). Il y est question surtout -puisque la jeune de 14 ans va faire l’amour et que sa mère « n’a pas eu le temps » de lui parler de capote…de comment parler de sexualité aux enfants…et c’est là qu’intervient « la féministe » des trois soeurs, enseignante en primaire, qui fait un véritable cours d’anatomie à ses soeurs et mère, leur apprenant qu’il faut nommer une chatte une chatte (ou plutôt une vulve une vulve), que le clitoris fait onze centimètres là où les autres l’imaginent d’à peine plus de 2 centimètres…et qui ose même affirmer (dans le contexte manif pour tous c’est fort de le faire dans un film) qu’en CM1, on peut aborder  l’homosexualité et « un petit peu » la masturbation !

Mieux, alors que les soeurs ne sont pas d’accord sur le fait que cela puisse être à l’école de parler de cela, l’institutrice souligne que si on n’ en parle pas à la maison, alors le risque est que les jeunes en entendront parlet par le biais de  la pornographie et qu’il faut surtout éviter que ce soit leur seule référence en matière de sexualité (violente et marchandisée).  Pour que les jeunes filles puissent avoir une idée que la sexualité cela peut être joyeux !

Il faut dire que l’intention féministe de la réalisatrice fait encore moins de doute dès lors qu’une scène nous montre la « grande gueule » féministe, qui apprend énormément aux femmes de toutes les générations qui l’entourent (elle refait un cours sur le clitoris à une petite voisine et sa mère qui s’inquiétait que sa fille ait entendu des propos sexuels)… »L’ennemi principal » de Christine Delphy !

La même, toujours, nous gratifie d’un discours époustouflant (digne d’un sketch d’Isabelle Alonso) pour se moquer de l’ami réac de sa mère, qui vient la voir alors qu’elle ramasse le linge étendu sur une corde à linge (je me demande d’ailleurs si cette scène n’est pas inspirée d’un « discours sketch » hilarant de Delphy sur les tâches ménagères…*)

En outre, la façon dont sont filmés les hommes est également intéressante…par un retournement pour une fois assez judicieux. Ainsi, lorsque la féministe parle à sa soeur au bar et se présente comme « ethnologue du sexe », un habitué lui demande s’il peut lui poser des questions…est-ce que les règles, c’est tous les 28 du mois ? Est-ce que le cunninlingus, c’est obligatoire ? ridiculisant en deux phrases l’ignorance patriarcale en matière de sexualité féminine.

A noter encore une conversation de 5′ d’une futilité habituellement réservée aux « féminines » entre les deux principaux hommes du film, consacrée exclusivement à comment ils gèrent leur calvitie, comment ils se coiffent, et quelles questions existentielles ils se posent, en raison de leur calvitie…

Alors l’intrigue fait qu’ensuite, certains codes du cinéma, (les personnages évolue t), peut nous faire regretter que la féministe soit en même temps montrée comme longtemps incapable d’exprimer ses sentiments et voulant toujours avoir le dernier mot …(mais est-ce vraiment si loin de la réalité ;-) ). La démonstration autour du clitoris, seul organe entièrement consacré au plaisir, finit par être présentée comme une façon « d’ouvrir la voie » à la pénétration et pourrait n’être comprise que comme ça. Le film reste enfin très centré sur l’hétérosexualité, même s’il aborde quand même la question à travers de « l’ami de la mère », qui symbolise le réac. Lorsqu’il lance une remarque homophobe il obtient la réprobation générale. Mais pas de lesbienne dans le tableau. Enfin, le personnage de la star de cinéma hystérique qui se retrouve dans la maison est un peu « plaqué » là.

Mais le simple fait d’ avoir réussi à placer dans le paysage cinématographique d’un film qui passe dans des chaînes de cinéma un livre féministe radical, et un discours où ce sont les femmes qui parlent de sexualité, mais pas de façon libérale « pro-sexe », c’est énorme ! 

S.G

*après info de la réalisatrice, c’est en effet issu d’un discours de Christine Delphy (et mentionné au générique, mais que je n’ai pas vu jusqu’au bout)…

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L’abolition en marche : bravo à la DDF du Sénat, et au Canada

abolitionloiDe bonnes nouvelles pour la transformation de notre monde en un monde plus humain ces derniers jours : depuis que la France a voté la loi d’abolition à l’Assemblée nationale et s’apprête à le faire au Sénat, on dirait que la politique abolitionniste a fait des émules à travers le monde. Ainsi, l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a voté une résolution abolitionniste de type modèle suédois -c’est une petite révolution- et le Parlement européen a adopté une résolution  (rapport Honeyball) qui recommande également une politique abolitionniste qui s’attaque à la demande. Cette semaine, c’est le Canada, conseillé par Jimmy Carter, prix Nobel de la paix et ancien Président des Etats-Unis qui a clairement pris position pour le modèle suédois, qui a présenté une loi d’abolition du système prostitueur qui protège les victimes et pénalise (amendes et peines de prison) les clients-prostitueurs-violeurs.

