A la maison ou dans la rue, « Non, c’est non ! »

photo issue de l'exposition de l'association Pulsart « Chromozones (sensibles) »

Probablement, nous aurons encore à le répéter longtemps.

En matière de consentement sexuel, si la personne est en mesure de donner son accord, (donc, majeure et non soumise à autorité), elle a toujours le droit de dire NON à un rapport sexuel. Et ce, quels que soient les accords préalables. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’une femme est mariée (je dis une femme car le cas inverse est plus rare) qu’elle DOIT coucher avec son mari s’il le désire.
Ce n’est pas parce qu’une femme a dit oui dans une soirée, qu’elle ne peut pas, à tout moment, revenir en arrière, parce que ça ne lui plaît pas, et dire NON. Si elle le fait gentiment, c’est mieux. Mais en tout cas, c’est son droit le plus strict et il doit être respecté.
Une femme qui se retrouve dans un club échangiste parce qu’elle a envie d’essayer a, à tout moment, le droit de revenir sur cette envie.

Enfin, une femme ou un homme qui se prostituent, ont ce même droit humain fondamental de dire NON. Sauf que pour elles et eux encore plus que pour les autres, c’est difficile. Pourquoi ? Parce qu’il y a échange monétaire et mépris social. Donc, pour celles et ceux qui voudraient rendre légales maisons closes ou prostitution dans des « eros center » à l’allemande, il faudrait un contrat. Sauf que le propre d’un contrat de travail, c’est qu’à un moment, il ne nous donne pas la possibilité de dire NON, à moins de risquer le renvoi pour faute grave.

Si on regarde le temps qu’il a fallu pour faire reconnaître le viol conjugal, alors que la victime qui porte plainte est censée être la femme la plus respectée qui soit dans la société(en théorie) « la femme mariée », « la mère », imaginez le temps qu’il faudrait pour faire reconnaître le viol d’une prostituée dans le cadre de son statut légal de « pute »…victime en plus d’un mépris que je considère comme totalement injustifié (ce n’est pas elle qui devrait être critiquée, mais le client et le proxénète). Et les expériences étrangères ne montrent aucune amélioration de l’image des prostituées sous prétexte de légalisation. Bien au contraire.

Finalement, sur la question de la prostitution, je crois qu’on a un peu le même problème qu’avec le « queer » ou le »post-féminisme »…la réponse à cela est dans la phrase : « je serai post-féministe dans une société post-patriarcale ». En d’autres termes, tant que la domination masculine sera la règle, impossible d’aller politiquement (individuellement, sans problème) au-delà des catégories femme/homme et la nécessité de lutter pour que la première soit enfin traitée de façon égale.

De la même manière, tant que la société sera patriarcale et que la violence sexuelle envers les femmes (et avant cela envers les enfants, qui y prépare) auront de beaux jours devant elles, il ne sera pas possible d’imaginer un monde où l’on pourrait monnayer son corps librement.

S.G

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4 réflexions sur « A la maison ou dans la rue, « Non, c’est non ! » »

  1. « En matière de consentement sexuel, si la personne est en mesure de donner son accord, (donc, majeure et non soumise à autorité) »

    Pour être précis : majeure sexuellement, donc âgée de plus de 15 ans en France.

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