Elle, Lybrido, déculottée : la haine des femmes en haut de l’affiche

Haine des femmes, et haine de soi. C’est ce que les images de nous que donnent ceux qui sont censés être « nos journaux » les féminins (bon ce sont pas les miens hein), les affiches, le cinéma, qui nous morcèlent et nous étête, et haine de notre désir, à la fois en imposant le « tout à l’orgasme », le « tout au coït » et l’interdiction de « trop en vouloir ». bref, l’interdiction de faire ce qu’on a envie et de ne pas être dans le désir de l’homme (cf Ozon, etc.)

3 exemples en 2 jours…

project

-vu hier dans le métro, le « movie project », le projet de film de nous donner la déculottée ?!!! Inouï.

elle-vu en une de Elle cette photo d’une « non-femme »au corps totalement irréel, avec en dessous cet article qui dit : « se plaire telle qu’on est ». Vraiment ? C’est typique des injonctions paradoxales de Elle, mais à ce point, on se demande en effet comment les femmes peuvent garder une tête sur leurs épaules.

Enfin, dans le genre « WTF », lisez cet article qui explique comment « le viagra féminin » risque de rendre les femmes agressives : une quintessence de millénaires de corsetage physique moral et sexuel des  femmes. Pour le Viagra, est-ce qu’on s’est posé la question si ça allait augmenter le nombre de viols ? http://www.slate.fr/life/73191/viagra-feminin-trop-efficace-lybrido

Tri sélectif, attention image explicite

Il y a deux messages, dans cette publicité :

-celui du texte, un peu complexe, mais pas grand chose à redire…il donne même à la triée d’autres vies possibles, pas au non-trié (« avec le tri, un papier a plusieurs vies)…

-et celui de l’image qui est un autre message,  bien différent…

C’est donc un autre message véhiculé par l’image, qui correspond assez à ce commentaire de A. : « Les publicitaires savent condenser en quelques flash spersuasifs les messages de haine qui sont la face mentale du rapport de pouvoir. »

S.G

PS : pour que tout soit clair, je publie ici la réponse à une demande d’explicitation en commentaire de ce post :
La question est : pourquoi montrer un papier à la poubelle (une poubelle grillagée) et un papier dehors, avec dessus des dessins sexués ?
Qu’est-ce que cela apporte comme information ? Sinon qu’il y a une différence entre les deux dessins, au niveau de leur DROIT à être mis à la poubelle ou pas ?

Et cette différence, porte sur le sexe attribé au personnage dessiné. Le garçon est libre, hors de la poubelle. La fille est à la poubelle.
Cela ne serait pas grave, si dans le monde tel que nous le vivons, la situation n’était pas la suivante :

Le tri sélectif sur cette terre entre les individus des deux sexes existe depuis toujours :
aujourd’hui il se traduit dans certaines partie du monde par le tri pré-natal des garçons et des filles.
Dans d’autres pays, il se traduit par une différenciation des soins à la naissance.
Dans certains pays, on met les femmes derrière des grillages de tissu, ce qui est une façon de les « mettre à la poubelle », pour montrer qu’elle n’ont aucune espèce d’importance.
Ici, on fait autrement : on les juche sur des talons aiguilles et on les fait défiler avec des grilles sur le visage, on les contraint à la « réduction de soi » (épilation, photoshopage, exigence de maigreur)…
Autant d’actes qui sont issus d’un rapport de pouvoir qui consiste à déterminer que les unes ne sont rien et que les autres sont tout. Et qui envahissent l’inconscient collectif. Ainsi, si ici le message écrit est : recyclons tout le monde, pas que les filles. Le message visuel va dans le sens de ce qui précède. C’est lui qui saute aux yeux, au moins ceux de l’inconscient.

PPS

J’ai été voir sur le site « source » pour cette publicité, après les réactions postées sur le blog.

Et j’ai trouvé ce film : là, on voit que le but, c’est que tout le monde, fille ou garçon parte au recyclage…mais, malgré tout, c’est troublant…il est introduit par cette phrase :

« Un film d’animation poétique qui réenchante le monde des déchets : même le recyclage peut être romantique ! »…

En estimant « romantique », que le petit papier garçon courre rejoindre la petite fille au recyclage…c’est toute la question du romantisme à toutes les sauces, du prince charmant, etc…

finalement, cette campagne mériterait une analyse beaucoup plus poussée !

Et maintenant, mesdames, le roller-talon !

On le sait, la publicité est censée être lieu de créativité et a besoin de liberté d’expression… l’argument nous est suffisamment reservi…

on sait aussi que cette créativité a bien du mal à se manifester autrement que par l’utilisation des codes sexistes et de contrainte du corps des femmes. Ainsi, récemment, il y a eu la publicité pour les soldes sur les abribus. On était en hiver, il s’agissait d’écouler la collection, alors on ne pouvait pas montrer des femmes en bikini ? mais bien sûr que si : anorak en haut, slip de bain en bas…avec le slogan « Profitez des soldes d’hiver et préparez les soldes d’été »…

Et comme en effet, pour vendre n’importe quoi, il semble n’y avoir aucune autre possibilité dans les esprits si créatifs et libres qui font les publicité que de se servir des stéréotypes et d’enfoncer le clou, voila ce qu’un cabinet de conseil a trouvé de mieux à proposer comme publicité. En arguant bien sûr qu’il s’agit de « penser à côté », donc de « sortir du cadre », cette méthode bien connue pour la créativité et l’innovation…je vous laisse apprécier et imaginer oh! combien il serait agréable et sans risque, de porter la chose…

« il ne s’agit pas de faire des choses différentes« …dit le slogan.. »il s’agit de les faire différemment »…et de se casser la figure lamentablement…

Femmes au volant ?

Récemment, en visitant l’expo Photos, femmes, féminisme, j’avais été frappé par le cliché d’Hélène Boucher, femme, pionnière de l’aviation, première à passer les Andes…pour constater que 70 ans plus tard, il n’y avait que 7% de femmes pilotes.

Comme si, à l’aube d’une grande découverte/innovation, les femmes étaient bien là, toujours présentes, mais qu’il leur était difficile de tenir sur la durée. Aujourd’hui, j’ai visité le musée Malartre à Rochetaillée-sur-Saône, près de Lyon, et cela m’a fait un peu le même effet. En fait, trois choses m’ont frappée : comment les femmes, au début des automobiles, étaient montrées au volant de voitures, soit par des mannequins soit dans des affiches. Alors que, pour les voitures de courses 60 ans plus tard, les mannequins sont uniquement des hommes… Comme si, au début de l’automobile, la voiture n’était pas tant une affaire d’hommes que par la suite.

Ensuite, si les femmes sont souvent montrées au volant, d’une voiture ou d’une bicyclette, elles sont bien souvent en jupe, et il faut attendre pas mal d’années avant que la tenue ne se change enfin en pantalon…mais encore un grand merci à la bicyclette, celle par qui le pantalon est venu aux femmes…

Enfin, dans toutes ces vieilles affiches, déjà, on observe une certaine façon d’utiliser les femmes dans la publicité, comme argument de vente…en jupe, celle-ci se la joue Marilyn pour qu’on voie en dessous, ici Liberator est à seins nus, la dernière enfin, « Elle tourne », qui remporte le prix de « la plus vieille pub ultra-sexiste » ? A ma connaissance en tout cas. La preuve en images…

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