Gracias a la vida, y a Violeta

mai 17th, 2012 § 2 Commentaires

Aujourd’hui, juste envie de dire que, malgré tout, “Gracias a la vida”, grâce à cette grande artiste sud-américaine, Violeta Parra, qui fut auteure, compositrice, sculptrice et beaucoup d’autres choses encore. Et puisqu’il faut toujours et encore se battre pour avoir le droit de vivre (aujourd’hui c’est la journée mondiale de lutte contre la lesbophobie, la transphobie et l’homophobie), régénérons-nous à sa douceur universelle…

Amie d’insomnies, ces chansons résonnent aux oreilles de mes soeurs

 

Parité chérie…

mai 16th, 2012 § 2 Commentaires

Aujourd’hui, je ne m’étendrai pas sur ce qui ne me plaît pas dans le gouvernement Hollande. Cela se situe du côté de l’économie, de l’intérieur, où une solidarité active avec un homme qui faillit être président se manifesta il y a moins d’un an…

Je vais plutôt m’intéresser aux promesses tenues, aux “bonnes” nouvelles, aux enjeux à venir : Oui, c’est historique, il y a parité totale, dont 9 femmes ministres de plein exercice sur 18. Les postes attribués sont tous importants, et si l’éducation aurait raisonnablement pu échoir à une femme (les femmes n’y sont toujours majoritaires qu’aux postes de non-responsabilité), on peut considérer que l’innovation, la recherche, le logement, le développement durable, les affaires sociales…et les droits des femmes, sont des postes clés.

Première promesse tenue donc. Autre promesse tenue, celle de constituer un ministère des droits des femmes, le deuxième de l’histoire, le premier depuis Yvette Roudy. C’est une très bonne nouvelle, d’autant que celle qui va l’occuper, Najat Vallaud-Belkacem, sera aussi porte-parole du gouvernement, ce qui devrait aider à la transversalité nécessaire en matière de droits de femmes. Après, il reste à voir la suite : les financements, et les actes.

Quant à l’hôtesse du ministère, on aurait pu espérer quelqu’une de plus ouvertement féministe, pour faire respecter quelques engagements clés de campagne : les 40 de François Hollande, mais aussi le projet du Parti socialiste : contre la GPA et en faveur d’une loi d’abolition avec pénalisation du client prostitueur. Il faudra donc regarder de près comment la ministre est conseillée et entourée. Espérons que son équipe sera composée de féministes reconnues, intelligentes et déterminées, issues de mouvements féministes et pourquoi pas de jeunes mouvements féministes (oui je pense à une fondatrice d’OLF, entre autres).

Autre information importante, la nomination de Christiane Taubira comme garde des sceaux. Elles sera particulièrement sous le feu de nos projecteurs féministes, avec la nécessité de voter d’urgence une loi sur le harcèlement sexuel pour le rétablir dans le code pénal, et parce que nous nous battons, avec pas de justice, pas de paix, pour que justice et réparation soient enfin rendues aux femmes victimes de violences et de violences sexuelles. C’est une urgence qui devrait être priorité nationale, nous demanderons à la voir pour lui en parler…

Enfin, nous serons là, au quotidien, pour être critiques et exigeantes, parce que c’est aussi le rôle des féministes : assurer une certaine radicalité pour obtenir des avancées suffisantes pour qu’elles ne soient pas balayées d’un simple revers de la main au fil d’un revers électoral ou d’une alternance…

S.G

La Barbe à Cannes : analyse et révolte

mai 16th, 2012 § 8 Commentaires

Je parlais ici samedi de la pétition de la Barbe que je vous rappelle que vous pouvez signer ici :

labarbeacannes.blogspot.fr

Je n’ai pas eu le temps de faire très long mais chaque jour la nécessité de cette pétition se fait un peu plus sentir. En effet, les réactions au texte, finalement très modéré initié par La Barbe, sont extraordinaires. Celle du Président du festival qui estime en substance que ce n’est pas sa faute s’il n’y a pas assez de femmes qui ont fait de bons films…

en passant par les Inrockuptibles qui renvoient les féministes à leurs foyers ou plutôt-dirais-je à leurs affiches. La gueule englamourée en 2D placardée partout, où en maîtresses de cérémonie, c’est semble-t-il plus acceptable…

Mais revenons-un peu sur les arguments donnés :

-l’an dernier, il y a eu 4 femmes dans la sélection (sur une vingtaine de films ? 30 ?) et ce serait la preuve que le festival n’est pas sexiste.

En plus, elles ont eu des prix, alors quand même ! (ça, c’est la maîtresse de cérémonie de cette année, Bérénice Bejo, qui se réjouit par ailleurs que les femmes soient douces qui le dtit : .”Maiwenn et Valérie Donzelli, on en a beaucoup parlé, elles ont gagné des prix, elles ont eu une reconnaissance incroyable.” C’est quand même incroyable de donner des prix à des femmes, non ?

Ne lui jetons pas la pierre : elle est, comme toutes les femmes qui ont accès à la placardisation en affiches, l’otage de son rôle d’icône publicitaire, qui, comme l’explique Mona Chollet dans Beauté fatale, revendique à coups de millions de plus en plus une place dans le monde l’art…

-Jane Campion a eu la palme d’or. C’est vrai, voilà qui est encore incroyable. Une femme ayant la Palme d’or. Une fois, en 63 ans, un film de femmes a mérité la palme d’or. Ce n’est pas comme si les femmes savaient faire des films, voire des chefs d’oeuvre, contrairement aux hommes. Ah non ? il n’y en a pas ? Pascale Ferran, Coline Serreau (si, si), Sylvie Verheyde, Mira Naïr, Agnès Varda, Chantal Akerman, Julie Delpy, Noémie Lvovsky, Agnès Jaoui, Margarete von Trotta, Julie Bertuccelli, etc, etc…

-Il y a peu de femmes réalisatrices. C’est vrai, et c’est un problème. Et pourtant, il y a de magnifiques films de femmes. Sauf que : aussitôt fait, aussitôt oubliés. Comme s’ils n’avaient pas existé…

Pourquoi il n’y a pas de femmes dans la sélection : sexisme à toutes les étapes

-Du coup, je vais aussi parler de deux femmes réalisatrices dont vous ne connaissez même pas le nom et qui pourtant ont marqué (auraient du) l’histoire du cinéma :

-la première qui a fait un film de fiction, Alice Guy, dont les films ont été presque tous perdus (mais Gaumont les a réédités). Il aura fallu un siècle pour qu’on reparler d’elle. Et encore, qui connaît son nom, qui ne connaît pas celui de Méliès ? Son histoire vaut-elle moins un film d’un grand réalisateur que celle de ce dernier ?