En France donc, on attend pour bientôt l’inscription à l’ordre du jour du Sénat de la loi de renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel : en effet la loi fait partie (même si elle est d’initiative parlementaire) des avancées citées par le premier ministre Manuel Valls au sommet mondial des femmes à Paris, selon ce tweet de Claire Chahnez-Schmitt, de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée nationale.

Pour cela, la Commission spéciale du Sénat est en train de terminer ses travaux et rendra son rapport début juillet.

Mais déjà hier, la Délégation aux droits des femmes du Sénat, avec à sa tête Brigitte Gauthier-Morin, s’est réunie et a voté largement en faveur du rapport de Brigitte Gauthier-Morin favorable à la loi tout en l’assortissant de recommandations très pertinentes ! C’est une très bonne nouvelle, voici le communiqué de presse !

Communiqué de presse 
Paris, le 5 juin 2014 

« Prostitution: la plus vieille violence du monde faite aux femmes» un rapport et 11 recommandations adoptés par la Délégation sénatoriale. 

La Délégation sénatoriale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, a examiné le rapport présenté par Mme Brigitte Gonthier-Maurin (CRC, Hauts-de-Seine), présidente, sur la proposition de loi (n° 207, 2013-2014), adoptée par l’Assemblée nationale, renforçant la lutte contre le système prostitutionnel.

La délégation a considéré que la prostitution est avant tout une violence qui s’exerce contre les femmes, qu’elle ne saurait être considérée comme un métier et que le débat sur la prostitution pose, en réalité, la question de l’égalité entre hommes et femmes.

La délégation a assorti le rapport de onze recommandations, parmi lesquelles :

– l’adoption des dispositions de la proposition de loi concernant la pénalisation de l’achat d’actes sexuels et la responsabilité des acheteurs ;

– l’abrogation du délit de racolage ;

– l’attribution de moyens suffisants et pérennes au financement du parcours de sortie de prostitution ;

– l’accompagnement et la formation des associations qui participeront à sa mise en œuvre ;

– l’élaboration d’une circulaire du garde des Sceaux concernant la qualification de traite des êtres humains.

La délégation souhaite également, dans une logique de prévention, renforcer la sensibilisation à l’égalité entre hommes et femmes dès le plus jeune âge. Dans cet esprit, elle souhaite que l’égalité entre les hommes et les femmes s’insère dans les programmes d’enseignement de l’école, du collège et du lycée et dans toutes les disciplines.
Elle recommande également la généralisation des ABCD de l’égalité à tous les enseignants du primaire (maternelle et élémentaire) et du secondaire, ce qui suppose que la formation initiale et continue
des enseignants comporte obligatoirement cette dimension.

 

 

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BABY vs Babysitting ou la propagande des affiches de cinéma

Cela fait quinze jours qu’à chaque fois que je passe l’entrée de la gare RER où j’habite, je me fais la même réflexion en me retrouvant nez à nez avec deux affiches de cinéma qui se font face : le parallèle est saisissant, et nous montre ce que sont les images des femmes et des hommes vues par la propagande cinématographique.

Je tourne la tête à droite, et voici une affiche du film « Baby » : on y voit une femme, en plongée, les yeux révulsés, possédée par un démon, par la terreur en réalité, agenouillée bien sûr, presque dénudée, la tête levée vers ce ou celui qui la terrorise ou l’a rendue folle.

Je tourne la tête à gauche, affiche du film « Babysitting », un homme avec un enfant, il a des pansements partout sur le visage, est débraillé, dépassé par les événements, mais il est debout.

Que nous disent ces deux affiches ?
Un mot en commun : Baby. Deux façons de voir l’homme et la femme qui y sont confrontés diamétralement opposées.

Capture d’écran 2014-05-16 à 09.27.54

1er cas : Baby

-L’affiche qui montre une femme, donc à genoux, écrasée sous l’angle de la plongée de la caméra, est montrée terrorisée par un danger de mort. Elle ne peut qu’être possédée, folle pour qui regarde sans faire lecture féministe. Mais possédée, pour une femme, cela veut dire terrorisée par les violences subies. Car les femmes ne sont pas folles, mais victimes de violences traumatisantes. Voilà une image typique de la représentation des femmes dans la fiction, qui nous parle très vite : car s’identifier au personnage n’est pas difficile : cette terreur, tant de femmes l’ont connue, pour avoir vécu la violence, parfois depuis l’enfance, et passent pour folles ensuite lorsqu’elles ont des conséquences traumatiques. En outre, cette terreur, la société de culture du viol passe son temps à leur montrer et remontrer (c’est pourquoi je ne peux pas publier la photo de trop près pour éviter de reproduire). En revanche, à bien y réfléchir, on n’imagine pas une seconde possible qu’un homme soit dans cette position avec ce regard sur une affiche d’un film de ce genre (l’horreur). On imagine donc bien que regarder cette image ne peut pas leur faire peur de la même manière : on ne les montre jamais ainsi..

Les hommes, pour eux, et je pense que c’est plutôt eux la cible, et qu’ils emmènent leurs compagnes voir le film…pour eux donc, c’est de l' »entertainment » . Ca n’a pas de raison de leur faire peur non plus, parce que cela ne correspond pas à leur vécu quotidien. Au pire, même, cela peut être excitant, tant ils sont de plus en plus nombreux à regarder de la pornographie qui rend excitante la terreur infligée aux femmes.

