Se dire lesbienne, de Natacha Chetcuti

La librairie Violette and Co était comble pour écouter la présentation du premier livre dont elle est l’auteure unique de Natacha Chetcuti, jeune sociologue : « Se dire lesbienne, vie de couple, sexualité, représentation de soi » (éditions Payot). Un livre adressé au grand public, issu de la thèse soutenue par l’auteur en 2008, une thèse très novatrice en sociologie.

Je ne parlerai pas beaucoup du contenu aujourd’hui -je n’ai pas encore pu le lire, mais je voulais déjà donner un coup de chapeau à Natacha, qui est donc une des pionnières dans son domaine. En effet, des thèses en sociologie sur la sexualité des lesbiennes, il n’y en avait pas. Désormais, il y en a d’autres en préparation. Et je dois dire que sa présentation, vivante et passionnée, la clarté des concepts qu’elle énonce, éveille les esprits, avec une question centrale : comment les lesbiennes se pensent elles-mêmes par rapport aux normes ?  Avec l’idée d’un « processus de déshétérosexualisation » . Comment on apprend à ne pas être (ou ne plus être) hétérosexuelle, comme on a subi avant, comme toute femme, un processus d’hétérosexualisation. Ce processus ne prend pas forcément les mêmes formes selon qu’une femme qui se dit lesbienne est issue d’un parcours exclusif (jamais eu de sexualité avec les hommes), simultané (expériences avec les deux sexes pour confirmer son homosexualité), et enfin, parcours progressif, le plus courant (il peut y avoir eu de longues périodes de vie en couple hétérosexuel avant qu’il y ait autonomination lesbienne).   Ainsi, ce processus de déshétérosexualitsation qu’expose Natacha Chetcuti tourne autour de l’idée de « revenir à soi« , donc de se séparer du cadrage, « se construire un genre qui n’est plus en référence à la médiation des hommes« .

L’intérêt du livre également, c’est qu’il interroge des hétérosexuelles (sélectionnées sur le fait qu’elles avaient un minimum de consciences des questions féministes pour que la comparaison soit meilleure) et des lesbiennes qui se disent lesbiennes.

Une étude sur l’autonomination lesbienne, qui interroge la norme masculine de l’hétérosexualité en passant par la marge…
Sans aucun doute subversif, à lire donc, et par un maximum de femmes, et pourquoi pas d’hommes…

S.G

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1 réflexion sur « Se dire lesbienne, de Natacha Chetcuti »

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