-la première femme à avoir été invitée à Cannes, Binka Jeliaskova, qu’on compare à une Eisenstein bulgare, censurée pendant 20 ans dans son pays, et dont vous n’avez jamais entendu parler, sauf ici même ou à Femmes en résistance…encore une histoire effacée. Tapez une recherche google et vous verrez…

- En tant qu’organisatrice de festival féministes de films de femmes, j’ai eu l’occasion de parler avec certains programmateurs de l’absence de femmes réalisatrices dans leurs sélection : la réponse est toujours la même : ils ne sont pas sexistes, le sexe du / de la réalisatrice n’est pas un enjeu au moment du choix. Ok. Très bien. Evidemment, il ne s’agit pas de dire qu’ils écartent sciemment des femmes. En revanche, on voudrait bien savoir où ils font l’effort d’essayer d’obtenir des candidatures de films de femmes, plutôt que de toujours remettre les mêmes ! Comment ils en favorisent l’émergence ?

Quand s’interrogent-ils sur le fait que les “sujets phares” reconnus par les critiques -des hommes- du 7ème art sont tous androcentrés ?

Quand s’interrogeront-ils sur le fait qu’alors qu’il y a de plus en plus de femmes dans les écoles de cinéma, elles ont largement moins accès aux financements que les hommes ?

Quand s’interrogeront-ils sur le fait que l’entre-soi et le regard sur une seule moitié de l’humanité ne les aide pas à repérer de bons films réalisés par des femmes, à les financer et à les mettre sur le devant de la scène ?

Il faut se rendre à l’évidence, il y a peu de chances qu’ils s’interrogent, et beaucoup de chances qu’ils essaient de nous faire taire. Parce que sinon il faudrait laisser des places. C’est comme au gouvernement. Il y a les intentions. Et puis les faits.

Sandrine GOLDSCHMIDT

Du Sofitel à #jenaipasportéplainte

mai 16th, 2012 § Laisser un commentaire

Hier, le New York Post a affirmé que DSK portait plainte contre Nafissatou Diallo pour fausses accusations et lui réclamerait 1 million de dollars. La nausée continue, même si l’on est pas étonnées. Pour le manifeste pas de justice pas de paix, nous revenons avec Muriel Salmona sur le site Slate.fr sur une année qui a provoqué de nombreuses réactions de féministes et de femmes, dont la campagne #jenaipasportéplainte

A lire sur Slate.fr : un an après, les enseignements féministes pour la lutte contre le viol  :    http://www.slate.fr/tribune/55019/dsk-un-an-apres-feminisme

 

 

 

Un an après, Pas de justice, Pas de paix !

mai 15th, 2012 § 2 Commentaires

L’action du manifeste Pas de justice pas de paix est née de ce 15 mai 2011 où l’on a appris la nouvelle de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn pour des faits de crimes sexuels, séquestration, viol et tentative de viol sur la personne de Nafissatou Diallo à l’hôtel Sofitel de New York. En attendant de vous faire part d’une analyse de cette année écoulée, revoici quelques textes écrits sur ce blog autour de cette affaire :

“Ce qui est sûr, c’est que le présumé consentement n’existe pas”.

A écouter des informations récentes et qui font la une de l’actualité, j’ai envie de reparler du consentement.

Et rappeler un enseignement majeur d’un film majeur dont je suis prête à vous rebattre les oreilles le temps qu’il faudra, “NO! The rape documentary”, d’Aishah Shahidah Simmons (voir bande-annonce ci-dessous). Pour que, alors que l’on risque de parler pendant des semaines sur le consentement ou non d’une femme de chambre dans un hôtel new-yorkais, on aie bien en tête la chose suivante : il n’y a pas de présumé consentement.

Une femme qui dit non ne consent pas.

Lire la suite ici : http://wp.me/pnd5b-Rn

Je continuais par ceci, qui devrait selon moi être une piste à étudier pour la justice : présumé non-consentement http://sandrine70.wordpress.com/2011/09/19/presume-non-consentement/

Et un peu plus tard, après la publication du manifeste, co-signé avec Muriel Salmona, celui-ci sur les enjeux du traitement judicaire du viol : http://sandrine70.wordpress.com/2011/11/26/enjeux-judiciaires-viol/

Ainsi qu’une revue de presse écrite à l’époque : http://sandrine70.wordpress.com/2011/05/24/il-faut-aider-les-victimes-de-violence-sexuelle-pas-les-faire-taire/

“La fabrique du féminisme” et “questions féministes”

mai 13th, 2012 § 2 Commentaires

Est-ce l’effet de ce renouveau féministe que Geneviève Fraisse, féministe et philosophe, a situé autour des nouveaux mouvements tels qu’Osez le féminisme ou La Barbe, ainsi que dans l’affaire du Sofitel (DSK-Diallo) ? Est-ce celui de la difficile continuité du féminisme qui pour Christine Delphy a eu du mal à se faire, mais qu’elle a et je/nous l’en remercions, soulignée au travers d’Internet, de ce blog et de la campagne #jenaipasportéplainte, voici une bonne nouvelle : de nombreux textes sont réédités, en même temps qu’un hommage sera rendu à une maison d’éditions pionnière, celle de Françoise Pasquier, les éditions Tierce (le 6 juin à Violette and co;).

Cette semaine, j’ai pu écouter Geneviève Fraisse donc, à la librairie Violette and co, parler de son ouvrage sorti un peu plus tôt cette année, “La fabrique du féminisme”, recueil de textes qu’elle a écrit depuis les années 1970, et qui lui ont semblé particulièrement en phase avec l’actualité qui a découlé de l’affaire du Sofitel, justement : la question du consentement, de la domesticité, de la servitude, etc.