-L’affiche qui montre un homme, Babysitting, le présente donc debout, l’air d’avoir passé une nuit difficile, mais plutôt « bonenfant », avec de vagues pansements sur le visage, mais pas de peur.  Plutôt style affiche de film destiné à un public féminin. Il ne s’agit bien évidemment pas de les montrer terrorisés, mais dépassés par l’événement : car « baby sitter », cela n’est pas pour eux ! Ils seront maladroits, pas à leur place, voire un peu ridicules, ou se retrouveront emportés par un tourbillon d’événements.
Et les femmes, en voyant cela, seront confortées dans leur bon sens patriarcal : quand même, pour faire du babysitting, il vaut mieux être une femme, plus maternelle et responsable !

Ainsi, en deux regards, symétriques, toute la propagande cinématographique qui sert le maintien du système (violence contre les femmes pour pouvoir les exploiter) est ainsi résumée. Les publicitaires savent si bien s’y  prendre d’ailleurs, qu’ils mettent ces grandes affiches toutes en largeur au niveau des yeux des enfants, qu’on voit tourner la tête vers ces affiches…

S.G

PS : je précise que cette analyse vient uniquement des ressentis à la vue des ces affiches et non des histoires des films que je ne connais pas et ne juge donc  pas ici. Cela se justifie par le fait que les enfants qui passent devant ces affiches, n’ont eux non plus aucune raison de savoir les histoires. Ils ne reçoivent donc que les messages bruts exposés ici.

 

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Pas de plan contre la traite sans pénalisation du client

les chiffres fournis par le gouvernement

les chiffres fournis par le gouvernement

Aujourd’hui, le gouvernement présente son plan de lutte contre la traite des êtres humains.
Un plan préparé avec la Miprof, mission interministérielle pour la lutte contre les violences faites aux femmes et la traite des êtres humains, qui veut s’attaquer au fait que la France est à la fois un pays de destination privilégié des trafiquants d’êtres humains et de leurs victimes, ainsi qu’un pays de transit.

22 millions de personnes sont victimes de la traite dans le monde. Exploitées à des fins d’esclavage : travail forcé, un peu, prostitution, beaucoup. Car il ne faut pas s’y tromper, et rappeler deux faits à nouveaux très signifiants :

-les « personnes » victimes de la traite, ce sont en immense majorité des femmes et des enfants (dont surtout des filles) (source gouvernement, pas de chiffres à l’ONU)

-Les victimes de la traite le sont en grande majorité à des fins de prostitution : 80% selon l’ONU pour l’Europe

Ainsi, le plan que va proposer le gouvernement n’ignore pas cette dimension et prévoit de « construire un parcours de sortie de prostitution », assurer un accompagnement spécifique des mineurs victimes de la traite et mobiliser tous les moyens d’enquête (justice, inspecteurs du travail ou Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère des Finances) contre les réseaux.

Construire un parcours de sortie de prostitution, c’est bien. Se mobiliser pour lutter contre les réseaux, c’est bien. Mais il manque ici un élément législatif essentiel pour que le dispositif soit complet : la pénalisation du client-prostitueur. Car ce qui nourrit la traite, c’est le fait qu’elle génère beaucoup d’argent pour les trafiquants, parce qu’il y a demande de la part des clients prostitueurs. Les exemples de l’Allemagne ou des Pays-Bas montrent que là où la demande est favorisée par la loi ou la libéralisation, le trafic et la traite explosent. En Suède en revanche, où le client est pénalisé, les trafiquants ne sont pas intéressés.

Donc, il ne peut y avoir de plan contre la traite des êtres humains sans loi d’abolition du système prostitueur qui interdise l’achat d’un acte sexuel.

Ce qui se passe avec le sort fait aux filles et femmes au Nigéria en est un exemple d’actualité frappant, et c’est ce que souligne notre communiqué Abolition 2012 d’hier : c’est pour les clients-prostitueurs français et européens que des femmes et des enfants sont victimes de la traite. Il y a deux jours encore, un réseau nigérian de prostitution était démantelé à Caen. 5 l’avaient déjà été l’an dernier. Tant qu’il y aura de la demande, il y aura de la traite. Et même si on ne sait pas quel sera le sort des jeunes femmes enlevées par Boko Haram (on espère surtout qu’elles seront libérées), on sait qu’il y a un risque majeur pour qu’elles soient victimes de la traite à fin de prostitution pour des clients de nos pays européens.

Il ne reste donc plus au gouvernement qu’une seule chose à faire à l’heure le Président Hollande affiche sa volonté de lutter contre la traite, pour que la politique soit cohérente :  inscrire la loi sur le renforcement de la lutte contre le système prostitutionnel à l’ordre du jour du Sénat avant l’été, loi déjà votée à l’Assemblée nationale en décembre et qui inclut une disposition essentielle pour un véritable changement : la pénalisation du client-prostitueur !  ABOLITION !

