Revue de presse : pour l’abolition de la violence sexuelle, pas de la victime

Quelques textes fondamentaux ces derniers jours sur les résistances du pouvoir dominant et son extrême ingéniosité pour se maintenir et aller toujours plus loin dans la barbarie… ainsi, cet article qui décortique comment les tenants de l’industrie du sexe, ont pour objectif d’abolir la victime du système prostitueur : la personne en situation de prostitution, pour mieux oublier qu’il y a un coupable…c’est sur le site de Sisyphe, traduit par Martin Dufresne, recension du livre de  Kajsa Ekis Ekman, féministe suédoise.

« Prostitution – abolition de la victime et défense postmoderniste du statu quo ».

Ensuite, cet article d’Annie Ferrand qui finalement va un peu dans le même sens, en dénonçant une nouvelle fois les slutwalks. « Take back our walk. Ne laissons pas les industriels saloper notre lutte »Elle y livre en exergue cette citation si puissante d’Andrea Dworkin :

« Quand ceux qui vous dominent vous amènent a prendre l’initiative de votre propre destruction, alors vous avez perdu plus qu’aucun peuple opprimé n’a jamais pu se réapproprier. »

Ensuite, cet article qui nous montre comment certains font semblant de ne pas comprendre ce qu’est un rapport de pouvoir. C’est sur rue89.com, intitulé « DSK et le pouvoir : non, la séduction n’est pas chose simple ». L’auteure revient sur le moment où l’ex-directeur du FMI se dit blessé parce qu’on l’accuse d’avoir abusé de son pouvoir : « Dans cet extrait, Dominique Strauss-Kahn donne l’impression que les relations entre personnes pourraient se dérouler en dehors de toute relation de pouvoir. » Et de dénoncer l’imposture…

Et puis le dernier article de Muriel Salmona, présidente de l’association mémoire traumatique et victimologie, double page dans l’Humanité. Comme toujours, merci Muriel, pour la clarté du propos, pour lier toutes les formes de violences sexuelles, pour lutter pour le DIRE, et aussi bien. Ainsi : « Personne ne veut se représenter ce que c’est qu’un enfant de deux ans qui est violé. Les gens en ont une vision édulcorée alors que c’est de la torture pure et simple. En temps de guerre, le viol est considéré comme un crime contre l’humanité. En temps de paix, il pourrait être considéré comme un acte de torture et de barbarie. Dès lors que c’est sexuel, personne ne veut voir la gravité de cet acte. »

Et un début d’explication du pourquoi du déni, en chiffres : Que se passerait-il si les plaintes pour viol étaient plus nombreuses et prises en compte…? Que se passerait-il sur la partie dominante ne s’employait à maintenir un système ou elle détruit la partie dominée en lui niant le droit à l’existence ?

A Femmes en résistance (je remercie ici au passage Emelire pour son gentil mot sur « le féminin l’emporte »), à l’occasion de la première européenne du film majeur « L’imposture » d’Eve Lamont (dont vous pouvez lire le texte d’intention ici), l’une d’entre nous a dit : « nous sommes toutes des mortes en survie ».Une phrase qui me hante et que j’ai mise en dessin…ça s’appelle X, ou le sang des femmes…

S.G


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3 réflexions sur « Revue de presse : pour l’abolition de la violence sexuelle, pas de la victime »

  1. Très intéressant. Très belle illustration aussi.
    Il est important d’en parler et d’en reparler parce qu’en haut lieu c’est la désinformation la plus odieuse concernant le viol maintenant que celui de Nafissatou Diallo n’a pu déboucher sur un procès :
    pour défendre son camarade et nouveau mari de son ex femme Ivan Levaï a expliqué à Pascale Clarke dans une émission (voir le lien ci-dessous) que « pour un viol, il faut un couteau, un pistolet, et cetera.. » avant de déclarer : « sur les 75 000 crimes qui font l’objet de déclaration de viol à la police et éventuellement qui débouchent en justice, 10%, 10%, sont des fantasmes et des faux. Voilà. ». »

    Un lien vers l’intégralité de l’émission
    http://24heuresactu.com/2011/10/06/affaire-dsk-le-viol-selon-ivan-levai-lex-danne-sinclair/

    Il convient de rappeler qu’Ivan Levaï est le président de l’Association Presse-Liberté et surtout le mari de la chef de cabinet du président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

  2. Une femme est harcelée, agressée ou violée toutes les secondes. A chaque battement d’ailes, un mâle porte atteinte à la pudeur d’une vieille dame ou d’une jeune demoiselle. Aucune femme n’est à l’abri d’une indécente compagnie. D’une dérive sensuelle ou sexuelle.
    Nous sommes toutes victimes potentielles d’un abus de pouvoir… du singe sur la guenon, du mâle sur la femelle, de l’homme sur la femme.
    Abus de pouvoir du gouvernement sur les gouvernés, de l’employeur sur les employées, du maître sur ses disciples.
    Le problème, c’est que vous n’êtes pas plusieurs à déposer plainte et dénoncer ces étreintes subies sous la contrainte.
    Et surtout et par-dessus tout, vous savez la douloureuse impression d’être un obscur objet de désir. Et sans parler de la pression que l’on exerce sur vous, pour que vous cédiez à toutes sortes de tentations, de perversions, d’obsessions.
    Il y en a marre de tous ces canards sauvages qui se font passer pour les enfants du bon dieu.
    l’Amérique a peut-être réalisé avant nous qu’il n’y a pas de différence essentielle entre vrais et faux séducteurs. Justice accusatoire, il vous suffit de charger quelqu’un pour qu’il soit forcé par la Loi de se disculper, de prouver le contraire de ce que la Loi réprouve. Mais en France hélas, la justice est inquisitoire. C’est à la victime de prouver sa bonne foi avant qu’un juge ne soit désigné pour instruire le dossier…
    A un moment ou à un autre, il va falloir prendre certaines mesures, en amont ou en aval, pour prévenir bien sûr, mais surtout guérir tous ceux qui confondent violence et passion. Attraction et répulsion, vitesse et précipitation !

    Les femmes vont enfin l’ouvrir cet énorme dossier pour mettre fin à cette infamie.
    Puisque j’ai le malin plaisir de vous annoncer que les Japonais viennent d’inventer une petite capsule, toute petite, une sorte de micro processeur qui enregistre pendant 24 heures la moindre vibration ressentie ou subie par votre corps…
    Sans rentrer dans les détails, on ne pourra plus vous effleurer, vous conter fleurette sans que ça se sache. Petit inconvénient de cette pilule de vérité, je parle pour les femmes, elles ne pourront plus, non plus, simuler ou dissimuler leurs propres envies… tout est capté par cette boite noire qui va bouleverser notre façon de sentir.
    Et la liberté, me diriez-vous, et notre vie privée et notre jardin secret… ne vous inquiétez pas, ces japonais ont tout prévu ! Je vous fais part brièvement du modus operandi :
    On crée une loi qui stipule que toute femme est censée avaler tous les jours au petit déjeuner cette petite capsule, qu’elle retrouvera 24 heures après dans ses selles. Elle s’en débarrasse et on en parle plus. Mais s’il lui arrive quoi que ce soit, comme accident de parcours avec qui que ce soit, il lui suffit de déposer la capsule dans le commissariat le plus proche pour que son agresseur soit aussitôt confondu, inculpé et condamné…
    On peut désormais dire adieu et aux machistes et aux féministes… sans oublier les FABULISTES !
    On saura enfin qui a joué le rôle du petit chaperon rouge, et qui s’est glissé dans la peau du loup.
    La grand-mère peut-être ?
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/06/scoop-sexe/

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