En outre, forcément, la rencontre ayant lieu le 9 mai, l’actualité la mettait encore plus en lumière, avec le retour de la gauche au pouvoir. Elle qui s’est beaucoup interrogée sur les rapports féminisme et socialisme, qui s’est située d’abord en dehors du système, avant d’y participer en tant que membre issu de la société civile dans le gouvernement Jospin, estime qu’il est difficile de savoir si un ministère des droits des femmes ou la parité changera vraiment les choses. Et elle trouve par ailleurs que la société française est “bloquée” dans un conservatisme sociétal qu’elle trouve regrettable.

La lecture de son ouvrage en tout cas, fait de courts articles parus dans la presse (elle qui dit que la presse ne parle pas de ses livres mais ne cesse de la solliciter pour remplir ses colonnes de tribune sur moults sujets), permet un vrai retour sur l’évolution des enjeux du féminisme en 40 ans, avec, comme toujours, cette impression qu’il faut finalement toujours repartir à zéro, tant la société se refuse à écrire l’histoire des femmes et du féminisme au-delà des milieux spécialisés, et tend à perpétuer une ritournelle que je qualifierai de perpétuation des mêmes ressorts sexistes, et que G.Fraisse situe dans un manque d’historicité.

Autre rencontre, jeudi 10, avec Christine Delphy et Sabine Lambert, qui a préfacé la nouvelle édition de Questions féministes, avec l’intégralité  des huits numéros de la revue créée en 1977 (directrice de publication : Simone de Beauvoir), avec des textes fondateurs mais introuvables de Colette Guillaumin, Monique Wittig, Monique Plaza, Nicole Claude Mathieu, Christine Delphy ou encore Emmanuèle de Lesseps.

L’objectif : “être  une revue de réflexion et de combat pour penser l’oppression et la libération, appréhender le système de genre, inscrire le féminisme dans une perspective matérialiste et abolir le système de domination patriarcal… Il s’agit de désigner clairement l’oppression, de la décrire dans tous ses aspects, d’en chercher les causes, les mécanismes et les outils pour en sortir. Il s’agit, en somme, de proposer une théorie de l’oppression des femmes”, peut-on lire sur le résumé des éditions Syllepse.

Les deux soirées ont été filmées, d’ici peu vous pourrez donc les retrouver en ligne !

S.G

Qui sommes “nous, féministes” ?

mai 12th, 2012 § 8 Commentaires

Avant-propos : ce texte, signé “Femmes en résistance” (association Résistances de femmes) se livre à une analyse radicale de l’appel intitulé “nous, féministes” paru entre les deux tours de l’élection présidentielle, et revient en fin de texte sur l’autre appel à voter Hollande qui a été publié. Il est également lisible sur le blog de Femmes en résistance.


« Il est temps qu’un autre féminisme prenne la parole », réclament les post-féministes.

Un manifeste a circulé entre les deux tours pour appeler à faire barrage à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a été battu. Tant mieux. Maintenant, c’est le temps de l’analyse de ce texte par les féministes. Car il célèbre un « Nous » fédérateur d’une « internationale féministe ». Celles qui ne s’y reconnaissent pas ne seraient donc pas féministes. Seulement, ce texte est loin d’être ce qu’il paraît : un texte féministe, opposé à toute instrumentalisation des féministes par un pouvoir patriarcal qui attise le racisme et la haine.

Le pouvoir patriarcal n’est nullement nommé, mieux, les féministes, avant ce manifeste, semblent avoir été un instrument consentant voire même agissant dans ses actes colonialistes et impérialistes.

Une très bonne réponse qui lui est faite est lisible sur féministes radicalesou je putréfie le patriarcat. Ce texte souligne l’absence de dénonciation des violences sexuelles. Or elles structurent la société patriarcale. De notre côté, pour y répondre, nous voudrions simplement rajouter quelques éléments et nous attacher à l’analyse des mots employés, et des exemples choisis.

1 – Qui est derrière le « Nous, féministes » ? « Nous » sommes tout sauf des femmes.

Récapitulons les catégories qui forment ce « nous » :

« citoyennes et indigènes, immigrées et autochtones, bourgeoises et prolétaires, travailleuses et chômeuses, nationales et naturalisées, européennes et étrangères, militantes et universitaires : filles, mères, ménopausées, avortées ou hormonées, Noires, blanches, tsiganes, arabes, musulmanes, juives ou chrétiennes, croyantes, mécréantes, voilées, dévoilées, revoilées, sexy, grosses, anorexiques, valides ou non, straight, trans, gouines, queer, morales, immorales, amorales, victimes, putes, épargnées ou enragées, …».

Quelle logique organise cette accumulation ?

Que signifie le ET ? Opposition ou addition ? Des deux ? Selon quel critère ? Car on peut être militantes et universitaires, nationales et naturalisées, européennes et étrangères. En revanche on ne peut être immigrées et autochtones, ni bourgeoise et prolétaire. Que signifie le OU ? Il est probablement inclusif puisque avortées et hormonées ne s’opposent pas, tout comme grosse et anorexique. Pourquoi alterne-t-il avec le ET ?

Quelle cohérence politique a cette litanie ? Des catégories de femmes ? Pas toutes, il y a les trans dedans. Des catégories de « stigmatisées » ? Le ton queer et ses réappropriations d’insultes le laisse penser. Mais alors quid du mot « victime » ? En quoi est-ce un stigmate à accoler à « p… », « gouine », « immorale », « mécréante » ? Faut-il y entendre la tentative de dépassement du mépris que seuls les postmodernes et les agresseurs ont pour les « victimes » ? Car de larges groupes soi-disant « féministes » répugnent à constater que les femmes sont victimes de leurs oppresseurs. et assimilent « victime » à une faute morale : celle de « s’être couchée » devant l’ennemi.

Cherche-t-il l’exhaustivité ? – Alors il manque entre autres, les asiatiques et bouddhistes, indiennes et hindouistes, les “pas sexy”, les “ni anorexiques ni grosses”, etc. Car question analyse, il n’y en a aucune. Pêle-mêle sont citées des « stigmatisées », peu importe que le « stigmate » qui les caractérise soit la conséquence de l’oppression ou une stratégie de résistance ou des actes de langage à prétention subversive.

  • « Anorexique » et « pute » ne sont des étendards politiques que pour certains groupuscules qui mettent en danger les femmes. Les insultes citées et les épithètes « mécréante », « immorale » et « amorale » relèvent du discours de haine des agresseurs.