Pour vous convaincre du lien entre prostitution et trafic, revoici le lien vers l’intervention de Rachel Moran, survivante irlandaise de la prostitution et brillante féministe, que j’avais traduite ici : https://sandrine70.wordpress.com/2013/10/12/rachel-moran-la-prostitution-nest-pas-le-lieu-ou-opere-le-trafic-mais-la-cause-du-trafic-sexuel/

S.G

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Dénoncer la violence conjugale et masculine, avec quels chiffres ?

DSCF6205Aujourd’hui ont été publiés en France les chiffres de violences entre conjoints ou ex-conjoints. Au total en 2013, 121 femmes sont mortes tuées par un homme et 25 hommes par une femme. C’est moins (un petit peu) qu’en 2012 et pareil qu’en 2011. Ces chiffres, qui sont traduits en général dans toutes les bouches par « une femme meurt tous les deux jours et demie sous les coups de son conjoint », m’ont toujours dérangée. Toujours, je me demande : mais qu’est-ce-que ça veut dire ? Et j’ai le sentiment désagréable que la réponse, c’est « rien, en soi ». Et tous les ans, je me demande à quoi sert la communication autour de ces chiffres. Parvient-elle à faire bouger les choses ? Pose-t-elle les bonnes questions ?

Mais cette année, j’ai envie d’en parler, car on a un peu dépassé les bornes. En effet, comme c’est « moins qu’en 2012″, 121 au lieu de 148. Et le gouvernement s’est empressé de s’en féliciter. Ainsi sur twitter, Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat à la famille, et féministe s’est félicitée que les efforts payaient, la ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a écrit : « la parole se libère, il faut continuer les efforts ».

Donc, 121 mortes au lieu de 148, ce serait « mieux », et ce serait le résultat de la politique du gouvernement qui permettrait de libérer la parole ?

Cela me paraît une conclusion plus qu’hâtive. Je ne veux pas dire ici que les politiques mises en place ne servent à rien, je ne veux pas contester que « la parole se libère ». Je veux au contraire croire qu’à force de travail des associations de lutte contre les violences faites aux femmes et même du gouvernement, il commence à y avoir une prise de conscience de la société. Mais de là à en conclure que c’est pour cette raison qu’il y a eu 21 femmes de moins de tuées, cela me paraît pour le moins exagéré.

En outre, une morte de violence conjugale, c’est une morte de trop, et le problème de fond vient-il du nombre de victimes ? Le problème, c’est la violence masculine ! Celle-ci s’exerce dans des proportions pharamineuses dans la sphère familiale à l’échelle  mondiale, et touche les femmes et les enfants en masse, par centaine de millions, même lorsqu’il n’y a pas mort immédiate qui s’ensuit!

Du coup, j’ai envie de partager avec vous mes réflexions à ce sujet

1-Ces chiffres ne sont donc pas significatifs en soi . On pourrait dire que ce n’est « pas beaucoup », par exemple. Si l’on comparait à la Colombie, ou aux Etats-Unis. On pourrait dire aussi que peu de femmes meurent par rapport aux hommes : 30% sur l’ensemble des homicides commis chaque année en France .

On pourrait aussi constater que le nombre d’homicides en France est bas en comparaison de nombreux autres pays et en constante baisse. En 10 ans on est passé de 1.500 homicides en France à moins de 1.000. Ce qui donne un taux pour 100.000 habitants de 1, alors que la Colombie -encore elle- a le triste record de 60. Donc cela voudrait dire que peu de femmes meurent. Mais pas que la violence masculine à l’encontre des femmes est faible.

Mais on pourrait dire aussi autre chose. En Colombie me disait une amie colombienne spécialiste de ces questions, s’il y a  beaucoup plus de femmes qui meurent sous les coups de leurs conjoints qu’en France, elles représentent moins de 5% des homicides. Alors qu’ici c’est 30%. On constaterait alors qu’en France si, comme je le disais plus haut, le nombre d’homicides est en baisse, le fait que celui des meurtres de femmes par leur conjoint diminue à peine, on pourrait en déduire que si la violence globale diminue, la violence des hommes envers les femmes elle, ne diminue pas. Et ce serait déjà une vraie piste de réflexion pour envisager de faire changer les choses.

Donc, il me semble que donner des chiffres de façon simpliste, hors contexte, sans analyse, et les livrer ainsi aux médias, ne fait pas beaucoup avancer les choses.

2-Les meurtres ne sont pas significatifs en soi

Prendre comme étalon du « comptage » de la violence masculine envers les femmes le nombre de femmes tuées a-t-il un sens ? Est-ce un bon indicateur ?

Certes, la violence appelant la violence, le meurtre peut être considéré comme son aboutissement. Mais en l’occurrence, on oublie d’analyser ou de s’interroger sur le pourquoi de la violence masculine. Je m’explique : si demain on est à zéro meurtre, cela voudrait-t-il dire qu’il n’y a plus de violences masculines ?

