Pourquoi Polanski aurait dû refuser son césar

Dessin S.G photo Hélène Epaud

Si Polanski avait changé. S’il avait la moindre considération pour sa victime, qui, a-t-il un jour écrit à BHL alors qu’il était en résidence surveillée, a demandé qu’on la laisse en paix, il n’aurait pas assisté à la remise des César hier soir.

Ou alors, il serait monté sur scène pour dire haut et fort qu’il ne pouvait pas accepter ce prix.
Si, à plus de 70 ans, l’artiste avait changé, et devait mériter la prescription qu’il réclame (mais, qui n’existe pas là où il a commis son crime).

Si nous avions tort en dénonçant la complicité de l’Académie des arts pour un de ses plus « illustres » membres qui s’est en fait comporté comme n’importe quel dominant, usant de son statut, de son sexe et de son autorité pour satisfaire ses « besoins » de dominant en détruisant une adolescente. Si nous avions tort en disant que ce silence est coupable du maintien des victimes dans leur statut de victime…

alors Roman Polanski serait monté sur scène et aurait refusé son prix. Il aurait dit : « je vous remercie de soutenir mon travail d’artiste. Néanmoins, en tant qu’homme, je dois monter devant vous pour dire que ce que j’ai fait, la justice ne peut m’en absoudre, vous ne pouvez m’en absoudre, seule ma victime a le droit de me pardonner. Mais auparavant, il aurait fallu qu’il reconnaisse son crime comme exceptionnel, et commis avec la circonstance aggravante qu’il était homme, quadra, célèbre et symbole d’autorité.

S’il voulait vraiment qu’on puisse un jour lui attribuer un prix, il aurait fallu qu’il dise que désormais, il se servirait de cette puissance non pour sa gloire, mais pour se mettre au service des victimes. Il aurait pu se consacrer à faire un film où il montrerait qu’il n’est plus celui qui a violé une adolescente qu’il avait préalablement droguée et fait boire, en encourageant le monde à ouvrir les yeux sur un des plus graves crimes qui le traversent.

En montant sur scène, sans jamais rien regretter, en se laissant ovationner et remercier par le bal des hypocrites, il a montré une fois de plus son mépris pour sa victime, et son statut de dominant qui se croit au-delà des lois et des hommes.

S.G

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6 réflexions sur « Pourquoi Polanski aurait dû refuser son césar »

  1. ce sera mon premier commentaire ici. en regard de l’attitude de polanski hier aux césars, que j’ai regardés (j’avais pas vu çà depuis des années), j’ai été écoeurée qu’il reçoive des prix et je ne supporte plus de voir sa tronche, j’ai perdu toute distance bien que j’appréciais ses films, bref en regard de son attitude hier, non seulement, il me semble clair qu’il pense être une victime d’un mauvais coup judiciaire (son arrestation et sa détention dans son chalet doré)et j’ai perçu un profond cynisme et un sens de la victoire pê dans son expression orale. La façon dont il a proforé le fait d’avoir monté son film « en taule ».
    D’ailleurs et pour finir (pardon si c’est long), c’est plus ses défenseurs et tout ce qu’on a pu entendre qui m’ont totalement écoeurée de ce cinéaste, dont je me suis demandé à un moment s’il se satisfaisait d’une telle défense, sa réaction hier est claire sur ce point vu qu’il les a remerciés.
    En ce qui me concerne, je ne parviendrai plus à regarder ses films car ce qui me clair aussi c’est que finalement pour tous ces mecs, y’a pas viol y’a baise et même si y’a viol ils s’en foutent complètement.
    Voila pardon pour la longueur.

  2. Ouais c’est le héros en France parce que lui la grande célébrité amerloque il a daigné choisir ce petit pays paumé de ploucs incapable de parler les langues étrangères, pour se planquer. Les ploucs franchouillards vont pas arrêter de lui lécher les pieds, trop honorés qu’ils sont que c’est leur cambuse qu’IL a pris pour refuge. Les stars c’est une nouvelle aristocratie et star américaine c’est le summum. Niquer la piétaille c’est normal quand est au sommet !

  3. au contraire, il FALLAIT qu’il obtienne un prix, comme il FAUT que les médias mettent à l’honneur la moindre maquette musicale de Bertrant Cantat, comme il FAUT que la séquence à la plaquette de beurre soit ressorti de tous les pores (porcs ?) des sites d’infos sur internet quand Maria Schneider est morte. Parce que cela renforce et réaffirme et enfonce encore le clou de l’oppression masculine bien au fond de notre chair, il faut qu’on sache qui est du côté du manche, du bâton et de tout ce qui y ressemble…

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