  • « Victime », « immigrée », « prolétaire », « chômeuse » sont les conséquences d’oppressions. « Anorexique » et « grosse » sont pour grande part les séquelles de violences sociales (politiques patriarcales [violences sexuelles et/ou matraquage médiatique de haine et de mépris pour le corps féminin] et politiques agro-industrielles, pour ne citer que les deux principales).

  • « Noires » avec une majuscule ou « avortées » ont été posés comme des actes forts de contestation de l’ordre raciste et sexiste.

Trois catégories manquent bizarrement.

Dans cet inventaire, il manque la catégorie « lesbienne ». A la place, deux mots bien politiques.

  • « Gouine », une insulte à prétention libératrice qu’une féministe ne peut pas aujourd’hui reprendre à son compte, à moins de se placer entre les mains de ses agresseurs. Car si à l’époque des gouines rouges, oser dire le mot pouvait être subversif, aujourd’hui, le système pornographique se délecte trop de l’emploi de cette insulte pour que le retournement puisse encore faire subversion.

  • « HomosexuelLEs ». Lesbienne, on ne le retrouvera qu’une fois dans le texte, pour présenter, comme elle le faisait elle-même, Audre Lorde – il ne sera de fait pas question de lesbophobie. « HomosexuelLes », ce mot « neutre », où le masculin revient encore parasiter le propos, ment sur la réalité que vivent les lesbiennes. Elles sont ciblées en tant que « femme » échappant pour part à l’hétérosexualité. Le système pertinent qui explique cette persécution n’est pas « la norme » abstraite de « pratiques sexuelles » hétérosexuelles, c’est le sexisme lui-même : l’expérience des gays et des lesbiennes est donc antagoniste. Cette lettre efface des noms aussi importants que Monique Wittiget Michèle Causse.

Un autre manque cruellement car c’est celui qui fonde tout le féminisme. Celui qu’on ne cesse de reprocher aux hommes, politiques, chercheurs, militants, d’ignorer : FEMMES ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, il ne semble pas judicieux aux auteures de mentionner ici, pour faire le lien entre toutes, ce mot qui désigne depuis Simone de Beauvoir celles que nous devenons à défaut d’être nées telles. Que signifie un manifeste féministe qui ne se réclame pas de la catégorie ou classe des femmes ?

Deux mots essentiels manquent encore : hommes et patriarcat. Il nous semble extraordinaire que les agresseurs ne soient jamais cités dans le texte. Mais cela, les deux blogs cités au début de l’article le disent mieux que nous.

2- Quel système de domination dénonce ce « Nous » ?

Une internationale « féministe » sans victime, sans classe de femme et sans oppression.

« Victimes » est une des catégories citées au début du manifeste et ne s’applique pas, semble-t-il, aux autres. Aucune des catégories de femmes citées, sauf une, ne serait victime ? Or puisque la société où nous vivons est sexiste, toute femme est une cible. Nous sommes toutes victimes, c’est ce qui nous fédère en une même lutte.

Alors pourquoi mentionner cette catégorie dans une série et non comme dénominateur commun ? Mais surtout que veut dire « épargnées » dans le manifeste ? Epargnées de quoi ? Quelle femme, ici ou ailleurs, est épargnée par la violence sexuelle masculine ? Nous avons toutes subi le sadisme de l’exhibitionniste, la menace de viol par le racoleur qui nous murmure ses « désirs » à l’oreille, le geste blessant de celui que l’on croyait notre ami … Quelle femme, ici ou ailleurs, est épargnée par la violence économique masculine ? Quelle femme peut échapper à la contrainte à la conjugalité et/ou à la mixité organisée par le monopole des richesses et des moyens de survie par les hommes ?  sont ces « épargnées » ? Nous n’en connaissons aucune.

Il faut attendre le troisième paragraphe pour que le mot « femmes» apparaisse enfin. Dans un contexte particulier :

« Filles de Virginia Woolf, nous dénonçons avec elle la propagande nationaliste qui prend les femmes en otage et prétend les défendre alors qu’on bafoue leurs droits fondamentaux : “En tant que femme, je n’ai pas de pays, en tant que femme, je ne désire pas de pays, mon pays c’est le monde entier…”.

Résumé politique : … je ne suis donc jamais femme en tant que classe opprimée. mais seulement en tant que citoyenne du monde face au système nationaliste.

De fait, la majorité des violences dénoncées par le texte sont les méthodes de pouvoir de l’état nation : ordre policier et douanier, fichage, surveillance, pénalisation des étrangers, persécution des syndicalistes et des citoyenNEs, le vote raciste, la fortification de l’édifice Europe, l’instrumentalisation colonialiste et nationaliste des droits des femmes, l’argument du choc des civilisations. En réponse, le manifeste affirme « que désormais, quiconque tente de nous instrumentaliser en prétendant défendre le droit des femmes sous couvert de progrès, d’identité nationale ou de défense des frontières européennes – rencontrera sur son chemin une internationale féministe que nous appelons de nos vœux. » Mais l’oppression des femmes n’est devenue que récemment nationaliste (deux siècles sur des millénaires d’oppression patriarcale) et le nationalisme n’est pas le tout de l’oppression des femmes : les femmes nationales sont maltraitées même dans les nations impérialistes, et les femmes migrantes sont maltraitées par des méthodes et dans des proportions que ne connaissent pas les hommes.

En dehors de tout concept de classe des femmes, quel sens à « l’internationale » féministe qu’appelle de ses vœux ce manifeste ? Nous disons qu’il n’est pas féministe, car le projet est androcentré (cf. le texte de réponse cité plus haut). Le sexisme ne s’effondrera pas avec la fin des états-nations. Il est antérieur à ce système de pouvoir, et il l’englobe, logiquement et dans les faits.

Le concept de patriarcat est absent de ce texte. Le concept de sexisme apparaît deux fois. Dans « hétérosexisme ». Ceci pour amalgamer touTEs les « hétéro » parmi les dominants face aux « anormaux » : pure négation des violences sexuelles masculines subies par toutes les femmes hétérosexuelles au profit de la classe des hommes. Enfin, le mot « sexisme » apparaît ici :

« Nous […], filles d’Audre Lorde, poétesse, lesbienne, caribéenne, traquant le racisme, le sexisme et l’homophobie jusque dans les rangs des mouvements féministes et des mobilisations anti-racistes… »

Voici le seul moment où le manifeste évoque le pouvoir organisé qui motive l’existence du féminisme : quand il s’agit de le dénoncer dans les rangs minoritaires, en particulier féministes ! Le manifeste focalise sur l’entre-soi féministe pour rechercher les traces de l’oppression des femmes. En parallèle, le manifeste laisse entendre que jusqu’à présent les féministes auraient participé, par consentement tacite ou explicite, aux politiques du patriarcat : néocolonialisme, impérialisme, persécution policières, mesures liberticides … et qu’il vient y mettre fin.