Faudrait-il sauter de joie ? Non. Ou pas forcément. Car à mon avis la violence masculine envers les femmes et les enfants n’a pas forcément pour finalité la mort mais le contrôle et le maintien du pouvoir. Ainsi, des femmes -et des enfants- sous menaces de mort et vivant dans la terreur sont bien plus utiles vivantes que mortes, parce que mieux « utilisables ».  Et une dictature qui marche bien est une dictature qui n’a plus besoin de tuer. Il suffit que la terreur soit suffisante, la violence calculée pour maintenir l’opprimée à sa place. Car s’il y avait trop de morts, le système finirait par s’autodétruire (voir les risque à cet égard dans les pays d’Asie qui commencent à s’affoler de ne plus avoir assez de filles).

3-De toutes façons, ces chiffres sont forcément sous-estimés

Donc, les violences sont là pour maintenir le pouvoir, et peuvent aboutir à la mort d’une autre façon. Ou aboutir simplement à la dépression, la mauvaise santé, à une vie qui est un terrible parcours du conbattant. En effet, toutes les violences qui aboutissent à la mort dues aux violences masculines ou paternelles n’apparaissent pas dans les statistiques si la mort n’est pas immédiate. Les suicides, les maladies, les comportements dangereux, les troubles post-traumatiques dûs à des violences masculines sont bien plus nombreux que ces chiffres là. Par exemple, on dit que cette année 13 enfants sont morts de violences volontaires de leurs parents alors que l’on estime en général à plutôt 700 qui mourraient des suites de maltraitance (Salmona). En revanche, si on regardait les faits dénoncés de violences conjugales, qui se comptent par centaines de milliers et sont encore massivement le fait des hommes, alors on aurait une meilleure idée de l’ampleur de ces violences.

4-Ce qui compte, c’est le sexe des auteurs de violences : ce sont des hommes

Donc, la seule chose qui est un tant soit peu significative dans ces seuls chiffres avancés médiatiquement chaque année, c’est la proportion entre meurtres commis par des femmes et par des hommes. 25 hommes tués par des femmes pour 121 femmes tués par des hommes. Si l’on rajoute à cela que souvent les femmes qui tuent leur conjoint le font après des années de violences subies, on peut encore relativiser la proportion.

Ainsi, et c’est là que je veux en venir, la seule chose qui est vraiment significative, c’est que quel que soit le type de violence exercée à l’échelle mondiale, ce sont les hommes qui en sont les auteurs. Pour vous en assurer, je vous propose la lecture de ce texte :

« le problème, c’est l’homme », de Luc Brenner, paru dans Le Monde

Comme il le dit : « Mais il est un facteur qui n’apparaît jamais. Un facteur tellement évident que tout le monde fait semblant de ne pas le voir : la délinquance, avant d’être le fait de mineurs, d’étrangers ou de pauvres, est d’abord une affaire de sexe, l’affaire des hommes en l’occurrence ».

Résumé des chiffres qu’il avance :

Les femmes représentent 15% des mises en cause toutes infractions confondues (donc y compris chèques en blanc)

«  Pour les actes les plus graves, les crimes, les hommes représentent 95 % des condamnations en 2005 (87,9 % des homicides, 98,5 % des viols et attentats à la pudeur). Pour les délits, les mâles représentent 90,4 % des personnes condamnées.

Rappelons ici que presque 100% des clients-prostitueurs sont des hommes.

Pour les crimes commis par les mineurs, qui sont en augmentation, même constat : + de 90% par des garçons.

Il n’y a donc pas d’ambiguité possible : la violence et la délinquance ont dans les faits un sexe. Et si on veut commencer à lutter efficacement contre cela, ne vaudrait-il pas mieux prendre sérieusement ce fait en compte et se poser les bonnes questions : que doit faire la société pour ne plus transformer ses garçons en futurs hommes violents ?

Sandrine Goldschmidt

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#BringBackOurGirls / Proposition loi famille dangereuse

Deux actus qui mériteraient amplement l’une et l’autre un article mais je n’ai pas trop le temps alors je vais me contenter de relayer le travail sans relâche de mes camarades et assos féministes.

La campagne internationale et pétition « Bring back our Girls », initiée par des féministes nigérianes pour faire bouger le gouvernement nigérian après l’enlèvement de 284 lycéennes par un groupe extrêmiste opposé à l’éducation des filles…

Des défenseurs et défenseuses des droits humains à travers le monde ainsi que des féministes ont lancé cette campagne qui consiste à se prendre en photo avec un panneau #BringBackOurGirls comme l’a fait la jeune afghane Malala, ou encore cette action d’Amnesty US Le hashtag #BringBackOurGirls est également en mode viral sur twitter.

En France, Osez le féminisme a repris le principe du portrait panneau et écrit un communiqué dénonçant « l’assourdissant silence de la France »

 

En France maintenant, Laurence Rossignol, la secrétaire d’Etat à la famille devait être auditionnée sur la proposition de loi sur la garde parentale, une nouvelle proposition qui tente de rendre la garde alternée quasi automatique et prévoit que l’enfant soit, par défaut, résidant au domicile des deux parents et apparaît comme une nouvelle dangereuse tentative des masculinistes de renforcer les droits du père, fut-il violent…

La Fédération nationale solidarité femmes a publié un communiqué que je retranscris ci-dessous, très complet, il explique bien la situation

Le Collectif national Droit des femmes a également publié un communiqué et les associations féministes devraient encore se mobiliser ces prochains jours et organiser un rassemblement. A suivre.

Voici l’intégralité du communiqué de la FNSF qui permet de bien comprendre la situation =

Contre la proposition de loi relative à l’autorité parentale et à l’intérêt de l’enfant  N°1856


Encore plus d’inégalités et de risques
pour les femmes et les enfants victimes de violences

Est-ce une méconnaissance de la situation des victimes de violences conjugales ou les enfants victimes de violences intra familiales? Nous ne savons plus quoi penser des propositions législatives qui se penchent sur le sort des familles séparées. Une fois encore, ce texte a été rédigé dans la rapidité, (déposé le 1er avril, il sera examiné en première lecture à l’Assemblée Nationale le 19 mai), sans prendre en compte les urgences de terrain rapportées par les associations féministes depuis des années maintenant, et sans prioriser les garde-fous pour les victimes de violences conjugales et leurs enfants.
Les associations signataires, indiquent leur ferme opposition au texte proposé par les député-e-s Bruno LE ROUX, Marie-Anne CHAPDELAINE, Erwann BINET, Barbara POMPILI, François de RUGY, Véronique MASSONNEAU, et l’ont fait savoir lors de récentes audiences, ainsi qu’au Ministère des Droits des Femmes, au Secrétariat d’Etat à la famille et à la Délégation des Droits des Femmes à l’Assemblée Nationale.
Nous demandons à Mesdames et Messieurs les Sénatrices et Sénateurs , à Mesdames et Messieurs les député-e-s et au gouvernement de ne pas acter ce texte qui est contraire aux préconisations de la Convention d’Istanbul (Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique) que la France est en passe de ratifier. Il vient en particulier en contradiction avec son article 31 qui préconise une législation plus protectrice pour les victimes de violences au sein des couples et leurs enfants.
L’ensemble des articles 3, 4, 5, 6, 7, 8, 16, 17 et 18 de la proposition de loi et leurs alinéas doivent inclure une exception dans les cas non seulement de violences condamnées (conjugales, violences sur enfants dont l’inceste…) mais aussi de violences avérées, vraisemblables, par exemple par des plaintes, ou des certificats médicaux, ou encore des témoignages, une Ordonnance de Protection, des alternatives aux poursuites (mesures de rappel à la loi, compositions pénales), etc. sur la victime et/ou ses enfants ou de défaillances manifestes (abandon matériel, physique).
Rappelons que :
En moyenne, chaque année, 201 000 femmes de 18 à 59 ans vivant en couple en France métropolitaine, sont victimes de violences conjugales, qu’elles soient physiques ou sexuelles1 chiffre auquel il faut ajouter les victimes de violences verbales, psychologiques ou économiques.
166 femmes2 et 9 enfants ont été tués en 2012, suite à des violences au sein du couple.
Seulement 22% des femmes victimes de violence conjugale ayant appelé le 3919 ont déposé une plainte3 dont peu sont suivies de condamnations.
3919 : entre 80 % et 90 % des enfants vivent au domicile où s’exercent les violences et y sont exposés. 18 % d’entre eux sont maltraités directement. Pour 5.3%, les violences ont débuté ou se sont aggravées lors d’une grossesse, d’une naissance ou d’une adoption. 2369 personnes signalent des conséquences pour la santé des enfants: peur, anxiété, angoisse, stress, perte estime de soi, dépression, troubles de l’alimentation et du sommeil, énurésie, phobies, automutilations, tentatives de suicide4
Les agressions sexuelles et les viols sur les enfants sont à 97% commises par des hommes.
Hors ordonnance de protection (de 6 mois selon le PLE) cette  proposition de loi les maintiendra sous la coupe de leurs agresseurs au nom d’une autorité parentale partagée (quoiqu’il en coûte), et une coparentalité intangible.
A qui s’adresse le projet de loi n°1856, et par qui est-il influencé ?
Rappelons que
- La majorité des parents (pères et mères) qui se séparent (80 %) n’ont besoin de la justice que pour acter des conventions librement établies entre eux. Cette loi ne légifère que les situations « conflictuelles ». Dans environ 9%, l’un des parents n’avait pas exprimé de demande en matière d’autorité parentale.
- Selon le rapport de la chancellerie qui porte sur les séparations parentales, il n’existe donc «que» 10% de conflits parentaux (130 000 divorces indiqués dans la proposition de loi soit 13 000 dossiers). Dans ces « conflits », beaucoup de femmes et d’enfants sont impactés par des faits de violences conjugales ou des violences sur enfants.
- Ces victimes seront soumises au diktat d’une loi encore plus répressive, alors qu’elles sont aux prises avec de longues procédures pénales pour dénoncer des faits. Or durant cette période, d’autres décisions sont prononcées, sans prendre en compte les faits de violences, par les juridictions de la famille chargées de statuer sur la résidence des enfants et l’autorité parentale conjointe (les deux juridictions ne travaillant pas de concert sur le même dossier).
- Enfin 93 % des demandes des pères en justice sont satisfaites, et seuls 1,5 % de pères se disent lésés5.
Il semble donc qu’une nouvelle fois des instances ont décidé d’un texte s’appliquant à tous les parents qui se séparent sans considération de précédents de violences et de leur taux d’impunité, sans considération de l’implication réelle de certains pères dans la prise en charge de leurs enfants, y compris sur le plan économique, sans considération des abandons de famille physiques.
Ne jamais perdre de vue le mécanisme d’emprise et de pouvoir que révèlent les violences conjugales.
Les violences conjugales ne sont pas un conflit. Ces violences (sexuelles, physiques, psychologiques et/ou économiques)  ne s’arrêtent pas après la séparation. Dans les cas où des enfants les subissent au travers de leur mère, ils sont impactés à vie.
L’intérêt et les droits de l’enfant
Il est impératif de modifier la loi en tenant compte du principe de précaution et d’assurer l’objectif essentiel des droits et de l’intérêt de l’enfant, celui-ci étant défini comme la protection de son développement physique, affectif, intellectuel, et social. Cela nécessite pour les alternances de foyer une décision au cas par cas avec l’accord des 2 parents et dans une relation non conflictuelle6.
« Si l’on protège la mère, on lui redonne les moyens de protéger son enfant » (Edouard Durand magistrat)7