C’est partir du postulat qu’il n’y a pas de réflexion sur le néocolonialisme, le racisme, les classes sociales en France… oubliant encore et pour la enième fois la lutte des femmes et lesbiennes exilées en France.
 Par exemple la coordination des femmes noires d’Awa Thiam  de Maria Kalalobé, Epoupa Mizipo, Béatrice N’Goma, Gerty Dambury a interrogé le mouvement des femmes dans les années 70 sur la colonisation et l’esclavage, mais  l’Histoire n’a guerre pris en compte ces débats.
 Aussi de nombreux groupes ont œuvré  comme les Nanas Beurs dans les années 90. Aujourd’hui les Lesbiennes Of Color, Locs sont issues de cet oubli systématique et luttent contre le racisme jusqu’au sein des mouvements féministes et lesbiens Français.
D’autre part, cet oubli illustre le double thème récurrent des groupuscules queer et sex-positiv. C’est avec cette même rhétorique (série d’insultes et d’épithètes nominatifs pour toute identité politique, oppresseur sexiste jamais nommé, classe des femmes niée, violences sexuelles occultées) que ces groupes multiplient depuis des années les actions directes contre les groupes, associations ou individus féministes. Ils prétendent opposer un féminisme situé dans certaines expériences minoritaires (queer, racisées, prostituées, etc.) au féminisme institutionnel. Alors qu’elles peuvent très bien travailler ensemble, en discutant sur leurs divergences et dans l’exigence d’une écoute réciproque. 
Cette diabolisation légitime d’une part l’agressivité avec laquelle certains individus harcèlent et font des scandales publics à des féministes;  et d’autre part, la révision systématique des acquis féministes, en particulier ceux cités ci-dessus, ainsi que la non-mixité des femmes, le concept de classe de sexe et l’analyse de la prostitution et du sadomasochisme pornographique, comme moteurs majeurs des violences sexuelles masculines.


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Qui sont les références, comment sont-elles traitées ?

D’ailleurs, suit une longue généalogie féministe du “nous, féministes” qui cite bien du monde et oublie justement…SIMONE DE BEAUVOIR. Que signifie un manifeste féministe qui ne se réclame ni de Simone de Beauvoir ni de la catégorie ou classe des femmes ?

Il n’y a pas Beauvoir, en revanche, il y a Olympe de Gouges. Mais ne voilà-t-il pas que celle qu’il a fallu deux siècles pour sortir de l’oubli – et encore- doit désormais être citée tout en étant insultée par celles-là-même qui se réclament de sa filiation ? Olympe de gouges, demi-mondaine ? Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’insinue-t-on par là ? Définition : Au XIXème siècle, le terme de demi-mondaine désignait les femmes entretenues par de riches Parisiens. Autrement dit, des courtisanes. Peut-on ici faire une référence plus directe à un article  de Thierry Schaffauser (co-fondateur du STRASS)  que vous pouvez lire sur le site minorites ? En voilà une référence en tout cas en matière de généalogie féministe !  Ayant été veuve à 16 ans donc mariée de force et violée, elle se retrouva peut-être prostituée. Mais il nous semblerait nettement plus féministe d’interpréter l’histoire de cette façon plutôt qu’en se contentant de la traiter de “demi-mondaine”, ce qui encore une fois est un retournement de l’insulte qui tombe à plat. Ou plutôt attise la haine des femmes. Un peu comme si des femmes juives disaient “nous, youtres” pour revendiquer leur place ? Cela serait-il admissible ?

Louise Michel, se rangea donc aux côtés des Kanaks . Mais elle fut aussi une virulente abolitionniste -un aspect fondamental de notre généalogie féministe qui est ici passé sous silence…Ensuite, la lesbophobie n’apparaît pas.
 Alors que homosexuellEs,  mot censé englober gays et lesbiennes apparaît, homophobie et islamophobie aussi  (un mot contesté), l’oppression faite aux lesbiennes, parce que lesbiennes ET femmes, n’est pas mentionnée.


3- “Il est temps qu’un autre féminisme prenne la parole” : que nous dit-on ici ?

A-t-on attendu que ces auteures interviennent pour dénoncer l’instrumentalisation du féminisme par la droite extrême qui a gouverné ? Qu’ont fait les féministes dans leurs luttes quotidiennes sinon toujours ramener sur le devant de la scène les violences sexuelles et l’oppression dans laquelle toutes les femmes sont maintenues et certaines, fragilisées, encore plus que d’autres ? Sinon réclamer en permanence des places d’hébergement, la régularisation de tous les sans papiers ?
“nous, féministes, refusons avec la plus vive détermination que les « droits des femmes » et des « homosexuelLEs » ou « l’égalité des sexes » servent des idéologies et des pratiques néo coloniales et liberticides.”
Et le patriarcat et le libéralisme n’ont ils donc rien à y voir ? Pourquoi sont-ils absents de l’énonciation ? N’y a-t-il pas, au dessus des pratiques coloniales et liberticides un patriarcat capitaliste qui y a un intérêt ? Ne serait-il pas a minima intéressant, voire nécessaire de le mentionner ?
Tous ces oublis nous semblent très significatifs. En voulant réparer ce qui leur semble être “l’oubli” anti-colonial et anti-fasciste d’autres féministes, les auteures oublieraient le système patriarcal ? Comment cela pourrait-il être un hasard, dès lors qu’on se revendique d’une généalogie féministe ?

Alors, pourquoi ?
Une autre stratégie rhétorique du texte nous en donne une idée : le retournement. Il s’exprime dans le “demi-mondaine”, l’insulte soi-disant là pour décrire une réalité, mais aussi dans l’emploi systématique des mots de ceux qui  luttent contre les féministes radicales  et abolitionnistes.

Oui, le patriarcat s’impose avec une violence  accrue sur des personnes étrangères et de façon post-coloniale. Mais il se tourne aussi contre toutes les autres, et dans tous les pays du monde. Oui, nous nous insurgeons contre le fait que TOUJOURS, ce sont les femmes contre qui le patriarcat se retourne, que ce soit dans la prostitution ou sur la question du voile. Mais non il n’y a pas « criminalisation » des femmes musulmanes ni « criminalisation » de la sexualité.

Criminaliser, c’est rendre passible des assises et de peines de 5 ans de prison minimum. Nous ne voulons pas que les femmes soient pénalisées parce qu’elles sont prostituées ou contraintes à porter le voile intégral. Nous ne voulons pas criminaliser les femmes ni même les pénaliser. Nous voulons criminaliser les hommes qui les violent, et pénaliser ceux qui achètent et contrôlent leur corps, et interdire que la société fasse la promotion du viol dans la pornographie. Quelle féministe peut raisonnablement s’opposer à cela ?

Et que veut dire ici le terme liberticide ? La façon dont la liberté des femmes est systématiquement soumise à l’ordre patriarcal ? Non, il s’agit là du refus de toute mesure « liberticide » profitant aux hommes. C’est une façon de nier aux féministes la possibilité de s’opposer aux libertés que se donnent les hommes à nous violer par toutes sortes de moyens presque tous légaux et tous caractérisés par l’impunité presque totale, avec leur arsenal de contrats plus ou moins tacites : pacte prostitutionnel, pacte domestique, pacte filial…

La suite nous montre bien qu’on est dans cette dialectique là :


”En tant que féministes, comment ne pas exiger l’abrogation des lois qui criminalisent les femmes en raison de leur religion, le développement de modes de garde collectif, la réforme des manuels scolaires et le développement de la place de l’histoire des femmes, des études postcoloniales et de la notion de « genre » dans toutes les disciplines, l’éradication des publicités et des jouets prônant l’hétérosexualité obligatoire, la reconnaissance pleine et entière des droits sociaux des prostituéEs ? “…

Outre le fait qu’il n’y a pas de lien logique ou analytique entre les propositions, il y a confusion et retournement. D’un côté on nous dit qu’on “criminalise les femmes” en leur donnant des amendes pour port de voile intégral, (criminaliser, c’est aussi ce que les pro-prostitution reprochent aux féministes). De l’autre les auteures se contentent de vouloir « éradiquer » des publicités dont on ne dit même pas qu’elles servent la perpétuation d’un crime, celui du viol, qui n’est même pas cité ? Leur seul tort serait l’hétérosexualité obligatoire, sans préciser que l’hétérosexualité obligatoire est la justification du viol.

la reconnaissance des droits sociaux pleins et entiers des personnes prostituées ?

Et pour finir, cette affirmation que certaines trouveront consensuelles parce qu’elle se cache sous des atours généreux mais ne veut rien dire : vouloir la” reconnaissance des droits sociaux pleins et entiers des personnes prostituées”.
Pour elles, il faut beaucoup plus que cela ! Il faut exiger immédiatement une dépénalisation totale du racolage! Et reconnaître que c’est le client qui est responsable et l’achat d’acte sexuel qui doit être interdit. 
La réalité c’est que si on parle ici de droits sociaux,  c’est parce que c’est l’argument de ce courant réglementariste qui ne dit pas son nom mais s’oppose farouchement aux féministes. Elles sont, depuis Louise Michel en passant par Andrea Dworkin ou Marie-Victoire Louis,  Malka Marcovich, Sheila Jeffreys, Donna Hughes, Catharine MacKinnon, massivement abolitionnistes !
Les figures les plus importantes de cette mobilisation sont les cibles de campagnes de diffamations par les réglementaristes et légalistes ; de fait, aucune des Américaines n’est traduite en français, et aucune féministe qui débute dans le mouvement n’échappe aux fantasmes misogynes sur nos pionnières.


Nous posons avec force cette question : de quel « Nous », les auteures du manifeste se réclament-elles pour fédérer les féministes ? Vraisemblablement de ce “post-féminisme” qui ne peut exister que dans un “post-patriarcat”. Alors qu’au moins elles le disent, et nous laissent lutter politiquement, nous, féministes, dans le monde patriarcal qui est le nôtre aujourd’hui.
FEMMES EN RESISTANCE
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Addendum: ”On n’aménage pas l’oppression, on ne négocie pas avec l’oppresseur” Sabine Lambert,préfacière de questions féministes

Le manifeste publié sur le blog d’lLeni Varikas répond sûrement pour partie à celui de Caroline de Haas et Martine Storti, sorti quelques jours plus tôt. Ce dernier appelait également à voter Hollande. En esquissant une généalogie féministe, liée certainement au fait que la seule que le texte des soutiens d’Hollande donnait était celle que serait d’après elle la gauche. Et définissait le « nous, féministes par un « nous, progressistes », sans préciser que la gauche ne les applique pas. Il avait toutefois l’avantage de nommer sinon le patriarcat du moins “une organisation sexuée de la société’, et les femmes.

Mais il ne nomme pas plus les hommes comme bénéficiaires du système patriarcal. Comme le manifeste dont il est question ici, il impute quasi-exclusivement la responsabilité de nos malheurs à la droite sarkozyste ou au capitalisme néo-libéral, en incluant la gauche dans une généalogie féministe.
La gauche serait “par nature” l’amie des droits des femmes ? On sait combien ce n’est malheureusement souvent pas le cas…
Même s’il faut parfois, reconnaît le texte, ne pas oublier de rappeler aux hommes qui y détiennent le pouvoir qu’ils restent avant tout des hommes peu enclins à déconstruire le patriarcat qui leur profite. “L’arrivée de la gauche au pouvoir est une condition importante de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais nous savons aussi que les mécanismes de domination, multimillénaires, d’invisibilité des femmes et de résistance à leur émancipation et à leur libération, sont puissants.”Oui, ils sont puissants, mais pas seulement “malgré eux”, mais « avec eux » car « pour eux ». Et nous féministes, nous ne pouvons dédouaner la responsabilité de la gauche dans la perpétuation de ces mécanismes, commme l’affaire DSK l’a malheureusement trop vivement rappelé.
Par ailleurs, dans ce manifeste aussi, la défense de mesures féministes semble devoir à tout prix être incluse dans d’autres luttes, comme si elle ne pouvait être la racine, et prioritaire : “Il est temps de changer de politique, pour les femmes comme pour la société toute entière”. Oui, si les femmes existent enfin dans l’agenda politique, cela bénéficiera à la société entière. A terme. Mais en passant, il faudra bien que certains, les hommes, acceptent ou plus probablement soient contraints d’y perdre un peu…de leurs privilèges….