Les instances de la justice familiale, en remplissant leurs missions, ont aussi un rôle éducatif et protecteur vis à vis des enfants et des parents, auxquels elles manifestent ce qui est permis de ce qui ne l’est pas, sur la base des valeurs de respect des droits fondamentaux.
Fédération Nationale Solidarité Femmes www.solidaritefemmes.org

Association SOS les Mamans  www.soslesmamans.com

Collectif Abandon de Famille – Tolérance zéro www.abandondefamille.info

Collectif National pour les Droits des Femmes

Femmes Solidaires

Libres Mariannes

Osez le Féminisme

AIVI

Voix de l’Enfant (974)

CLEF

 
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Contact : Fédération Nationale Solidarité Femmes  – 01 40 33 80 90

 
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1- Observatoire national des violences faites aux femmes, novembre 2013.

2- Délégation aux Victimes du Ministère de l’Intérieur 2013). Ce nombre comprend les femmes tuées lors de relations non « officielles ».
3- Fédération Nationale Solidarité Femmes, données du 3919, année 2012.

4- Ibid.

5- Rapport Chancellerie 2013  (http://www.justice.gouv.fr/publications-10047/rapports-thematiques-10049/la-residence-des-enfants-de-parents-separes-26368.html).
6- Résidence alternée : 18,8% des pères la demandent et 17,3% des pères l’obtiennent.
7- Edouard Durand, ex-juge aux affaires familiales et ex-juge des enfants » Violences conjugales et parentalité chez l’Harmattan.

 

 

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Changer de fesses comme de chemise ?

changezdefessesC’est le printemps, l’humeur est légère, les corps vont bientôt se dévoiler, ne serait-il pas temps de changer de fesses ?

Oui, vous avez bien lu, voici ce qu’on m’a proposé sur mon pare-brise ! Un joli effet de la marchandisation croissante des êtres humains directement destiné à tendre une perche à mes mains qui cherchent des sujets pour se balader sur le tableau de bord de ce blog… Un petit prospectus qui en dit long sur les effets du formatage de nos esprits ! Je n’en dirai guère plus pour ne pas alourdir le propos : l’image parle d’elle-même pour renforcer la pertinence de l’analyse de Kajsa Ekis Ekman, auteur de « L’être et la marchandise », qui montre comment, à partir de la célèbre formule : « mon corps m’appartient », récupérée par ceux qui veulent tirer profit des êtres humains et les pro-prostitution : on en vient à faire de notre corps un ensemble de morceaux qui seraient nos biens à vendre. Mon corps ne serait pas moi mais « à moi », donc un bien, et comme tous les biens, je pourrais les vendre, louer, etc.

Changez de fesses, donc, comme on change de chemise ? Hop, celles-ci ne me plaisent pas, j’en prends d’autres. Et puis, comme pour la mode, si j’en changeais tous les ans ?

L’image, évidemment, montre des fesses, mais pas comme partie à part entière tout à fait constitutive d’un être humain, mais comme un morceau qui s’échange : évidemment, montrer la tête de la femme était exclu…

Enfin, une petite phrase qui en dit long : changez de fesses oui mais surtout, « avant qu’elles ne vous trahissent« . Les fesses, chacun sait, c’est un peu comme les pneus de voiture…il faut en changer régulièrement sinon elles, ces objets qui n’ont rien à voir avec vous, risquent de « nous trahir » et d’éclater, ou peut-être de se dégonfler, qui sait ? Que se passe-t-il alors ? On n’a plus de train arrière ? On ne peut plus s’asseoir ? Ah non, peut-être qu’on risque de ne plus avoir de « fesses acceptables » (baisables), c’est ça (comme si on a des poils, ou des vulves imparfaites, ou des peaux sans fard) !!?

J’en ai presque oublié de regarder comment on voulait me faire changer de fesses : il semblerait qu’il s’agisse de pédaler dans l’eau en cabine privée !