Enfin, dernier point commun entre les deux textes, ils ne font pas des femmes la première force du changement : ils en appellent tous deux aux féministes hommes et femmes. Comme si les intérêts des deux groupes de sexe n’étaient pas antagonistes en matière de révolution féministe. Demande-t-on aux patrons de signer un manifeste ouvrier, dans un même élan de solidarité magique ? Certains le demandent en effet : ils nomment cela le « dialogue social », scellé par des « accords ». En guise de féminisme, ces deux manifestes ne nous proposent qu’un dialogue social avec les institutions patriarcales (« pacte républicain » ou « contrat sexuel » tels l’hétérosexualité et le système prostitueur) ; en guise d’égalité et de liberté, ils nous vendent des accords collectifs ou individuels avec les profiteurs de ces institutions. Nous refusons ces pièges, ces voies de garages inventées par le système patriarcal.
Nous, femmes, aspirons à la libération, sans condition, sans clauses particulières (« accords » différentialistes) ni cessions de propriété (« accords » réglementaristes ou matrimoniaux). Libération totale pour Nous toutes.
FEMMES EN RESISTANCE

Revue de presse : harcèlement sexuel, sexisme médiatique, pornographie

mai 12th, 2012 § 10 Commentaires

L’actualité est toujours aussi forte…en attendant une réponse longue au manifeste “nous, féministes” par femmes en resistance sur son blog et ici, dans quelques heures, voici une petite revue de presse.
1/Suite à l’abrogation du délit de harcèlement sexuel, trois infos intéressantes :

-l’Assemblée des femmes qui déclare le Conseil constitutionnel anti-constitutionnel parce que non paritaire (mais comment ne le serait-il pas : il doit statuer sur une constitution qui est forcément anti-constitutionnelle, puisque jamais bâtie avec l’égalité femmes-hommes en tête : donc, malgré la parité rajoutée, malgré les principes édictés qui devraient nous inclure, nous femmes, ce n’est pas possible !). A lire ici : http://www.lesnouvellesnews.fr/index.php/civilisation-articles-section/civilisation/1890-le-conseil-constitutionnel-en-accusation

et ici : feministesentousgenres.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/05/10/inconstitutionnalite-du-conseil-constitutionnel.html

Toujours sur le harcèlement, une mauvaise nouvelle de plus : le harcèlement moral risque à son tour une question prioritaire de constitutionnalité, lesquelles sont en train de se transformer en machine à backlash, à faire reculer les droits des femmes : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/10/apres-le-harcelement-sexuel-le-harcelement-moral-suspendu-a-une-qpc_1699660_3224.html

2/Le sexisme ambiant des médias, des institutions, du monde cinématographique, avec deux exemples : un, qui finit bien, l’immonde “tweet” de Pierre Salviac, qui après une carrière de journaliste sportif caractérisée par de nombreuses remarques sexistes, a fini par en payer le prix : RTL l’a renvoyé. Espérons que cela fera réfléchir ses confrères à deux fois ! A lire la mise au point d’Isabelle Germain sur le sujet : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/549870-merci-pierre-salviac-le-seuil-de-tolerance-au-sexisme-est-en-baisse.html

Et la performance qu’on avait remarquée mais contre laquelle La Barbe a lancé une pétition, du festival de Cannes, qui une fois de plus, n’a pas “trouvé” de film réalisé par une femme dans sa sélection. Il faut dire que 4 l’an dernier, cela devait être “trop”… A lire la réponse ici ! http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/11/a-cannes-les-femmes-montrent-leurs-bobines-les-hommes-leurs-films_1699989_3232.html On étudiera ensuite le” bechdel test” (voir sur ce blog)  du palmares, cela devrait être amusant…

3/ Sexualité et son ennemie la pornographie, enfin :

en commençant par une vraie réflexion sur la sexualité, par Lucie Sabau : http://egalite.blogs.liberation.fr/sexes/2012/05/sexualites-bien-liberees-commencent-par-soi-meme.html

En continuant par l’arme normative de la violence contre les femmes, la pornographie : mise au point sur le blog féministes radicales : “porno et féminisme, pas même combat !”

Et pour faire contrepoids, ce lien vers un livre recueil de textes féministes sur la question : http://radicalhub.com/2012/03/11/big-porn-inc/
En résumé, plein de lectures, en trois jours à peine, on dirait que le féminisme, si on ne lui fait pas une place, commence à savoir s’en faire une lui-même !

S.G

L’accouchement sous X en danger au Conseil constitutionnel demain

mai 9th, 2012 § Laisser un commentaire

Et ça continue ! Après l’inceste, le harcèlement sexuel, c’est l’accouchement sous X qui passe demain en question prioritaire de constitutionnalité au Conseil constitutionnel.