Moi, je vais plutôt garder mes fesses, et continuer à me sentir comme un poisson sans bicyclette…

S.G

 

 

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Femmes du monde indien, de Colombie et du Rwanda

Trois événements à vous annoncer aujourd’hui : non, pas le nouveau gouvernement, peut-être en parlera-je tout à l’heure à Radio libertaire, mais pour cela vous n’avez pas besoin de moi. Taubira gardée à la justice, Vallaud-Belkacem aux droits des femmes, ville, jeunesse et sports, et la parité conservée (la parité mais aux postes que les hommes ne jugent pas régaliens -sauf la justice, comme avant), on va dire que le changement n’est pas très significatif pour l’instant….

Les événements que je veux annoncer sont pour les Parisiennes et les Parisiens, même s’ils concernent tout le monde.
D’abord,

une rencontre de l’association  « Filles du Monde Indien » (FMI) au cinéma la Lucarne à Créteil demain 3 Avril à partir de 18h30.

Voici ce que sa présidente en dit : « Nous vous accueillerons avec quelques douceurs, salées et sucrées, le tout accompagné d’un tchai de printemps. Il y aura des stands d’artisanats pour pouvoir acheter des souvenirs et soutenir les femmes Indiennes, Bangladeshies (…) A 19h nous vous projeterons le documentaire : « Mother Anonymous » de sheela saravanan (10mn) sur la question de la grossesse pour autrui. 19h15 début de la conférence en présence de Kuljit Kaur qui est arrivée en France. Elle nous parlera des avancées des lois indiennes en faveur des femmes et notamment la récente mesure contre le harcèlement sexuel au travail, les mesures nouvelles contre les violences faite aux femmes. A demain ! »

lucarne

Par ailleurSamedi 5 avril à 15 heures à la fontaine Stravinsky près de Beaubourg aura lieu un rassemblement en solidarité avec les femmes rwandaises qui ont porté plainte pour viol contre des militiaires français (voir le site http://contreviolsrwanda.info/)

Et au comptoir Général à partir de 14 heures, un autre événement important : « Luttes des femmes en Colombie », avec une conférence-débat avec Florence Thomas et Olga Gonzaler, la projection d’un documentaire « guérisseuses de maintes lunes » (voir ci-dessous) et enfin des chants féministes par le groupe Aquelarre, que vous connaissez si notamment vous êtes venues à Femmes en résistance.

Toutes les infos sur l’affiche ci-dessous

colombie

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Documentaires : La petite Roquette, luttes des femmes LIP et Kate Millett

Trois événements à ne pas manquer en huit jours, trois projections très intéressantes…on pourrait se demander pourquoi tout en même temps, mais contentons-nous de nous réjouir…

Dès demain soir au Nouveau Latina (20, rue du Temple) à 20h, la projection de « La petite Roquette », documentaire de Guillaume Attencourt sur la prison de femmes qui accueillit de 1836 à 1974 des femmes en détention préventive ou condamnée à des peines de prison de moins de 1 an.

La séance aura lieu en présence de Nadja Ringart, sociologue et féministe, qui a été détenue à la petite Roquette trois mois en préventive pour des raisons politiques avant d’être mise en liberté provisoire puis condamnée à 6 mois avec sursis. Elle a d’ailleurs écrit dans le cadre du mouvement de libération des femmes un texte sur la prison : « toutes ces femmes…une caricature, la prison », que vous pouvez retrouver dans les « Textes premiers » édités à l’occasion des 40 ans du mouvement .

Un petit extrait : « Ce n’est pas non plus de la même façon qu’un homme et une femme arrivent en prison. La population pénale féminine est différente. On trouve beaucoup plus de petits coups dans lesquels lesfemmes sont entraînées directement par le mari ou par isolement qu’elle ne peuvent assumer. Sans sparler de celles qui viennent se réfugier là contre le froid ou le mari pour quelques mois d’hiver, il est très rare qu’elles soient enfermées pour un délit dans lequel elles sont seules impliquées ou qu’elles ont seules organisé ». (publié à l’origine dans Partisans « libération des femmes année zéro »).

Deuxième projection importante, jeudi soir à Créteil, un film de Et en présence de Kate Millet, féministe « historique » américaine et auteur de « Sexual Politics », qui est cette année l’invitée d’honneur du festival.

« Three Lives », le documentaire réalisé en 1971 par Kate Millett sera projeté : c’est le portrait de trois femmes qui parlent de leur vie, « évoquent les conflits passés, les décisions et les conséquences de leurs actions qui les mènent à se réaliser en tant que femmes ».

La projection sera précédée d’une rencontre avec Kate Millett, animée par Christine Lemoine de la librairie Violette and co.

Enfin, à ne pas manquer non plus, à l’occasion de la semaine des Arts à Paris 8, la projection-rencontre « Images des LIP, lutter au féminin ».

C’est de 14h à 17h30, amphi Y. La rencontre sera animée par Hélène Fleckinger, enseignant-chercheuse en cinéma. Ca devrait donc être très intéressant. Toutes les infos complémentaires sont dans le flyer ci-dessous !

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