Une lettre a été écrite que vous pouvez signer jusque ce soir 21heures à l’adresse : bonnec7@hotmail.com , pour défendre l’accouchement sous X. J’y rajouterais volontiers l’argument du droit des femmes à disposer de leur corps, qui est bien entendu le principe politique qui sous-tend les raisons données dans la lettre.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Constitutionnel,
Vous allez examiner la question de conformité à la Constitution des articles L. 147-6 et L. 222-6 du Code l’action sociale et des familles lors de l’audience du 10 mai 2012 suite à la saisine par le Conseil d’Etat dans l’affaire n° 2012-248 QPC. selon une plainte qui considère que les dispositions des articles L. 147-6 et L. 222-6 du Code l’action sociale et des familles organisent une possibilité pour toute femme d’accoucher sans révéler son identité et conditionnent toute levée ultérieure du secret de son identité à son accord, et ainsi priveraient les enfants nés au terme d’un tel accouchement de la possibilité de connaître leurs origines et porteraient atteinte au droit au respect de la vie privée, au principe d’égalité et au droit de mener une vie familiale normale.
http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil- constitutionnel/francais/actualites/2012/liste-des-affaires-inscrites-a-l-audience- publique-du-10-mai-2012.105596.html
Notre but est d’éclairer votre réflexion afin que vous puissiez prendre une décision en toutes connaissances pour protéger avant tout la santé et le devenir des enfants et celle des femmes qui leur donnent la vie dans des circonstances extrêmement délicates et douloureuses.
Nous souhaitons vous informer qu’Il a été démontré cliniquement que l’anonymat en cas d’accouchement secret permet la réduction et la prévention de l’infanticide (article 300 de l’ancien Code pénal), de l’abandon et de l’exposition du nouveau-né sur la voie publique et de la maltraitance précoce des enfants. Il permet également de réduire et de prévenir les risques de mortalité et morbidité maternelle et infantile.
S’il n’a pas été possible de démontrer sur le plan épidémiologique, en France, l’effet préventif de l’anonymat sur l’infanticide puisque la qualification d’infanticide a disparu du Code pénal lors de l’adoption du nouveau Code pénal en 1994, l’Autriche a démontré dans une étude que l’accouchement anonyme réduit le taux de néonaticide (le meurtre d’un enfant dans les 24h premières heures de la vie) en calculant les taux de neonaticide avant l’introduction de cette législation en 2001 et après (Abstract de la présentation au 18ème Congrès de IAPAC à Istanbul – mai 2008 en attaché).
        
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Si vous supprimez l’anonymat, c’est à dire le droit de choisir de ne pas décliner son identité lors de l’accouchement, certains enfants seront non seulement privés de l’accès à leurs origines mais aussi de leur vie, de la vie de leurs mères de naissance et des circonstances qui ont donné lieu à leur conception ou des droits de leurs mères de naissance à avoir eu accès à faire suivre leur santé pendant leur grossesse pour leur permettre d’accoucher dans des conditions sanitaires acceptables.
Nous tenons à vous adresser en attaché un document complet à propos de la proposition de loi N°4043 de Madame la Députée Brigitte Barèges et de ses collègues. Cette proposition de loi avait pour but de supprimer l’anonymat. ICe document analyse en détails les effets des risques de cette suppression et les solutions à trouver pour améliorer l’accès à des informations sur la santé et d’autres informations non-identifiantes en cas d’accouchement anonyme pour accompagner les enfants nés dans l’anonymat. Ce document co-signé par 55 professionnels et associations a été adressé aux députés et aux sénateurs les 11 février et 6 mars 2012. 2 signataires se sont ajoutés ensuite.
Si vous souhaitez nous contacter vous pouvez écrire :
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au Docteur Jean-Louis Chabernaud :
jean-louis.chabernaud@abc.aphp.fr au Docteur Catherine Bonnet : bonnec7@hotmail.com
Veuillez agréer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Constitutionnel en l’assurance de notre considération distinguée.

   

Les moutons noirs dans la lumière : une loi digne pour les victimes d’inceste !

mai 9th, 2012 § 5 Commentaires

Ces jours-ci nous nous sommes insurgées contre la décision du Conseil constitutionnel, non pas d’abroger la loi sur le harcèlement sexuel, mais de faire prendre effet immédiat à cette abrogation, qui laisse les victimes en rade, et les agresseurs en position d’impunité.

Nous l’avons évoqué, mais il faut le redire, ce n’était pas la première fois que le “Conseil des sages”, prend une décision qui, par souci de constitutionnalité, met en danger les victimes.

Auparavant, il y a eu la loi sur l’inceste, retoquée pour insuffisante définition de la famille, Sauf que cela fait près d’un an, et que, malgré les propositions existantes, rien n’a été fait.
Voici le texte d’une pétition que vous pouvez signer pour exiger une loi  et le lien pour le faire :

http://www.change.org/petitions/nous-exigeons-une-loi-digne-pour-les-victimes-d-inceste#

 

Une loi digne pour les victimes d’inceste !

Le 16 septembre 2011, le Conseil Constitutionnel abrogeait l’article article 222-31-1 du Code Pénal (Les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d’incestueux lorsqu’ils sont commis au sein de la famille sur la personne d’un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris s’il s’agit d’un concubin d’un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait.) estimant que cet article était contraire à la Constitution.

Afin de revoir la loi, il fallait donc, rédiger une définition plus claire de la famille et agraver la peine encourue en cas d’inceste.

Mme Fort, instigatrice de la loi sur l’inceste, a en sa possession une proposition de définition de la famille rédigée par des associations de lutte contre l’inceste en collaboration avec les victimes. Rien n’a été fait.

L’article 6 (qui n’a pas été abrogé) de cette même loi prévoyait que “Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 30 juin 2010, un rapport examinant les modalités d’amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d’infractions sexuelles au sein de la famille, en particulier dans le cadre de l’organisation de la médecine légale. Ce rapport examine les conditions de la mise en place de mesures de sensibilisation du public, et notamment des mesures d’éducation et de prévention à destination des enfants.”

Ce rapport est déterminant dans l’avancée et la finition de cette loi. Il n’a jamais été réalisé malgré les multiples fausses promesses du Gouvernement et du Ministère de la santé.
Après l’inceste, les conséquences sur la santé des victimes sont pourtant lourdes ! (voir sur www.crifip.com)
Le Gouvernement est donc hors la loi.

Mobilisons-nous ! Exigeons des lois claires et précises pour protéger les victimes de violences sexuelles !
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C’est aussi l’occasion de vous reparler d’un livre qui va sortir (je vous en parle plus dès que je le reçois – je l’ai commandé), par le collectif “les moutons noirs” : “Rien vu, rien entendu”, livre de BD satirique qui dénonce le silence et l’hypocrisie de la société patriarcale qui ne veut pas entendre ce qu’elle fait subir à ses enfants. Le livre sort ces jours-ci, voici le site de la maison d’éditions où vous pouvez le commander : http://www.i-editions.com/catalogue/livres/?id=140

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Enfin, un mot du manifeste Pas de justice, pas de paix, dont l’action #jenaipasportéplainte continue à faire des petits. Ces jours-ci, c’est en Allemagne que le hashtag a été lancé, il s’appelle #ichhabnichtangezeigt, il y a une page facebook : http://www.facebook.com/ichhabnichtangezeigt, un site internet : http://ichhabnichtangezeigt.wordpress.com/, nous leur souhaitons un grand succès !